‹ Une cour et un aventurier au XVIIIe siécle [microform]. Le Baron de Ripperda, d'après des documents inédits des archives impériales de Vienne et des archives du Ministère des affaires étrangères de ParisChapitre 33 sur 130 · Référatldu il février 1723, W. S. A · texte numérisé non relu

Référatldu il février 1723, W. S. A

Ripperda se prêtât à ce retournement delà négociation; mais ils jugeaient impossible d'aller plus loin.

Les conclusions de la Conférence furent soumises à l'Empereur le 11 février.

Elles répondaient parfaitement aux idées et aux sentiments de Charles VI. Gomme ses conseillers, Charles était tiraillé en deux sens opposés. Il comprenait aussi bien le danger des mariages que la nécessité d'éviler une guerre immédiate en traitant avec l'Espagne. G était là l'antinomie delà politique autrichienne. Elle se doublait chez l'Empereur d'une antinomie de sentiments. D'une part, il se croyait tenu d'honneur à défendre le commerce d'Osleiide contre les puissances maritimes, il rougissait de céder à des menaces insolentes, il voulait tenir la parole qu'il avait donnée aux Belges lorsqu'il avait accordé à la Compagnie ses lettres patentes de 1722. D'autre part, il lui répugnait d'accorder sa fille aînée, et peut-être ses États avec elle, à un de ces Bourbons contre lesquels il avait lutté toute sa vie, au fils de celui qui l'avait spolié de la couronne d'Espagne ; d'ailleurs il avait déjà choisi le futur mari de Marie-Thérèse : c'était le prince de Lorraine^

Or l'expédient que lui proposait la Conférence Secrète lui laissaitl'espoir d'obtenir la paix et l'alliance sans passer par les mariages. Il s'y rangea, et le 17 février il approuva les conclusions de ses ministres et le projet de déclaration dressé par eux'. La déclaration fut aussitôt remise à Ripperda.

1. Note marginale écrite sur le Référât de la main de l'Empereur : Placet in toto und wird sich das weiter in der weiteren Négociation geben. Cari. — • L'Empereur a de même approuvé le projet de déclaration recopié sur une feuille spéciale : Placet dièse Antworlh,also hinaus zu geben. Cari. W. S. A-

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AU XVUV SIÈCLE

Contre toute attente, Hipperda consentit à renverser les termes de la négocialion, à faire pour le moment abstraction des mariages et à traiter au préalable de la paix et de l'alliance politique.

11 est permis de croire qu'on le rendit plus facile avec de l'argent. Il avait, de façon fort cynique insinué à Sinzendorf qu'il entendait être payé de 'ses peines dans une négociation dont l'issue devait être si avantageuse à l'Empereur. Le chancelier s'empressa d'en avertir son maître* : il avait sans doute a cet égard, une politesse à rendre à l'agent espa' gnol. Mais ce ne sont pas quelques milliers d'écus qui auraient fait céder Ripperda, s'il avait craint de compromettre le succès de sa mission et par là sa fortune politique. En réalité il jugea habile de commencer paplier l'Empereur à l'Espagne et par l'isoler des autrespuissances : cela fait, il tiendraitCharles VI a sa merci et lui imposerait les mariages, bon gré, malgré. C'est là son calcul fondamental, le secret de ses concessions successives et ce qui explique toute sa conduite à Vienne.

Il mit le comble à son apparente complaisance, en laissant aux ministres autrichiens l'avantage de rédiger les actes primitifs sur lesquels on devait discuter. Sinzendorf dressa donc un double projet de

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