‹ Une cour et un aventurier au XVIIIe siécle [microform]. Le Baron de Ripperda, d'après des documents inédits des archives impériales de Vienne et des archives du Ministère des affaires étrangères de ParisChapitre 44 sur 130 · Journal de Viliars, à la date de mai 1725, p · texte numérisé non relu

Journal de Viliars, à la date de mai 1725, p

AU XVIlî» SIÈCLE

tage de couper court au projet inopportun, imaginé par Philippe V, de marier le prince des Aslurits à une archiduchesse. Ripperda, revenant à ses proposillons premières, demandait donc deux arehiduchesses pour les deux fils d'Elisabeth.

C'est dans une lettre datée du 30 mai et adressée a Sinzendorf qu'il remit la question sur le tapis

Les déclarations accordées jusqu'ici par l'Empereur, disait-il, sont trop vagues pour que nous puissions nous en contenter. Il faut que Sa Majesté Impé-

rialeprometleformellernentlamaindel'archiduchesse Marie- rherose à l'infant don Carlos, et celle de sa troisième fille à don Philippe. Quant à la seconde, Marie-Anne, on pourra la donner au prince héréditaire de Lorraine. C'est Marie-Thérèse qu'on destinai! jusquici a ce dernier. Mais l'Empereur ne voit-il pas que cette union lui attirerait plus sûrement que toute

l^llt T^^''^''^ ^^^^ ^^ France ? Et de quel secours serai la Lorraine à Charles VI peur soutenir une pared le guerre T Au contraire, s'il s'attache l'Espa^ gne, Il pourra défendre victorieusement l'intégrité de la monarchie autrichienne. On érasera la France ; on la forcera a rendre au duc de Lorraine ce qu'elle Z hIT' ''" conquerra pour don Philippe lecercie de Bourgogne. Le moment est favorable pour

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ba ser dévotement le soulier de Sa Majesté Impé-

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AU XVm" SIÈCLE

La menace était assez voilée dans cette première sommation et la cour de Vienne crut qu'elle s'en tirerait encore avec l'expédient qui lui avait déjà deux fois réussi: elle donna une nouvelle déclaration où elle promettait aux deux infants deux archiduchesses, sans les désigner nominalement *.

Sur les instances de Ripperda, elle consentit ensuite à ce que cette double promesse fût inscrite dans un traité formel. Il s'agissait de ce traité d'alliance plus étroite que Ripperda avait proposé dès le 15 avril. Outre les mariages, il devait régler le plan d'une guerre contre l'Angleterre et la France. C'était donc une négociation nouvelle et fort importante qui commençait 2.

Le mariage de Marie-Thérèse et de don Carlos en était le point capital. Uipperda accepta un article qui reproduisait la dernière déclaration impériale, mais il y ajouta une clause qui, dans sa pensée, en pré-

i. Je n'ai pas retrouvé le texte de cette troisième déclaration, mais le9 référats y font d'assez fréquentes et d'assez claires allusions pour qu'on ne puisse révoquer en doute son existence. Par exemple, Starhemberg dans la Conférence Secrète du 20 juillet dit : « Anfânglisch seie ihme Ripperda nur eine générale Hoffnuug zur VermâhluDg ein oder anderer Erzherzogin (c'est la déclaration Ju 22 avril), bald darauf die Zufrage auf zwei gegeben worden. Référai du ...juillet 1725. W. S. A. — Cette déclaration est évidemment postérieure à la lettre du 30 mai; Ripperda dans cette lettre ne meutionoe en effet que la déclaration du 22. avril : « Y despues me bizo (V. E.) el favor de dezir que S. Madg. Impérial podia consentir eu que seasegurase un o otro matrimonio con la unao otrahija de S. Magd., a lo que respondt que, iasistiendo en mi primera proposizion, suplicaba S. Magd. nombrar las Personas, lo que hasta abora no be podido lograr. » — Elle est d'autre part antérieure au 20 juillet, comme le montrent les paroles de Starbemberg citées plus baut. Elle a dû être remise à Ripperda dans le courant de juin.

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