‹ Une cour et un aventurier au XVIIIe siécle [microform]. Le Baron de Ripperda, d'après des documents inédits des archives impériales de Vienne et des archives du Ministère des affaires étrangères de ParisChapitre 48 sur 130 · UNE COUR ET UX AVENTURIER · texte numérisé non relu

UNE COUR ET UX AVENTURIER

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Deux idées dominantes, en effet, se dégagent de Tacte du 3 septembre 1725.

D'une part, il contient une garantie contre les projets offensifs des alliés de Vienne. Les contractants s'unissent pour la sûreté de leurs royaumes respectifs; ils se garantissent leurs possessions actuelles : cela répond aux idées de démembrement de la France, de reprise violente de Gibrallar et de Minorque. Ils stipulent les secours en soldats qu'ils se fourniront si l'un d'eux est attaqué, et il et spécifié, dans deux articles séparés, que George P'^ et Frédéric-Guillaume, bien que princes de l'Empire, secourront Louis XV contre l'Empereur, le cas échéant. —C'est là la première précaution et la plus urgente.

D'autre part, les princes signataires déclarent s'allier pour «le bien et la sécurité publique », pour le maintien de l'équilibre européen « qu'il est si nécessaire de conserver ». Ils s'unissent aussi pour « les intérêts essentiels de leurs royaumes », se garantissant, en même temps que leurs possessions, t les droits, immunités et avantages, et en particulier ceux qui regardent le commerce, dont ils jouissent ou doivent jouir respectivement » ; ils se promettent une aide mutuelle non seulement si l'un d'eux est attaqué dans ses États, mais encore s*il « souffre quelque tort dans les choses ci-dessus spécifiées. » —Ainsi ils écartent tacitement, au nom du bien, de la sécurité et de l'équilibre de l'Europe, le mariage de don Carlos et Marie-Thérèse; et ils opposent leurs droils acquis au traité de commerce austro-espagnol et à l'existence de la Compagnie d'Ostende. C'est là la seconde signification du traité.

Enfin ils marquent, toujours avec le même calme

et la même fermeté, Tincompatibilité qu'il y a entre leur alliance et l'alliance de Vienne, lorsqu'ils déclarent qu'aucun d'eux ne négociera, ne traitera, ni ne s'engagera séparément avec d'autres puissances, — ce qui empêche toute adhésion des contractants aux traités de Vienne.

Les alliés comptaient étendre leur ligue; un article prévoit les accessions et spécifie nommément qu'on sollicitera celle des États généraux. Cela était naturel, puisque l'alliance élait en grande partie dirigée contre le commerce d'Ostende et contre l'entente économique de l'Espagne et de l'Autriche, de ux choses non moins gênantes pour les Hollandais que pour les Anglais. Mais le traité de Heerrenhausen visait plutôt l'Empereur dans l'Empire et il avait surtout une sonorité allemande : il confirmait les traités de Westphalie et les autres actes ayant statué sur les affaires de l'Empire; dans un article séparé, qui avait pour prétexte la garantie du traité d'Oliva, il prévoyait une guerre de religion que l'on redoutait alors devoir sortirpourl'Allemagnedes troubles deThorn. Aussi le maréchal de Villars nous semble- t-il en indiquer fort exactement la portée, lorsqu'il le présente comme « une alliance de la France avec les dieux puissants princes de l'Empire », pouvant t servir de frein à l'Empereur s'il voulait remuer », et quand il ajoute que l'Empereur aurait lieu de se plaindre « de ce qu'en pleine paix on suscite les princes de FEmpire contre lui* ». Conrad de Starhemberg donne la même note, quand.il signale avec amertume le dessein des nlliés d'annuler l'autorité de Charles VI en Allemagne*.

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