‹ Une cour et un aventurier au XVIIIe siécle [microform]. Le Baron de Ripperda, d'après des documents inédits des archives impériales de Vienne et des archives du Ministère des affaires étrangères de ParisChapitre 5 sur 130 · Tessé à Morville, le 23 octobre 1724. A. E. Espagne · texte numérisé non relu

Tessé à Morville, le 23 octobre 1724. A. E. Espagne

AU XVIIIe SIECLE

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meupdu roi... Ses louanges, ses flatteries, ses complaisances étaient continuelles; jamais Tennui, jamais la pesanteur du fardeau ne se laissait apercevoir'. » En cas de résistance opiniâtre, elle employait un dernier moyen, qu'il ne serait pas aisé d'indiquer si Saint-Simon ne l'avait fait avec son habituelle dextérité de style : < Le tempérament du roi était pour elle la pièce la plus forte et elle y avait quelquefois recours. Alors les refus nocturnes excitaient des tempêtes. Le roi priait et menaçait, par-ci, par-là, passait outre; elle tenait ferme, pleurait et quelquefois se défendait. Le matin, tout était en orage... ; la paix se consommait la nuit suivante et il était rare que ce ne fût à l'avantage de la reine, qui emportait sur le roi ce qu'elle avait voulu '. » Elisabeth avait eu de la beauté, elle était restée bien faite et sa grâce était charmante; mais elle avait trente-deux ans, la petite vérole l'avait défigurée et le jeu qu'elle jouait eût pu être dangereux pour elle avec un mari moins dévot ou d'un tempérament moins exigeant : avec Philippe V il lui réussissait.

Elle s'était ainsi rendue maîtresse des affaires intérieures et extérieures de l'Espagne. Tout le monde le savait à Madrid; tous les gouvernements le constataient et faisaient leur compte en conséquence*. La volonté de la reine était la règle de l'État, et la politique de TEspagne se réduisait à la politique de la reine.

1. St-Simon, Mémoires, t. 37, p. 1 et H ; c'est là ce qui fait dire à Duclos qu'elle avait la finesse et le manège des gens du peuple. Duclos, Mémoires, p. 630.

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