Kœnigsegg à Charles VI, le 23 janvier 1726, W. S A
2. Kœnigsegg à Charles Vï, Madrid, le 21 février 1726, W.'s. A.
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grâce à son habileté, « le parlement d'Angleterre n'approuverait jamais qu'on entrât en guerre avec l'Espagne*. »
Il a dû être tenté de jouer le même jeu avec la France. A ce moment se nouait entre Paris et Madrid une intrigue qui a abouti quelques mois plus tard : elle avait pour but d'amener la réconciliation des deux couronnes en renversant le duc de Bourbon et en le remplaçant par Tévèque de Fréjus. Ripperda la connaissait ; il en parla à Kœnigsegg en se défendant d'y vouloir tremper*. De fait, il s'en est probablement tenu écarté : car elle était menée à Madrid par le parti français, c'est-à-dire par ses ennemis. Mais il la laissait se poursuivre, se flattant qu'elle contribuerait à annihiler la France, qu'il « croyait réellement impuissante par faiblesse et par divisions intestines 3. »
Tels étaient les profonds calculs de Ripperda. 11 est superflu de faire ressortir tout ce que ce machiavélisme avait d'enfantin. Comment penser que son double jeu de fausses confidences réussirait avec deux puissances aussi intimement liées que la France et TAngleterre? Pouvait-il davantage espérer qu'il leurrerait, avec sa négociation sur Ostende, les puissances maritimes, tandis qu'il les inquiétait et les menaçait de tant de façons? Les hommes d'État ontils jamais eu l'habitude de compter avec les oppositions autant qu'avec les gouvernements? En tout cas, il lui fallait du temps pour faire aboutir ses machinations. 11 lui en fallait plus encore pour exé-
1. Stanhope à Newcaslle, le 11 avril 1726. A. E. Espagne, 344.