Expression de Sianhope, dépêche du 11 avril
AU XVni" SIÈCLE
Le temps des complètes illusions fut court pour Ripperda. Au bout de deux mois, il dut s'arracher à demi à ses vaniteuses chimères, pour compter avec la réalité. Une assez piteuse mésaventure ouvrit, à la fin defévrrier, le chapitre de ses déceptions. 11 voulut se rendre maître du seul service dont il n'eût pas encore l'administration directe, de la marine. Il révoqua don Antonio Sopefia et prit sa place. Il enleva aussi à Palino l'intendance générale de la marine et la présidence de la Contratacion de Séville : il le nomma résident à Bruxelles, comme il avait nommé son frère, le marquis de Castelar, ambassadeur à Venise. Pour le remplacer, il fit venir de Gènes un Catalan, un certain don Pedro Moreno, qui lui offrait sans doute des garanties suffisantes de docilité. Mais a peme Moreno était-il arrivé à Madrid qu'il fut invité a en sortir dans les vingt-quatre heures : on avait découvert qu'il avait autrefois c déserté des gardes du corps avec quelque autre mauvais tour . Les emplois qu'on lui destinait furent donnés à un prêtre, qui s'était occupé des restitutions en Sicile don Gaspard de Narbona. Cette affaire fit grand bruit et beaucoup de tort au ministre, dont on commença à prédire la chute*.
1. Adoncourt à MorviUe, Rayonne, le 17 févripr 1p 9 a* i^ p%Z%?''' ''''"''' ' *'»""'«• '« •* mars mJ; A. IV^-
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Ce qu'il y avait de plus grave que cette « étourderie », c'est que Ripperda ne pouvait pas faire face aux engagements pris avec l'Empereur. Dans l'associa lion l'Espagne devai t apporter l'argent. Kœnigsegg avait réclamé des subsides dès son arrivée. 11 précisa et motiva ses demandes dans un mémoire du 23 février. Il y représente la guerre comme imminente : de là, nécessité d'armer et de conclure des alliances. Mais pour que l'Empereur augmente ses troupes de 15.000 hommes aux Pays-Bas, pourqu'il organise en Silésie un camp de quelque mille hommes destinés à surveiller le roi de Prusse, — il faut que la cour d'Espagne lui paye les subsides promis; et, pour le moment, il demande un million d'écus. Pour former un solide faisceau d'alliances, il a besoin, non seulement de l'appui diplomatique de Philippe V, mais encore de ses secours pécuniaires : il faudra de l'argent pour la Suède et pour la Pologne; il faut, sans plus tarder, en envoyer à la Haye, pour gagner quelques membres des États-Généraux; il faut surtout en envoyer à Vienne au b iron de Ripperda, pour acheter les électeurs et les princes de l'Empire, dont l'alliance est si nécessaire et « qu'on ne saurait attirer à la cause commune que par cet unique et indispensable moyen '. )^ — A cette mise en demeure Ripperda répondit, en termes vagues, que son maître ne manquerait pas «dedeliberardesdeaoraparabuscar los fondos ». Pressé par Kœnigsegg, il ne put nier que le casus fœderis, tel qu'il avait été prévu par le traité du 5 novembre, existât réellement; il reconnut qu'il était tenu à payer le million d'écus exigé pour