‹ Une cour et un aventurier au XVIIIe siécle [microform]. Le Baron de Ripperda, d'après des documents inédits des archives impériales de Vienne et des archives du Ministère des affaires étrangères de ParisChapitre 58 sur 130 · Kœnigsegg à Charles VI, le 27 février 1726. W. S. A · texte numérisé non relu

Kœnigsegg à Charles VI, le 27 février 1726. W. S. A

AU XVIIl* SIÈCLE

l'Empereur lui-même : mais il remit le paiement à l'arrivée des galions. Or, si la guerre éclatait au printemps, les galions, attendus pour l'été^ arriveraient trop tard, ou même n'arriveraient pas du tout, enlevés en route par la flotte anglaise. Quant aux subsides demandés pour les princes allemands, il n'était pas, prétendit-il, obligé de les fournir : il était inutile de les donner avant que la guerre eût éclaté; ce serait folie de prodiguer à ces petits princes des sommes qu'ils dépenseraient avec leurs favoris et leurs maîtresses*. — C'était là une mauvaise défaite : les princes de l'Empire ne pouvaient pas nester neutres; s'ils ne trouvaient pas acheteur à Vienne, ils se vendraient à Londres, et Charles VF, déjà tenu en échec par la ligne de Hanovre en Allemagne, y serait réduit à une totale impuissance. Bien loin d'englober dans l'alliance de Vienne les trois quarts de l'Europe, on n'obtiendrait même pas les adhésions indispensables, et l'union de l'Autriche ei de l'Espagne pourrait se trouver compromise.

Les faits démentaient méchamment les combinaisons de Ripperda, —et de tout point. Car, tandis que l'alUance de Vienne était menacée de désagrégation intérieure et d'isolement, celle de Hanovre restait indissoluble, semblait même sur le point de se fortifier par l'accession de la Hollande. Les puissances maritimes, en effet, refusaient d'entamer à Madrid une négociation nouvelle au sujet d'Ostende. La médiation espagnolen'auraitpasété impartiale, étant donnésles engagements avoués de Philippe V avec l'Autriche;

1. Kœnigsegg à Charles VI, le 27 février et le 14 mars 1726 vV. S. A,

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d'ailleurs, Ripperda parlait simplement de limiter le commerce de la Compagnie, et les gouvernements de Londres et de la Haye avaient déjà repousse, a plusieurs reprises, cet expédient, réclamant obstinément l'abolition de l'octroi et lacessalion de tout commerce des Belges aux Indes. Stanhope et Vandermeer declarèrentdoncà Ripperda, vers le milieu demars, que leurs maîtres n'acceptaient pas la médiation du Roi Catholique et n'entreraient en aucune négociation nue l'octroi ne fût révoqué au préalable. Eu même temps, Vandermeer se plaignit des termes de la lettre du 23 janvier et réserva pour les Etats-Généraux le droit d'adhérer à l'alliance de Hanovre, sans que nul V pût trouver à redire'.

Dès lors l'accession de la Hollande a la ligue de Hanovre, que Ripperda avait toujours proclamée impossible, fut tenue à Madrid pour un fait accompli». On apprit en même temps que le gouvernement anglais pressait l'armement de trois fortes escadres, destinées à protéger les côtes anglaises, à surve.l er la Baltique età agir dans les mers d'Amérique con re la flotte espagnole. Ripperda, fort mquiet, résolut d'envoyer en toute hâte l'amiral Castaùetla avec deux vaisseaux de guerre à la Havane, pour mettre en sûreté ce port, considéré comme la clefdes Indes occidentales, et pour y garder les galions '.

Ces mauvais procédés du sort déterminèrent chez Ripperda une bien étonnante crise mentale. Pendant cinq jours, du 8 au 12 mars, on le vit se démener,

i Kœoigsegg à Charles VI, le U mars 1726. W S. A. Vaadermerà'pafel, le 15 mars 1726. *• E„Espa|ne 3*4^

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