‹ Une cour et un aventurier au XVIIIe siécle [microform]. Le Baron de Ripperda, d'après des documents inédits des archives impériales de Vienne et des archives du Ministère des affaires étrangères de ParisChapitre 68 sur 130 · VNE COUR ET UN AVENTURIER · texte numérisé non relu

VNE COUR ET UN AVENTURIER

AU XVlIie SIÈCLE

chéries, mauvais desseins et traliisons ». Gomme preuve Stanhope dénonçait les relations avec Wliarton et citait une licence, publiée à Cadix, par laquelle toutes sortes de personnes étaient autorisées à équiper des vaisseaux pour faire la course aux Turcs et aux autres ennemis de l'Espagne : pareille mesure avait été prise par Alberoni au début de la guerre de 1718'.

Les événements se précipitaient. Comme il fallait s'y attendre, les gouvernements français et anglais s'étaient communiqué les propositions de Uipperda. Ils convinrent de couper court « aux ruses grossières » employées « pour diviser les puissances qui doivent vivre dans la plus étroite union 3> : Stanhope signifierait à Madrid « la résolution ferme et invariable dans laquelle le Uoi (de France) et le roi d'Angleterre sont de ne séparer leurs intérêts, en quelque temps et pour quelque considération que ce puisse être » ; il parlerait désormais, en tout ce qu'il aurait à dire, au nom de Louis XV, aussi bien qu'au nom de George I«^». Stanhope fit celte déclaration à Philippe V le 16 avril.

On vit bientôt que ce n'était pas une vaine menace. Trois escadrons sortirent des ports anglais pour la Méditerranée, la Ballique et les Indes occidentales. Leurs chefs avaient recules instructions les plus énergiques. Ilosier, qui commandait la flotte des Indes, avait ordre de bloquer les galions dans un port d'Amérique et de les empêcher à tout prix d'arriver en

1. stanhope à Newcastle, le H avril 1726. A. E. Espagne, 344.

2. Newcastle à RobinsoD, Whitehall, le 17-28 mars 1726. A. E. Angleterre, 355. Morville à Stanhope, Versailles, le 3 avril 1726, A. E. Espagne, 341.

Espagne. Le cabinet de Paris, au dernier moment, fit quelques objections timides. Mais George !«' se justifia aisément par les menaces de Ripperda : il serait fort sot de laisser bénévolement à l'Espagne et à son allié les moyens d'exécuter leurs périlleux projets, tandis qu'on pouvait, en les privant des trésors des Indes, les mettre hors d'état de nuire. Le duc de Bourbon se contenta de ces raisons'. Il préparait lui-même la guerre : il faisait annoncer à Londres qu'il avait porté le chiffre de ses troupes à 165 000 hommes, ordonné une levée de milice de 60 000 hommes, pourvu les places d'artillerie et de vivres pour six mois*.

Ripperda envoya alors à Cadix l'ordre de faire partir, coûte que coûte, la flotte et les troupes pour la Havane», et il s'engagea de plus en plus avec le Prétendant. Wharton, Ormond, Liria, avaient presque chaque jour des conférences aveclui. Wharton ju-, raitque dans six semaines ils seraient tous en Angle* terre, et, un jour qu'il était ivre, il cria que son maître montait en chaise de poste. Ripperda se décida à découvrir en partie ses plans à Kœnigsegg : il lui représenta que le moment était favorable pour susciter une révolte en Angleterre et qu'il fallait que le Prétendant partît des Pays-Bas. Mais l'ambassadeur impérial lui démontra qu'il était impossible d'organiser Texpédition en Belgique : le secret serait rapi-

1. Newcastle au comte de Broglic, le 26 avril-7 mai 1726. A. E. Angleterre, 355. Journal de Villars, p. 323-324.

2. Le comte de Broglie à Newcastle le 3-14 avril 1726. A. E. Angleterre, 355.

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