‹ Une cour et un aventurier au XVIIIe siécle [microform]. Le Baron de Ripperda, d'après des documents inédits des archives impériales de Vienne et des archives du Ministère des affaires étrangères de ParisChapitre 76 sur 130 · Kœnigsegg à Charles VI, le 30 avril 1726. W. S. A · texte numérisé non relu

Kœnigsegg à Charles VI, le 30 avril 1726. W. S. A

Encore procéda-t-on très doucement avec lui. Kœnigsegg, en le sermonnant, obtint qu'il se démit lui-même des finances. Il pria le roi de le décharger du détail de ce service. Philippe V désigna pour ce département la Paz et don Francisco Arriaza, conjointement.

Mais Ripperda se dit sans doute que ses comptes n'étaient pas très nets et qu'il était peu prudent de les laisser examiner de trop près par son bon ami le marquis de la Paz. Au moment de s'exécuter et de passer la main, il fit tant des restrictions et de distinguo qu'il eût gai'dé^ si on l'avait écouté, toute l'autorité, les deux autres n'ayant pour eux que l'odieux de leur charge. Sa mauvaise foi amena une scène violente entre le roi et lui. Philippe V déclara nettement que la Paz et Arriaza devaient avoir, non seulement le détail, mais encore la direction pleine et entière des finances. Ripperda s'emporta, oublia toute prudence, même tout égard envers le roi, et il offrit, en criant, sa démission de tous ses emplois. Le roi accepta. C'était le 14 mai.

Le soir, Philippe V fit appeler Kœnigsegg et lui annonça la nouvelle. 11 était tout joyeux, un peu inquiet seulement de savoir comment l'Empereur prendrait sa brusque résolution : par considération pour Sa Majesté Impériale, il accordait, dit-il, une pension de trois mille pistoles au ministre congédié ; il écrirait lui-même à Charles VI pour lui expliquer les motifs de sa conduito, et il espérait qu'on ajouterait plus de foi à sa parole qu'à ce que pourrait ou avait pu écrire Ripperda; il avait choisi pour les Affaires étrangères un homme dont le nom devait rassurer la cour de Vienne : c'était le marquis de la Paz ; ses bons sen-

Page 1