‹ Une cour et un aventurier au XVIIIe siécle [microform]. Le Baron de Ripperda, d'après des documents inédits des archives impériales de Vienne et des archives du Ministère des affaires étrangères de ParisChapitre 8 sur 130 · UNE COUR ET UN AVENTURTER · texte numérisé non relu

UNE COUR ET UN AVENTURTER

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En tout cela la question des duchés restait au premier plan. Elli n'avait nullement été réglée par le décret d'investiture éventuelle que l'Empereur avait accordé à don Carlos et qui avait été remis aux plénipotentiaires espagnols à Cambrai le 24 janvier. Ce n'était là qu'un papier de plus, bon à classer avec les autres, et qu'on retirerait de temps en temps de son dossier, pour le brandir dans les tournois livrés à coups de parchemins autour du tapis diplomatique. Elisabeth était loin de tenir les duchés.

En Toscane, le grand-duc Jean Gaston de Médicis n'avait, à cinquante-deux ans et dans son état de santé, guère de chances d'avoir des enfants. Mais il n'entendait pas qu'on disposât sms lui de sa succession. 11 faisait protester au Congrès de Cambrai contre cette atteinte portée à sa souveraineté». Sa sœur, veuve de l'électeur palatin, maintenait ses droits à l'héritage toscan : elle vivait à Florence et elley avait un parti. Un autre parti, qui avait son centre dans le sénat de Florence, rêvait de rétablir, après la mort de Jean-Gaston, l'ancienne république d'avant les Médicis. L'Empereur connaissait ces intrigues, les excitait sous main, comptait en tirer parti le cas échéant pour empêcher don Carlos de

1. Saint-Contest et Morville à Dubois, le 22 décembre 1722, cité par Baudrillart, op. cit., t. Il, p. o30-531.

s'installer en Toscane et pour se débarrasser d'engagements pris à contre-cœur*.

L'héritage de Parme soulevait d'autres problèmes. Le duc François Farnèse était tout dévoué aux intérêts de la reine d'Espagne; il les avait fait siens et ne songeait qu'à assurer sa succession à son petitneveu; il condamnait même pour cela son Irèr^^, le prince Antoine, au célibat. Mais on ne pouvait empêcher le prince Antoine de régner s'il survivait à son aîné, et il se promettait bien, dans ce cas, de se marier, de faire souche et de garder la succession dans sa maison. L'Empereur, naturellement, le favorisait. Il y avait là un premier danger. Un autre était que les duchés de Parme et de Plaisance, s'ils arrivaient jamais à don Carlos, ne lui échussent que singulièrement rognés et diminués. Castro et Uonciglione avaient été livrés au Saint-Siège comme gage d'un prêt : le duc et Éhsabeth demandaient vainement, depuis quatre ans, que le pape reçût l'argent qu'ils offraient de lui restituer et rendit ies territoires engagés. De plus l'Empereur, en faisant le cadastre du Milanais, avait empiété sans scrupule sur les frontières de François Farnèse. Enfin interprétant peut-être abusivement la Quadruple Alliance, Charles VI prétendait traiter le duc en vassal, tandis qu'on protestait à Parme et à Madrid que la suzeraineté de l'Empire sur les duchés ne devait dater que de l'entrée en jouissance de don Carlos;

1. Protocole de la Conférence Secrète du 27 janvier 1724, W. S. A , Conclusum de la Conférence : . Ob aber die Floren inpr

"f d-r^^ur^bte^cT ^r^T' ^^^^"^^^" ^^- ^^^ ^^^^ dem infa^ r,^il ^^T^f ^ ^""^ ^^^^^^^^n devolviren, mithin deui Infant, sich widersetzen werden wollen, ware zu erwart-

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AU XVine SIÈCLE

il avait levé des contributions sur le duché et y avait fait passer ses troupes à plusieurs reprises. On exigeait donc de lui des restitutions et des indemnités.

Là en était la question des duchés en 1724. Il restait à Elisabeth une double tâche à accomplir : d'une part, faire que la succession promise à don Carlos lui fût réellement dévolue ; d'autre part, assurer l'intégrité et l'indépendance de l'État de Parme. Pour cela la reine s'appuyait depuis quatre ans sur la France et l'Angleterre.

Ces deux puissances, en faisant alliance avec l'Espagne en 1721, avaient pris l'engagement de soutenir Elisabeth en Italie*. Leurs dispositionsn'avaient pas changé depuis. A la vérité, la mort du Régent avait fait perdre à l'Espagne le bénéfice de l'alliance de famille contractée avec la maison d'Orléans. Mais le duc de Bourbon ménagea d'abord extrêmement Philippe V; il avait l'idée de l'opposer en France à son ennemi, le nouveau duc d'Orléans, si Louis XV venait à mourir*; il pensait aussi qu'il était avantageux pour la France d'établir un l^ourbon en Italie. Tessé, en partant, avait donc reçu Tordre de déclarer que le roi de France « mettait au nombre des objets qu'il affectionnait le plus l'établissement de l'infant en Italie et la tranquillité du duc de Parme » ^ Quant à l'Angleterre, elle avait toujours eu à

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