CONCLUSION
l'alliance austro-espagnole après la chute
de ripperda
(mai \1±Q — NOVEMBRE 1729).
On se demandera peut-être ce que sont devenus l'alliance et les mariages aulrichiens après la chute de Ripperda. Cet accident ne compromit pas l'union des deux couronnes. La cour de Vienne donna quelques regrets à un ministre qu'elle considérait comme son fondé de pouvoir à Madrid, elle reprocha même à Kœnigsegg de ne pas ravoir soutenu quelq ues temps encore, mais elle comprit quMl s'était perdu lui-même et elle ne récrimina pas *. Le nouveau ministère la rassurait pleinement : la Paz, qui en était le chef et qui y dirigeait à la fois les Aflaires étrangères et les finances, était un des auteurs de l'alliance, suffisamment compromis avec l'Aulriche pour qu'on fût sûr de lui ; ses collaborateurs, Castelar, à la guerre, Patifio, à la marine et au commerce, se classa ient parmi les « bien intentionnés ». Les souverains espagnols prirent à tâche de montrer que Téloignement de Ripperda n'avait en rien modifié leur politique et leurs
1. Rescrit de V Empereur à Kœnigsegg, Laxenburg, le 8 juin 1726. W. S. A.
inclinations. Ils traitèrent Kœnigsegg avec plus de distinction et le consultèrent avec plus de déférence que jamais*. L'ambassadeur impérial obtint, « par un coup de parti», la disgrâce de Grimaldo et du P. Bermudez, qui seuls représentaient encore, avec quelque influence, le parti français et anglais en Espagne. Le P. Bermudez fut remplacé, comme confesseur du roi, par le propre confesseur de Kœnigsegg, le P. Clarke. Les quelques attributions de politique étrangère que Grimaldo avait conservées passèrent à la Paz. Celui-ci se déchargea alors des finances sur Patine*. Patino prouva son zèle et son habileté, en trouvant, sans attendre les galions, les fonds nécessaires pour satisfaire l'Empereur. Charles VI reçut de quoi acheter les princes de l'Empire % et il toucha ses subsides : le dernier versement des trois millions de florins dus pour l'année courante lui fut fait à Gènes à la fin de décembre *.
Enfin Philippe V et Elisabeth adoptèrent, sans plus résister, la ligne politique arrêtée à Vienne. Charles VI rêvait de sauver la paix en contenant l'Angleterre : aus«i conseillait-il de s'abstenir de toute provocation
1. Kœnigsegg à Charles Vi, le 14 août 1720; à Sinzeudorf, le 9 septembre 1726 : « Au surplus je puis assurer à Votre Excellence que Leurs Majestés sont plus fermes que jamais dans toutes les liaisons prises avec Sa Majesté Impériale et Catholique et que vous pouvez compter de par delà avec uneconûance entière sur leur amitié et bonne foi ». W. S. A.
2. Kœnigsegg à Sinzendorf, le 5 septembre et le 7 octobre, à Charles VI, le 30 septembre 1726. W. S. A.