‹ Une cour et un aventurier au XVIIIe siécle [microform]. Le Baron de Ripperda, d'après des documents inédits des archives impériales de Vienne et des archives du Ministère des affaires étrangères de ParisChapitre 91 sur 130 · UXE COUR ET UN AVENTURIER · texte numérisé non relu

UXE COUR ET UN AVENTURIER

l'Empereur ce qu'il savait mieux que personne, que suspendre le commerce ostendais pendant plusieurs années revenait à l'abolir. Pour ce qui It s concernait eux-mêmes, ils trouvaient mille motifs de se récrier. Leur objection fondamentale était la suivante : les alliés de Hanovre veulent stipuler, dans les préliminaires, le rétablissement du commerce étranger en Amérique, et ils prétendent confirmer les droits et possessions respectives sur le pied des traités de Bade, d'Utrecht et de la Quadruple Alliance; ils écartent ainsi, par avance, du congrès les deux questions de la contrebande anglaise aux Indes occidentales et de Gibraltar; ils ferment la porte à toutes les demandes de l'Espagne; i!s rendent vaine pour elle la clause vague en vertu de laquelle les droits et prétentions des contractants doivent être examinés et réglés dans le congrès futur*. Le raisonnement était juste, comme le prouva la suite; la cour de Madrid avait là un prétexte suffisant pour se débarrasser de ces malencontreux préliminaires, continuer les hostilités et y entraîner l'Empereur.

Mais Charles VI comprenait le jeu de la reine d^Espagne et qu'on ne l'amènerait pas à la paix sans lui forcer la main. Il conclut brusquement, sans attendre l'assentissement de Philippe V. Le 30 mai 1727 son résident Fonseca signa les préliminaires à Paris avec Morville, Walpole et le ministre hollandais, Boreel.

Les préliminaires de Paris suspendaient la Compagnie d'Ostende et les hostilités pour sept ans. Le roi d'Espagne cesserait les hostilités huit jours après

l.KoçnigseggàCharlesVI,lellavriletle20mai 1727. W. S. A.

AU XVIU" SIÈCLE

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avoir reçu communication de l'acte du 31 mai (cela concerraitle siège de Gibraltar); les flottes anglaise et hollandaise s'éloigneraient des côtes d'Espagne; l'escadre de Hosier quitterait les mers d'Amérique; les galions et les vaisseaux ostendais reviendraient librement à Cadix et à Oslende. (La flotte de la Havane et l'escadre, échappant à Hosier, étaient arrivées sans encombre à Cadix au commencement de mars ). — Un congrès se réunirait à Aix-la-Chapelle, dans le délai de quatre mois, pour régler les droits et prétentions des contractants; mais on ne stipulait pas quelles questions y seraient portées; et, comme deux articles confirmaient, sur le pied des traités antérieurs à 4725, d'une part les possessions respectives des puissances signataires, d'autre part les privilèges du commerce étranger dans la monarchie espagnole et spécialement du commerce anglais en Amérique, — on pouvait prévoir que les Anglais refuseraient de considérer comme matière litigieuse et de laisser discuter au congrès rien de ce qui touchait Gibraltar ou leur commerce aux Indes occidentales*.

Philippe V et Elisabeth furent avertis le 10 juin par Kœnigsegg de la signature des préliminaires. La nouvelle fat mal accueillie. Le roi prétexta une indisposition pour ne pas voir l'ambassadeur impérial. Celui-ci chapitra la reine en particulier. Elisabeth comprit qu'elle n'avait qu'à se résigner. Elle n'avait aucun intérêt à faire la guerre, si elle n'y entraînait pas l'Empereur ; en refusant de conformer sa conduite à celle de Charles VI, elle n'eût réussi qu'à se

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