‹ Une cour et un aventurier au XVIIIe siécle [microform]. Le Baron de Ripperda, d'après des documents inédits des archives impériales de Vienne et des archives du Ministère des affaires étrangères de ParisChapitre 92 sur 130 · V. les préliminaires dans Roussel, Recueil, IV, p · texte numérisé non relu

V. les préliminaires dans Roussel, Recueil, IV, p

brouiller avec lui ; il fallait céder pour le moment, quitte à se rattraper plus tard : des préliminaires n'étaient pas la paix et l'on trouverait bien le moyen de lier de nouveau partie. — Le 19 juin, ordre fut envoyé au camp de Gibraltar de suspendre les opérations du siège, et La Paz avertit Kœnigsegg que son maître signerait les préliminaires, bien qu'ils eussent été conclus sans son avis*.

La politique de la cour de Madrid subit ainsi un grave et irréparable échec. Non point parce que les préliminaires étaient, en leurs clauses, défavorables à l'Espagne : la reine se souciait bien, en vérité, de Gibraltar et des Indes occidentales I C'étaient là de simples prétextes, bons pour entamer ou prolonger la guerre. Mais cette guerre devait assurer à Elisabeth le mariage rêvé pour son fils. Et elle lui échappait I L'Empereur refusait de s'y engager avec elle; elle ne pourrait pas l'accaparer, lui dicter sa volonté, le forcer en plein péril, par la menace d'une défection, à fiancer formellement don Carlos à l'archiduchesse aînée! Et si elle se flattait soit de retrouver l'occasion perdue et de rallumer la guerre, soit d'obtenir le mariage à force de déférence et de soumission, elle se trompait lourdement. L'Empereur, pour maintenir la paix, avait sacrifié le commerce d'Ostende, renoncé à sa politique économique. Dès lors sa brouille avec les puissances maritimes et par suite son alliance avec l'Espagne perdaient toute raison d'être. Les préliminaires tuaient non seulement l'union dynastique projetée, mais encore l'alliance politique et commerciale inscrite dans quatre

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