Référât du Ujum 1128. \V. S. A
doublant d'instances, il recourut à un singulier faux-fuyant. Ses ministres firent remarquer au nouvel ambassadeur d'Espagne à Vienne, Bournonville, que comme Sa Majesté Impériale demandait au Congrès la garantie de la Pragmatique Sanction, on en viendrait certainement à parler, au moins de façon officieuse et confidentielle, du mariagede l'archiduchesse héritière; ce serait une occasion de sonder Fleury sur le mariage espagnol ; avant de rien décider, il était essentiel de connaître les véritables sentiments de la cour de France, En conséquence, il fut arrêté que Bournonville, nommé premier plénipotentiaire de Philippe V au Congrès, et Sinzendorf, qu'on enverrait comme premier plénipotentiaire de FEmpereur, traiteraient 1res secrètement l'affaire à Paris avec le cardinal. Dans la Conférence du 21 mars 1728, on dressa pour le chancelier des instructions dont les autres plénipotentiaires autrichiens, Pentenridter et Windischgrsetz, ne connurent pas le moindre mot. Elles sont d'une minutie extrême, s'efforcent de prévoir tous les cas qui pourront se présent(»r, et, en somme, se réduisent à ceci : Sinzendorf évitera soigneusement de s'engager; il s'arrangera de façon à maintenir le statu quo et à garder les mains libres à FEmpereur pour le mariage de sa fille, même si Fleury se montre favorable aux projets d'Elisabeth Farnèse; le seul objet de la négocialion est d'amuser la cour de Madrid; Sinzendorf utilisera toutes les difficultés pour traîner les choses en longueur, sans que Bournonville puisse s'en apercevoir ni s'en plaindre*.
1. Référât du 12 avril 1728. W. S. A.; l'Empereur confirma la