‹ Une cour et un aventurier au XVIIIe siécle [microform]. Le Baron de Ripperda, d'après des documents inédits des archives impériales de Vienne et des archives du Ministère des affaires étrangères de ParisChapitre 99 sur 130 · Réféi-al du 3 sepie?nbre 1728. W. S. A · texte numérisé non relu

Réféi-al du 3 sepie?nbre 1728. W. S. A

UiNE COUR ET UN AVENTURIER

AU XVIIP SIÈCLE

complequ'elle n'obtiendrait rien de l'Empereur sans une guerre, el, pour empêcher la paix de se conclure, elle tint ferme au Congrès sur toutes ses prétentions;. La première demande de BoarnonviUe lut pour reclamer Gibraltar. Les Anglais, interprétant judaïquement les préliminaires, comme il fallait s> attendre, refusèrent d^entrer en aucune négociation a ce sujei. Quant à leurs privilèges commerciaux dans TAmerique espagnole, ils condescendirent a discuter la question, mais ce fut pour réclamer comme un droit le rétablissement de tous les abus, la suppression des gardes-côtes espagnols, en uq mot la liberté de a contrebande. Bournonville, instruit par sa cour, le prit de très haut et répondit aux puissances maritimes par un mémoire fort durement rédigé ; il l'avait reçu tout fait de Madrid, avec ordre de le pubher, ce qui eût entraîné une rupture nouvelle. Fleury, au prix de mille peines, empêcha cette publication. Entin, TEmpereur lui-même, malgré toute sa bonne volonté, n'arrivait pas à régler l'affaire d'Ostende avec 1 Angleterre et la Hollande : ces deux puissances exigeaient l'abolition pure et simple de l'octroi et refusaient péremptoirement toute compensation, tout équivalent pour les Belges. On désespéra bientôt de s'entendre et au bout de deux mois les conférences furent suspendues*. .

Alors, à la fin d'août i 7ii8, Fleury proposa de signer un traité provisoire de pacification où, à la vente, les

1. Soa calcul est signale dans le Référât du Z septembre 1728.

"^2. Pou; le Congrès de Soissons, V. ; !« les nfratsde laCon^ férence Secrète du 18 juillet, 2 août el 3 sepjembrem% W. b. A. 2» le Journal de Villars juin-août n28, p. 356-358 3 les pièces contenues dans le Recueil de Rousset, t. V, p. ni-^^^-

différends ne seraient pas réglés, mais où l'on éXablirait sur chaque point une sorte de modus vivendi : la suspension du commerce ostendais serait prolongée, la France promettrait à l'Espagne ses bons offices pour Gibraltar, etc. Un projet dans ce sens fut dressé par Ghauvelin. U fut approuvé par les plénipotentiaires anglais et hollandais, puis communiqué à Sinzendorf et à Bournonville.

Sinzendorf voulait le discuter. Mais Bournonville refusa d'agir sans instructions. 11 écrivit à sa cour. On lui envoya l'ordre de quitter le Congrès et de se rendre immédiatement à Madrid. La reine désirait conférer avec lui, avant de rien décider : c'est ce qu'elle déclara à Kœuigsegg et à rambassadeur français à Madrid, le marquis de Brancas, qui tous deux la pressaient de se prêter à la négociation *.

A Vienne on était bien éloigné de tant de froideur. La Conférence s'empiessa d'examiner le projet de Chauvelin. Elle le trouva acceptable en ce qui concernait l'Empereur, sous réserve de certairies modifications, et elle posa nettement la question délicate : si les alliés de Hanovre acceptaient les changements demandés par l'Empereur et que l'Espagne se refusât obstinément à traiter, Charles VI serait-il autorisé à conclure sans son alliée? A travers mille circonlocutions, les ministres de la Conférence laissèrent entendre que oui*. Aussi Sinzendorf ne se compromit-il pas beaucoup envers sa cour, en négociant séparément la paix avec Fleury, à l'insu de Bournonville. N'ayant pu s'entendre avec le cardinal sur les

1. Référai du 3 septembre 1728, W. S. A. ; Journal de Villars^ septembre-octobre 1728, p. 359-360.

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