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DAMENTIS MAGNA CURA ET IMPENSA RESTI.
TUIT XYSTUMQUE SUO DE NOMINE APPELARI.
VaQLuIT*.
1. Le 2 mars. VOLTERRANO, p. 130, 1. 4. Ne pas confondre avec le Ponte Rolto. dont il est parlé ci-dessus. 2. Ce fut le premier construit en pierres enl’an 179av. J.-Christ. 3. FORCELLA, vol, XIII, p. 54, n°8 92-93.
Des médailles à l'effigie du pape furent placées sous cette pierre.
Le pont eut besoin d’être restauré en 1477 ; il fallut pour ce travail employer soixantedix rubbii ! de chaux qui coûtèrent 14 florins (13 juin) ; la raison en est peut-être que le premier maçon, Niccola de Narni, avait parfois remplacé la chaux par de la boue ?.
Avant même d’avoir commencé ces travaux, au lendemain de son élection, Sixte entreprit la transformation du Vatican ; dès le mois de novembre 1471, une dépense de 300 florins est engagée ; les années suivantes, les dépenses se succèdent, s’élevant parfois jusqu’à 1 000 et 2 000 florins * ; la dernière est du 14 juillet 1484, à la veille de la mort du pape ; on le voit, il n’abandonna pas un instant son dessein. Une caserne importante fut établie pour la garde du palais, car Sixte IV, se sachant détesté à cause de son neveu Girolamo, ne se sentait jamais assez en sécurité dans son palais 4
La « grande chapelle» ou chapelle de la Conception, qui est devenue la chapelle Sixtine, fut, sans doute, l’œuvre de prédilection de Sixte IV. Elle fut commencée vers 1473, au lendemain de l’élection du pape ; en mars 1481, on y travaillait encore activement et à grands frais. Vasari donne comme l'architecte Baccio ou Bartolomeo Pontelli qui travailla, en effet, à Rome vers ce temps ; toutefois on penche actuellement à croire que ce fut Giovannoli de’ Dolci. L'emplacement où s’éleva la chapelle devait être occupé primitivement par des pièces basses et sombres, un fouillis de logements, car l’humaniste A. Brandolini les compare, dans ses « épigrammes » à une « prison opaque ». « Ce qui était une hideuse demeure des hommes devient la demeure des dieux, l’enfer se transforme en paradis. »
Sixte IV fit travailler à la décoration de sa chapelle les meilleurs peintres de son temps, Sandro Botticelli, Domenico Ghirlandajo, Luca Signorelli, le Pinturicchio, le Pérugin. Ce dernier avait représenté l’Assomption de la Vierge avec le pape à genoux ; ce tableau disparut pour faire place au Jugement derniers.
Afin de faire connaître la chapelle à ses sujets, Sixte IV accorda, le jour de l’inauguration, indulgence plénière à tous ceux quila visiteraient, «même aux femmes». Il vint tant d'hommes qu’on s’écrasa et qu’on ne pouvait ni entrer ni sortir. La première cérémonie célébrée fut en l’honneur de l'anniversaire du couronnement du pape; ensuite toutes les cérémonies importantes eurent lieu dans la « grande chapelle », messes à l’occasion de la mort du roi de France, du roi d'Angleterre, funérailles de cardinaux. Le conclave qui eut lieu après la mort de Sixte IV et les conclaves suivants furent réunis dans cette chapelle. |
Sixte IV tint à honneur, encore qu’il ne fût pas un lettré passionné 6, de faire de la
1. Je rappelle que le rubbio équivalait à 280 kilogrammes. 1905. Les documents relatifs à la construction de la chapelle, se
2. Münrz, vol. III, p. 203. trouvent dans le premier volume, p. 628 et suiv. Voir pl. II.
3. Münrz, vol. ILX, p. 111. — G. Govau, Le Vatican, Paris, 6. Cependant il s’occupa de l’Université : le poète Porcellio, 1895, p. 503. — Tiraroscui, vol. VI, p. 133. qui y donnait des lectures, resut sur sa cassette particulière 32 flo-
4. Andrea de Norcia recevait pour lui et ses hommes, 250 florins rins. Sur son ordre, Gaspare de Vérone, qui enseignait le grecet par mois pour la garle du palais, la rhétorique, fut envoyé à Viterbe et remplacé par Martino
5. ERNEST STEINMANN, Die Sittinische Kapelle, Munich, 1901- Phyleto.
Bibliothèque du Vatican une institution digne du Saint-Siège. Il en est, en fait, le second fondateur. Dès le mois de décembre 1471, les travaux étaient à l’étude 1. Cinq architectes furent chargés de trouver les matériaux, et l’on sait qu’ils reçurent l'autorisation de les prélever sur les monuments anciens. Le pape voulut que la décoration des salles fût magnifique ; Domenico et Davide Ghirlandajo ainsi que Melozzo da Forhi, Antonazzo et d’autres, peignirent des fresques rappelant la vie du pape : l’une des plus remarquables est celle qui le montre nommant Platina Bibliothécaire. Platina est à genoux; derrière, Girolamo se tient debout, désintéressé en apparence de la scène mais la suivant du coin de l’œil ; le personnage presque de profil est le cardinal Giuliano, le futur Jules IT. Le portrait du pape est saisissant ?.
Les boiseries, les armoires, les bancs étaient admirablement travaillés : de l’or partout ; la porte principale en était chargée. La pose des vitraux fut confiée à des Allemands ; comme les verres colorés qu’on trouvait à Rome ne parurent pas assez beaux, on alla en acheter jusqu'à Venise. La Bibliothèque se composait de trois parties : la bibliothèque publique, car le pape voulait que chacun püût y avoir accès, la bibliothèque grecque, la bibliothèque secrète.
Les travaux se poursuivaient encore en 1487.
Sixte IV achetait des livres et en faisait relier ; il profitait des ventes après décès pour s’en procurer ; à vrai dire, les dépenses ne sont jamais bien élevées, 9 florins, 15 florins. Les libraires auxquels il s’adresse sont généralement florentins. Platina, qui avait remplacé Giov. Andrea de’ Bossi, recevait pour lui et trois bibliothécaires dix écus d’or par mois. Il avait le logement gratuit. Bartolomeo Manfredi, surnommé Aristofilo, lui succéda (1481).
La Bibliothèque s’accrut sensiblement sous ce pontificat ; en 1475 elle contenait déjà 2 527 volumes dont 770 étaient grecs et 1757 latins. De cette époque à la fin du règne, environ mille volumes furent acquis. Son peu de goût pour les Lettres poussa le pape à spécialiser ses acquisitions en livres relatifs à la théologie et à l’hagiographie ; on relève dans l'inventaire de 1475 près de cent gloses de la Bible, cinquante-neuf Nouveaux et Anciens Testaments, et un grand nombre d'exemplaires des œuvres des Pères de l’Église. Au contraire, les classiques ne figurent qu’à de rares exemplaires, quatorze volumes pour Sénèque, cinquante-trois pour l’ensemble des poètes latins.
Il est curieux de constater que le fléau du prêt des livres non rendus sévissait à la Vaticane comme dans toutes les bibliothèques qu’une règle inflexible ne protège pas ; une bulle dut être publiée pour remédier au mal. Platina tint un registre des prêts ; le pape y figure de même que quelques cardinaux et évêques, pas très nombreux, et des humanistes, Sigismondo de’ Conti, Pomponio Leto, Lignamine, Jacopo
1. P. FABRE, La Vaticane de Sixte IV, Paris, 1806. Sixte IV qui, dit-on, encouragea Platina à écrire son Histnire 2, Une inscription, placée au-dessous du tableau, commémore des Papes. TiraBoscui, vol. VI, p. 133. Ce tableau est reproduit cette fondation (FoRCELLA, vol. VI, p. 40, n° 69). Ce fut planche III.
Volterrano, Argyropulo et autres. À partir de 1480, un dépôt de garantie fut exigé. Des revenus spéciaux furent attribués à l’entretien de la Bibliothèque 1