Bullarium, vol. V, p. 273. 2. C'était souvent tout un
de France, tel que Martin de Coutras, qui décora des étendards et fit quelques petits travaux de peinture 1.
Les entrepreneurs romains étaient rares autour du pape ;.on n’en peut guère citer que deux, les frères Salvato et Egidio Andrea di Tocco qui s’occupèrent de remettre en état le couloir reliant le Vatican au château Saint-Ange et travaillèrent à la fontaine Trevi avec les frères Lori.
Il y eut peu de sculpteurs de marque à Rome sous le pontificat de Sixte IV. Mino da Fiesole n’y vint que rarement. On doit peut-être à Andrea Verrochio le tombeau de la femme de Giovanni Tornabuoni, qui mourut à Rome en 1477.
Il n’en fut pas de même des peintres. Domenico Ghirlandajo peignit les fresques de la Bibliothèque vaticane et, en partie, celles de la chapelle Sixtine. Botticelli y travailla également ; Moïse tuant l'Égyptien, la Punition de Coré, Dathan et Abiron, la Tentation du Christ seraient de lui. Filippino Lippi aurait collaboré à la décoration de la chapelle ainsi que Cosimo Roselli et Luca Signorelli qui représenta la mort de Moïse.
Sixte IV avait un faible pour l’école Ombrienne, car il avait vécu assez longtemps à Pérouse, alors qu’il était général des Franciscains ; il eut comme peintre favori Pietro Vannucci (Le Pérugin), qu’il chargea de décorer la chapelle de la Conception ; comme tant d’autres et malgré la faveur des papes, il eut grand’peine à se faire payer ; ce ne fut guère qu’en 1490 qu’il réussit à toucher le solde de sa créance. Le Pinturicchio aurait suivi son maître Vannucci à Rome ainsi qu’un autre de ses élèves, Rocco Zoppo, et tous deux auraient collaboré à la Sixtine.
Melozzo da Forlifutenvoyéà Rome par le comte Girolamo Riario, seigneur de la ville ; il lui confia la décoration de l’église SS. XIT Apostoli (1472-1473) ; plus tard, le pape le chargea de peindre quelques fresques à la Bibliothèque vaticane. Il faut ajouter à ces noms, pour des travaux divers, Botticelli, Benozzo Gozzoli, Jacobo Ravaldi ou Ravaldi, miniaturiste ?.
En 1478, les peintres et les miniaturistes songèrent à réformer leur association. A vrai dire, les peintres qui composaient la corporation étaient plutôt des marchands que des artistes ; ils peignaient parfois des tableaux, mais s’occupaient surtout d’en vendre. Leur association existait déjà en 1478, mais les statuts en avaient été égarés ; aussi insérat-on dans les nouveaux statuts un article punissant d’une amende de 10 écus le consul qui en perdrait de nouveau le texte. Les anciens statuts comptaient trente et un articles, on en ajouta quatre ; les conservateurs approuvèrent le nouveau texte le 17 décembre 1478, mais non le pape ; les peintres durent attendre un siècle pour obtenir cette ratification (15 octobre 1577).
La corporation ne comptait, en 1478, que trente-deux patrons ; il est vrai que la concurrence que leur faisaient les autres marchands était grande ; les tailleurs, les bar-
1, À. BERTOLOTTI, Avtisti lombardi a Roma, Milan, 1881. ToLoTri sur les Français, les Bolonais, les Lucquois... à Rome. Gratiadio était de Brescia. Cf. la série des autres ouvrages de BER- 2. MünrTz, Les Aris.., vol. III, p. 90
biers, les brocanteurs, les marchands de couleurs, avaient eux aussi le droit de vendre des tableaux.
Le patron de la corporation était, comme il est juste, saint Luc l'Evangéliste 1.
Nombreuses furent d’ailleurs les corporations qui se constituèrent à Rome dans la seconde moitié du xv® siècle; au commencement du siècle, il n’en existait pas beaucoup plus de douze en tout, tandis qu’en 1462, Benedetto Millino ? cite, comme ayant pris part à la fête du 15 août, les banquiers, les laïiniers, les peaussiers, les charpentiers, les potiers, les barbiers, les ferrons, les meuniers, les boulangers, les taverniers, les selliers, les chandeliers. Ce qui montre à quel point la ville se peuplait, devenait riche et prospère.