GHERARDI DI PONTANI dit le 14 mai
5. Giulio Cesare Varano, seigneur de Camerino ; ses deux fils étaient peut-être Annibaleet Ottaviano. — Gentile Virginio Orsini, des dues de Bracciano, fils de Napoleone Orsini et de Francesca
L'armée pontificale qui campait au pont Molle, c’est-à-dire au Nord dela ville, vint à Rome et fut cantonnée dans cette région alors déserte qui entoure le Latran et Sainte- Marie-Majeure ; Girolamo n’osait pas l’établir hors des murs, car la population s’agitait et aurait pu fermer les portes derrière lui. C'était une guerre de grands seigneurs, une guerre dynastique ; Girolamo la souhaitait pour se grandir, les Orsini pour récupérer les villes des monts latins et ruiner les Colonna !. Pour les Romains, elle ne pouvait leur valoir aucun avantage et elle leur causait de sensibles dommages. Aussi le Vatican vivait-il dans la crainte d’une insurrection, la garde en avait été augmentée, on n’y voyait que sentinelles aux portes et hommes d’armes, l’épée nue à la main. Sixte IV avait été prévoyant en faisant accroître les logements de ses « prétoriens», comme on disait dans Rome.
La peste avait recommencé ; elle s’établissait de façon chronique. Comment en aurait-il été autrement dans une ville pleine d’immondices, de ruelles sombres et où régnait la famine, car les vivres n’arrivaient plus du Royaume. D'ailleurs la fortune des armes favorisait les Napolitains. Le duc de Calabre prit successivement et sans peine Albano, Castel Gandolfo, Civitalavinia ?, tandis que l’armée florentine, conduite par Costanzo Sforza, seigneur de Pesaro, s’emparait de Citta di Castello, au Nord de Pérouse (20 juin 1482). Sixte IV rappela toutes les troupes dispersées dans ses États, même celles qui occupaient Pérouse, dont la fidélité était pourtant incertaine. On amenaïit des canons que les Romains couraient voir comme des curiosités ; ils allaient aussi visiter le camp et s’y faisaient inviter à dîner sous la tente .
I1 devenait cependant dangereux de s'éloigner de Rome ; un médecin fut fait prisonnier et dut payer 1 000 ducats de rançon, un majordome du pape, 3 000 ; en octobre, un soldat sera racheté 130 florins#. On ne pouvait pas moissonner. Le 15 juin 1482 trois citoyens avaient été naïvement députés auprès du duc de Calabre pour lui demander de laisser les Romaïns vaquer à leurs récoltes, à quoi il répondit qu’il ne comptait ni moissonner lui-même, ni laisser moissonner les autres. Afin de leur faire prendre leur mal en patience, Sixte IV leur promit de leur rembourser tous les dommages de guerre qui auraient été déclarés devant notaire et attestés par quatre témoins. A vrai dire, personne ne reçut jamais rien.
En désespoir de cause, les Romains décidèrent de faire leur récolte coûte que coûte. Mais cette fois, ce fut Girolamo qui s’y opposa et les Romains de penser aussitôt qu'il en usait de la sorte afin de permettre à ses soldats d’aller prendre leur blé pour le revendre, car il ne pouvait pas leur fournir de solde. Des rumeurs de toute sorte couraient par la
Orsini. —- Nicola Orsini, descomtes de Pitigliano, fils d’Aldobran- 1. Diario di GASPARE PonNTANI, dans la nouvelle édition de dino. — Giordano et Paolo Orsini, l’un fils naturel, l’autre bâtard Muratori, p. 5.
de Lorenzo. — Giovanni Colonna, fils de Stefano et de Tancia Gae- 2. Près de Genzano.
tani. — Antonio Maria Pico della Mirandola, fils de Gianfrancesco, 3. Pontani y fut avec Bartolomeo della Corona le 8 juin 1482. condottiere des troupes pontificales. Frère du fameux Giovanni, Bartolomeo se fit prendre par les ennemis deux jours après et
d'esprit querelleur et turbulent, il fut privé de ses droits de souve- faillit être pendu. raineté par l’empereur Maximilien et mourut en 1501, à Rome. 4. DIARO DI ANTONIO DE VASCHO.
ville ; on accusait le pape de spéculer ; il achetait le blé, disait-on, un ducat le rubbio et le revendait quatre ou cinq, mais on oubliait les frais de transport ; il en faisait venir de Sicile qui était pourri et lui coûtait bon marché et qu’il cédait aux pauvres à des prix élevés. Le blé que les meuniers devaient acheter uniquement dans ses greniers et payer 40 carlins le rubbio, ne lui en coûtait pas la moitié 1, Encore le pain était-il noir, détestable et rendait malades la plupart des gens qui en mangeaient. On racontait aussi que le pape revendait aux Génois le blé acquis à l’intention des Romains et qu'il avait réalisé 60 000 ducats de bénéfices sur une seule opération ?.