‹ Une cour princière au Vatican pendant la RenaissanceChapitre 49 sur 203 · LITE · texte numérisé non relu

LITE

PORTE VIRIDARIA. MAISON DE VANNOZZA. (Phot. Moscioni.) (D'après l'ouvrage Caterina Sforza du comte Pasolini.)

VATICAN

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cent VIIT paya quelques dettes pour 1 000 ducats ; le reste fut consacré aux besoins de l’armée 1.

L'année suivante, le 17 septembre 1487, la douane de S. Eustachio, c’est-à-dire la douane de terre, fut cédée à un groupe de Florentins moyennant un droit annuel de 8 000 ducats.

Les emprunts à court terme continuaient comme sous les pontificats précédents ? ; les prêteurs étaient les grands banquiers qui avaient leurs maisons ou des succursales à Rome, les Strozzi, les Spannocchi, les Centurioni ; des capitalistes comme Pietro Ricassoli, Taddeo Gaddi, Carlo Martelli, parfois des parents du pape, son gendre Gherardo Usodimare qui lui avance une fois 25 000 ducats, une autre fois 8 000, Leonino Cibo, des fonctionnaires comme le chef de «la douane de l'alimentation», le notaire du port de Ripa, le grand gabeleur, des marchands comme les Arcioni, qui remettent de l'argent et des étoffes, des cardinaux comme celui de Lisbonne (Costa) et Giuliano della Rovere ; les sommes prêtées sont rarement inférieures à 1 000 florins ou supérieures à 10 000; comme auparavant, elles ne portent pas intérêt: gratissine discretione vel lucro ; une fois, il est stipulé que si la somme (3 330 florins) n’est pas remboursée dans un délai de six mois, elle sera grevée d’un intérêt de 20 p. 100. En garantie, la Chambre apostolique donne ses propres revenus, ceux de diverses villes, la dîme en Espagne, le produit de certaines taxes : sur les troupeaux, sur le sel, sur le vin (taxe des Études), les fonds de la croisade, les revenus du lac Trasimène, voire l’un des trirègnes (mitra preciosa) qui passait de créancier à créancier. Presque toujours, ces emprunts étaient faits « à cause des besoins pressants de l’Église », quelquefois pour acheter des étoffes précieuses, des perles 3.

La guerre se poursuivait toujours avec des alternatives. Tantôt on apprenait que le duc de Calabre avait perdu tout courage et s’était retiré à Pitigliano, tandis que Paolo Orsino prenait à Vicovaro le commandement des troupes napolitaines, tantôt le bruit courait qu’il avait battu Sanseverino et menaçait la ville.

En réalité, il s'était porté au Nord de Rome, dans le Patrimoine, avec l'espérance sans doute d'y trouver l’appui des troupes florentines et de vivre aux dépens d’une riche province.

En juin 1486, il avait assiégé Corneto, d’où les Romains recevaient une partie de leur blé; ensuite il attaqua, mais sans succès, certaines villes de la région : Cerveteri, Toscanella, Anguillara (15 juin) ; les Florentins lui venaient en aide en favorisant la désaffection des villes du Patrimoine et de l’'Ombrie : Viterbe, Assise, Pérouse, Spolète, Todi, Orvieto, ce qui obligeait le commandement romain à diviser ses forces. Néanmoins, la situation du duc devenait fâcheuse. Il se trouvait bloqué dans le Patrimoine qu'il

1. Le 23 décembre 1484, Innocent VIII avait aboli l’office des 2. Voir le volume précédent, p. 303, 391 et suiv. notaires surnommés séradiofi ; les autres «copistes» avaient fait des 3. Registres Int, et Exit. Voir AboLr GoTTLor, Aus der Camera feux de joiesur la placeS. Lorenzo in Damaso et l'avaient acclamé. Apostolica, Innsbruck, 1889, p. 57 et suiv.

avait dévasté et dont les villes ne se laissaient pas toutes prendre ; les armées romaines faisaient bonne garde le long du Tibre et de l’Anio depuis Ostie jusqu'aux Apennins, les ponts étaient occupés et des barques de guerre sillonnaient le fleuve et la rivière, en sorte qu’il ne pouvait recevoir aucun secours de sa base d’opérations ; les vivres manquaient, le pain que l’on donnait aux soldats était noir et détestable, ils désertaient; il en arrivait chaque jour à Rome et l’armée d’Alfonso fondait à vue d'œil, d'autant plus vite que des combats meurtriers avaient lieu incessamment.

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