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4. Il était en pieine jeunesse, étant né le 15 décembre 1443 I devint évêque de Carpentras en 1473.
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PLATINA DEVANT LE PAPE SIXTE IV, par Melozzo da Forli. (Fhot. Andereon.)
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pelé « del Vaso », qui avait appartenu aux Colonna et se trouvait place SS. XII Apostoli!, était le lieu de rendez-vous des artistes, des érudits, des poètes ; on s’y entretenait de lettres, de philosophie, de science et fort peu de théologie ; on y célébrait les louanges du maître de la maison. Il aimait le faste. Ses banquets étaient réputés. Quand il sortait, une troupe de cent cavaliers l’escortait. Il avait des libéralités de grand seigneur. Bien qu'il ait dit un jour qu’il ne dépenserait plus d'argent pour acheter des pierres « grandes ou petites», il n’en continua pas moins à rechercher des pierres précieuses et à bâtir ; l’église S. Pietro in Vincoli, dont il était cardinal, fut en partie reconstruite à ses frais ; l’église SS. XII Apostoli, embellie. Il eut soin d’v faire apposer des inscriptions commémoratives ?.
S'il se montra, somme Pietro, peu soucieux de sa dignité de cardinal, du moins ce fut, à sa différence, sans ostentation; on pouvait dire de lui :« Si non caste, saltem caute. »
Pour rehausser son personnage, il se fit donner le titre de légat dans toute l'Italie ; ses voyages Ctaient des marches triomphales ; il fit des entrées solennelles à Florence, à Bologne, à Milan. A Venise, on le reçut avec un éclat particulier ; Girolamo Riario n’était pas mieux accueilli.
Sixte IV accumula sur sa tête les dignités afin qu’il pût faire face à ses dépenses il le créa évêque de Lausanne, Avignon, Constance, Mende, Savone, Viviers, Verceil.…..; Les Romains, qui étaient gens d’affaires, ne voyaient qu’avantages dans ces attributions d’évêchés ultramontains ; ce que touchait le titulaire était autant d'argent étranger qui rentrait à Rome.
Giuliano avait deux frères, Leonardo et Giovanni della Rovere. Giovanni devint gouverneur de Rome et épousa Giovanna, fille de Federico, duc d’Urbino ; les fêtes célébrées en cette occasion firent bruit. Leonardo, disgracié au physique et doué de peu d’intelligence, épousa une fille naturelle du roi de Naples qui n’accepta cette union qu’à la condition que le Saint-Siège lui rendrait la ville de Sora, située à mi-chemin entre Rome et Naples, sur un rocher inexpugnable. Elle appartenait à Giampaolo Cantelmi qui reçut du pape, en dédommagement, 50 000 florins.
Raffaele Galeotto Riario, fils de Sansoni, titulaire de l’église S. Giorgio in Velabro, neveu du côté maternel du cardinal Pietro Riario et de Girolamo, fut créé cardinal le ro décembre 1477,à l’âge de dix-sept ans, alors qu’il achevait ses études à Pise. Cette même année, il devenait vice-chancelier de l'Église et, en 1483 (23 janvier), camerlingue, puis légat a latere en Hongrie, à Ferrare, en Ombrie. Evêque de plusieurs villes, abbé du Mont Cassin et de Cava, comblé de bénéfices, il entretenait autour de lui une nombreuse famille parmi laquelle se trouvaient seize évêques. Il fit rebâtir l’église S. Lorenzo in Damaso (1486). Etabli d’abord dans le palais du cardinal d’Estouteville
1. ADINOLFI, Roma, vol. Il, p. 14. Pietro Riario y avait SS. XII Apostoli et du couvent y attenant. C’est dans cette église habité. que le jour de la Saint-Philippe on lâchait des oiseaux et l’on balan-
2. Il commença comme cardinal et acheva comme souverain çait au bout d’une corde un porc au ras du sol tandis que, des ga pontife la réfection du portique, qui existe encore, de l’église leries supérieures, on jetait de l’eau sur les assistants,
après la mort de celui-ci, ilse fit plus tard construire le célèbre palais qui devint la Chancellerie 1,
Les fils de Luchina, sœur du pape, qui avait épousé Gio. di Guglielmo Basso, lequel reçut le droit d'ajouter à son nom celui de Rovere, furent tous comblés d’honneurs par Sixte IV et ses successeurs : trois devinrent cardinaux, Girolamo, évêque d’Albenga, de Recanati, de Loreto; Clemente, évêque de Mende; Leonardo, évêque d'Agen et de Lucques ?. C’est lui qui édifia le beau palais Scossa-Cavalli, actuellement le Pénitencier de Saint-Pierre ; il favorisa le peintre le Pinturicchio ; Francesco, chevalier de Rhodes, devint évêque de Mende (1504); Galeazzo fut évêque de Coutance et Antonio reçut le marquisat de Cisterna.
A côté des neveux du pape, d’autres prélats, puissamment riches, contribuaient à rendre sa cour brillante et gaie. Rodrigo Borgia amassait prudemment d'immenses richesses ; après le cardinal d’Estouteville, il était le plus riche du Sacré Collège. Son goût était délicat. Le palais qu’il habitait, la Cancelleria Vecchia, situé à l'emplacement qu’occupe actuellement le palais Sforza Cesarini, sur le Corso Vittorio Emanuele, renfermait quantité de vaisselle plate et d'objets précieux. Bien qu’il goutât peu la littérature, à ce qu’il semble, il avait amassé force livres. Il se plaisait à étaler son opulence ; les vêtements qu’il portait, quand il sortait, étaient splendides et il faisait mettre des mors en or à ses chevaux.
Comme lui, Estouteville se montrait fastueux. Proche du sang royal de France ;, il avait, durant sa longue vie, accumulé les évêchés et les abbayes ; il était évêque de Digne (1440), de Béziers (1445), de Maurienne (1453), archevêque de Rouen (1453), abbé de quatre abbayes dont le Mont Saint-Michel, prieur de trois prieurés (camerlingue en 1477). Son goût pour les objets précieux était moins éclairé que celui de ses émules ; il préférait à l'excellence du travail, la valeur de la matière première; à sa mort 4, on trouva dans ses coffres beaucoup de pierres précieuses mais peu de joyaux, des pièces d’argenterie pesantes, des tissus lourds de broderies. Il aimait à donner des fêtes ; c’est à lui que le pape s’adressa plusieurs fois pour organiser les réceptions des princes et des princesses qui vinrent nombreux sous son pontificat.
Plusieurs monuments furent restaurés par ses soins, entre autres le palais deS. Apollinare, actuellement séminaire romain, qu’il habita 5, et l’église Sainte-Marie-Majeure, où il fit placer un autel en marbre sculpté par Mino da Fiesole, remplacer les portes de la façade et restaurer le péristyle $. Aussi, quand il s’agit de donner une forte impulsion aux tra-
1. Le dernier ouvrage consacré à ce palais est celui de E. Lava- GNINO, Il Palazzo della Cancelleria e la chiesa di S. Lorenzo in Damaso, Rome, 1924. On raconta que ce palais avait été construit avec le bénéfice d’une nuit de jeu et afin que le pape ne püt obliger le gagnant à le restituer. Le pape voulut, en effet, obliger Riario à restiuer son gain à son fils. Voir notre ouvrage : Rome aw temps de Jules II, p. 28.