‹ Une cour princière au Vatican pendant la RenaissanceChapitre 82 sur 203 · Liv. II, chap. II · texte numérisé non relu

Liv. II, chap. II

aspire à assouvir ses passions et à se divertir tandis qu'il en est encore temps.

Élisabetta Gonzaga n’eut rien de si hâté, quand elle rentra à Urbino d’où César Borgia l'avait chassée, que de donner la comédie, et elle en voulut pour sujet ses propres infortunes ! Luigi Cornaro, qui mourut presque centenaire en 1565, parle de son temps comme d’une douce époque où chacun vivait heureux, et pourtant il avait assisté au pillage de Padoue, de Brescia, de Pise, de Rome, à la peste qui décima Florence et dont Machiavel a laissé un tableau si saisissant ! On voulait s’éjouir en dépit de tout, on en multipliait les occasions, baptêmes, mariages, fonctions religieuses, prises de possession des magistrats urbains (on en changeait tous les six mois), obsèques de grands personnages. Les règlements somptuaires devaient sans cesse être renouvelés, preuve qu’on ne les observait jamais. A Florence, Brunelleschi combinait des apothéoses ; à Milan, Léonard de Vinci inventait des machines pour célébrer l’entrée de la fiancée du duc ; les érudits organisaient des cortèges historiques.

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