‹ Une cour princière au Vatican pendant la RenaissanceChapitre 94 sur 203 · Notaire et secrétaire du roi, mort le 18 juin · texte numérisé non relu

Notaire et secrétaire du roi, mort le 18 juin

Mais le peuple romain ne se montrait nullement disposé à seconder le pape dans ses velléités belliqueuses 1 ; son hostilité envers son souverain, sa tiédeur tout au moins, s’accroissait du fait de la disette ; les voies d’accès étant coupées, les denrées devenaient de plus en plus rares et l’on s’en plaignait vivement. On répétait que ce n’était pas aux Romains à se.mêler de la querelle des deux souverains. Une missive du roi adressée aux conservateurs pour les rassurer sur ses intentions à leur égard ne fut pas étrangère à cette attitude réservée*.

La campagne romaine devenait impraticable : elle était infestée de soldats débandés et de malfaiteurs ; Français et Italiens pillaient à qui mieux mieux. Les marchands devaient se grouper en caravanes. « Les trompettes et les sauf-conduits ne servaient de rien », écrit l’envoyé ferrarais à la date du 8 décembre 1494.

Alexandre VI songea en cette extrémité à avoir recours aux Allemands; qu’il savait bons soldats et qui étaient nombreux à Rome (16 décembre 1494). Ils avaient leur hôpital (S. Angelo), leur église particulière, les mitrons allemands s'étaient constitué en confrérie. Burchard, appelé au milieu de la nuit, eut mission du pape, en sa qualité d’Alsacien, de les exhorter à lui donner leur concours ; il les convoqua dans leur hôpital où ils ne vinrent guère ; deux aubergistes, un serrurier, un chirurgien, un barbier, un tailleur, le bottier de Burchard et quelques marchands obéirent seuls à l’appel du pape et décidèrent d’ailleurs que, comme ils faisaient partie des milices des caporioni, ils ne pouvaient agir que sur leurs ordres. Les résidents espagnols répondirent de même, ains; que les Français #. Alors, Alexandre VI songea à fuir, à se réfugier à Gaète 4 ; les chevaux furent harnachés, les bagages préparés ; il ne renonça à son projet que sur les remontrances des envoyés vénitiens et espagnols (18 décembre 1494).

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