‹ Une cour princière au Vatican pendant la RenaissanceChapitre 96 sur 203 · THEINER, Codex diplom., vol. III, p. 510, n · texte numérisé non relu

THEINER, Codex diplom., vol. III, p. 510, n

2. Alfonso Ier, deuxième marquis de Pescara, était fils d’Inigo et d’Antonella d’Aquino. Il fut tué en 1495 en cherchant à s’emparer par surprise du château de Naples. Il eut pour fils, d’Ippolita de Cardona, Ferranteet Ferdinando Francesco d’Avalos, troisième marquis de Pescara qui fut fiancé à l’âge de trois ans avec Vittoria Colonna, la poétesse qui illustra sa mémoire. Moron1, Dix., vol, CXXXVIII, p. 200,et C. CAMPANARI, Sur l’origine du marquis

de Pescaire, Paris, 1853. Notre étude de Virrorta COLONA, 1897,

3. FERDINANDO GABOTTO, Francesismo e antifrancesismo in due poeti, Panfilo Sassi e Giorgio Alione, dans Rassegna Emiliana di Storia, an I, Modène, 1888, p. 282. Sassi impute au roi etaux Français, en vers italiens et latins, avec une amertume et une virulence extrêmes, toutes les turpitudes et toutes les couardises. Sassi était Mantouan mais habitait Venise et en représentait l'esprit. Alione, au contraire, né à Asti, avait subi l'influence fran-

Le cardinal Ascanio le quitta au sortir de la ville, le cardinal Giovanni Borgia l’accompagna assez loin. Le duc se dirigea d’abord vers Tivoli qui lui ferma ses portes, puis vers Terracine qui appartenait au royaume de Naples. Ses gens brûlaient et ravageaient tout impitoyablement sur leur passage.

Ce même jour, 25 décembre 1494, le cardinal Giuliano quittait Bracciano en compagnie de Péron de Bache, maître d'hôtel du roi !, qui venait de lui apporter 20 000 ducats prêtés par le duc de Milan, et, protégés par une escorte de trois cent cinquante hommes, ils se rendirent à Ostie où se trouvaient déjà deux mille Suisses ? et cinq cents hommes d'armes. De là il pourrait agir efficacement sur Rome et serait à la portée des événements.

Le 26 décembre 1494, Pierre de Rohan, maréchal de Gié, le président de Ganay et le sénéchal Étienne de Vesc $ arrivèrent à Rome pour tenter une dernière démarche. Ils furent introduits dans la chapelle pontificale après l’Zniroït ; Burchard leur assigna les places que leur attribuait l’étiquette à côté des deux envoyés du roi de Naples, mais ceux-ci refusèrent de rester auprès de gens dont ils ne savaient pas même, disaientils, qui ils étaient ; le pape intervint et ils se rassirent ; à ce moment, survinrent les gens de la suite des ambassadeurs qui envahirent tumultueusement la chapelle, se mêlèrent au clergé, s’assirent aux places réservées aux prélats. Burchard, scandalisé de cesansgêne, s’agitait en vain pour leur faire respecter les lois du cérémonial, mais le pape intervint encore et lui dit, fort en colère, de les laisser tranquilles, tant il redoutait une affaire. Les ambassadeurs réclamèrent le libre passage des vivres et la remise de Djem, et le pape ne repoussa pas ces demandes.

De part et d'autre, on se ménageait. Le pape se garda bien d’excommunier le roi, comme le Saint-Siège l’avait fait si souvent à l’égard de ses adversaires, et celui-ci lui fit dire à plusieurs reprises qu’il ne ferait rien qui pût lui nuire au temporel ni au spirituel.

Charles VIIT estimait n'avoir aucun intérêt à diminuer l'autorité du souverain pontife ; aussi ne lui demandait-il que ce qui était nécessaire au passage et à l'alimentation de ses troupes ; il lui fallait aussi assurer ses communications, c’est pourquoi il tenait tant à entrer à Rome. II lui aurait été aisé d’y pénétrer de force, mais il ne voulait pas manquer au respect que ses prédécesseurs avaient presque toujours montré au Saint- Siège. Au surplus, il était persuadé que, dès qu’il aurait vu le pape, tous leurs différends s'aplaniraient et que leur antagonisme se convertirait en bienveillance réciproque.

Alexandre VI trouvait dur de se remettre entre les mains de son adversaire mais, de tous les dangers qui le menaçaient, c'était encore là le moindre.

çaise ; il méprisait les « Itaux » et surtout les Lombards qu’il disait descendre des Troyens et en avoir hérité les vices {Voir GorRA, La Leggenda troiana in Italia, Turin, 1887),

1. Pierre ou Péron de Bache ou Baschi appartenait à une branche provençale d’une famille italienne d’origine. Il était fils de Berthold, écuyer du roi de Naples,

2. Que le comte de Ligny avait arnenés en passant le Tibre à Porto,

3. À. DE BoisLtee, Note. sur Etienne de Vesc…, Nogent-le- Rotrou, 1884. Étienne de Vesc était né en 1447 :;après la mort de Louis XI, il devint membre du conseil de régence ; le roi l’estimait particulièrement,

Il se résigna donc à engager les négociations. Les cardinaux Giovanni Borgia et Ascanio allèrent au-devant du roi. Des discussions s’engagèrent auxquelles il mit fin eu déclarant qu’il était décidé à entrer à Rome, mais ne ferait nul tort au pape.

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