‹ Une cour princière au Vatican pendant la RenaissanceChapitre 97 sur 203 · ENTRÉE DU ROI A ROME · texte numérisé non relu

ENTRÉE DU ROI A ROME

Le 27 décembre 1494, Pierre de Rohan, maréchal de Gié 1, et le chambellan du roi La Trémoille, vinrent à Rome pour régler l'occupation par quinze cents hommes de la rive gauche du Tibre, c’est-à-dire du côté opposé au Vatican.

Un conseil composé du cardinal de Saint-Denis, Jean de la Groslaye, du gouverneur de la ville ?, et des trois conservateurs, s’occupa de cette question et des mesures à prendre pour maintenir l’ordre. Le 30 décembre 1494, Gilbert de Bourbon, comte de Montpensier ®, vint à Rome y arrêter les dernières dispositions. Des fourriers visitèrent les maisons et les palais et y apposèrent des placards indiquant à qui ils étaient attribués.

Une députation municipale partit pour connaître les volontés du roi; elle était composée uniquement de membres de la bourgeoisie, laquelle avait montré un esprit de soumission bien fait pour mériter les bonnes grâces du roi 4 En faisaient partie Geronimo Porcari, auditeur de la Curie, de cette famille de grands bourgeois qui figurent si souvent dans les annales romaines ; Coronato Planca, avocat consistorial, d’un profond savoir et « très versé dans toutes les chicanes de la procédure » ; Cristoforo Buffalo, lequel, quoique d’origine assez humble, jouissait d’une grande considération et était chancelier de la ville ; Lodovico Mattei, Mario Mellini, dont la famille jouait et allait jouer plus encore un rôle considérable dans les Lettres et dans la politique romaine ; enfin, Giacomo Sinibaldi ; Sigismond les qualifie tous avec raison de « patriciens ».

La députation rencontra le roi à Galera, à mi-route entre Bracciano et Rome. Il avait passé la nuit dans le petit bourg de Baccano. Le temps était affreux, le sol détrempé ; aussi personne ne descendit de cheval, ni les envoyés romains, ni les trois cardinaux Giuliano, Péraud et Savelli venus en avant du roi. Quand celui-ci arriva, Porcari, le chef de la délégation, voulut lui adresser une harangue de bienvenue, mais le roi ne l’écouta pas. Burchard, qui voulut expliquer au roi le cérémonial de l'entrée des souverains, ne réussit pas mieux. Charles VIII l’interrompit en lui disant qu’il n’y aurait pas lieu à s'occuper de cérémonies, car il comptait entrer sans pompe. En revanche, tandis qu’ils chevauchaient côte à côte sur la route de Rome, le roi l’interrogea en détail au sujet du päâpe, de son fils César, des cardinaux. « C’est à peine, dit Burchard, si j'avais le temps de lui répondre pertinemment. »

Les deux orateurs de Venise se présentèrent un peu plus tard. Ils descendirent de

1. Voir planche XXI. 3. Le futur vice-roi de Naples, Il avait épousé la fille du marquis 2. C'était alors Giovanni Andrea Sacchi, archevêque de Ragure, de Mantoue. Il mourut à Pouzzoles le 9 novembre 1496. qui avait juré, le 2 septembre 1494, « de bien exercer son office » 4. Voir Arch. della R. Soc. Rom. di Sior. Patria, 1888, p. 69K

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