LES COURTISANS
Mais c'est bien un renépt, c'est bien un apostat, que ce déserteur infatigable de tout parti mallieureux, que ce courlisandela fortunequi, fidèle à elle seule, toujours prêt à trahir ceux qu'il sert, se vendant sans cesse et ne se livrant jamais, trouve dans chaque révolution une occasion (l'avancement, et compte par le nombre des malheurs publics, celui de ses perfidies et de ses prospc rites.
A. V. Arnault.
Je ne place point aussitôt sur ma tête ce diadème que Ton vient de m'offrir, je le dépose en face de moi, pour me rappeler les rudes charges qu'ail va m^imposer sans cesse. Tous les débuts sont plus ou moins périlleux; ... que doit être le début d'un roi ?Chacuu
se presse autour de moi, courtisans et ministres; semblables au roseau flexil)le agité })ar le vent , les grands sont presque toujours disposés à courber la tête au souffle de chaque pouvoir qui sVlève, Ma profession de foi est courte : je veux que mon peuple soit libre de me voir à des jours marqués, mes choix d'*hommes d'^Etat seront le résultat de mûrs examens, tous les journaux devront m^être mis sous les yeux, je verrai souvent par moi-même ; je prendrai fréquemment un costume simple, et accompagné d'un serviteur , je m"'acheminerai au hasard. Cest dans la classe ouvrière , aux halles , aux marchés , dans les lieux publics, dans les fêtes, qu'un souverain doit venir puiser la vérité à sa véritable source : l'opinion ])ublique doit être sa boussole.
L'homme du peuple ne sait point mentir comme le courtisan. Rien n'est beau, suivant moi, comme le chef de l'Etat assis à la table de ses sujets , et recevant à leur insu les bénédictions des heureux qu'il a faits; mais si, au contraire, il vient à connaître tardivement les erreurs que lui a fait commettre une basse adulation , combien il doit , en entendant de