CHAPITRE VII
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***********! 'est une opinion partagée de ; tout temps par beaucoup d'es- ; prits élevés, que les êtres in- ; divïduels, soit pris à part, soit : dans leur existence collective, ne sont au fond que les symboles visibles , les représentants et les organes de puissances cacbées , dont l'action se dérobe sous l'apparence d'une volonté libre, mais n'en est pas pour cela moins réelle. Ge système , au dire de ceux qui l'adoptent, rend fort bien compte de certains feits obscurs , inexplicables dans toute autre hypothèse. On comprend alors pour-
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quoi, chez les esprits énergiques, l'action procède bien plus d'un penchant instinctif que d'une délibération réfléchie. On conflit les effets de ces tendances irrésistibles qui poussent chacun de nous dans sa carrière propre, sans qu'il puisse s'en défendre. On s'explique encore comment tant de gens travaillent à l'œuvre du siècle sans se douter de ce qu'ils font. Ainsi tout le drame de l'humanité ne serait que la contre-partie d'un autre drame qui se joue dans quelque monde plus élevé , et les agitations de la vie de l'homme, un retentissement de la lutte étemelle des principes constituants de l'univers. Et n'y a-t-il pas, en effet, dans la vie des instants où nous comprenons, comme parintuition, que nous appartenons à un principe, que uous nous devons à lui, parce que c'est de lui que nous tenons tout ce qui nous donne quelque valeur comme individus? Comment ce système peut-il se concilier avec la liberté morale, c'est ce que nous n'avons pas à rechercher ici. Qu'U nous suffise d'avertir les philosophes présents et fu-
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turs, que cette véridique histoire, dont nous ne sommes que le simple rapporteur, poun-a leur fournir quelques faits à l'appui de cette théorie.
Il est certaiu, en effet, que le major se trouvant toutà-coup dans de profondes ténèbres, se mit à réfléchir, suivant sa louable habitude; et comme rien ne le détournait de ses méditations, sa pensée, reportée en arrière, éclaira d'une lumière subite les origines primitives de son être. Le résultat de cette révélation inattendue fiit assurément très curieux, car aussitôt le major s'écria d'une voix forte :
Kamœroupî! ! ! — Madhousvara!!!
Nos lecteurs bienveillants se souviendront que le major était un amateur de sanscrit ; c'est ce qui a fait conjecturer au fidèle narrateur de cette histoire que ces mots bizarres appartenaient sans doute à la langue sacrée de l'Inde. Désireux d'en connaître le sens, il a pris la liberté d'en écrire à M. Eugène Bumouf, un des premiers indianistes de l'Europe. Celui-ci a eu la complaisance de lui répondre que
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kamaroupt signifie : celle qui se transforme à volonté, et que madbousvara peut se traduire par : le mélodieux.
Cependant le major, après son exclamation, s'aperçut qu'il était toujours entouré de ténèbres, et que sa voix s'était perdue dans l'espace, comme s'il se fât trouvé sur le sommet d'une haute montagne. Il avança les mains pour se reconnaître, et ne trouva plus rien devant lui , ni punch, ni table, ni chaise, ni chambre; le plancher même s'était dérobé sous ses pieds, et il comprit bientôt qu'il flottait librement dans des espaces inconnus. II leva les yeux , et aperçut la voûte étoilée du firmament, vers laquelle il se sentit emporté par un mouvement rapide; car les astres devenaient de plus en plus distincts, et l'obscurité se dissipait graduellement. Bientôt il se trouva , à ce qu'il lui parut, au centre de l'univers. La terre était devenue imperceptible, et notre soleil, qui éclipse orgueilleusement, à nos yeux , tous les astres du ciel, réduit au simple rang d'étoile , brillait solitairement à une immense profon-
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deur. De toutes parts, sur le sombre azur de la sphère inBnie , resplendissaient les mondes comme d'admirables joyaux. Disposés en œrcles, en globes, en séries ondulées, en formes semblables à celles de la vie organique, les soleils se groupaient en anneaux de diamants, en diadèmes de saphirs, en rivières de rubis et d'ém^audes, en fleurs étinoelantes, en madrépores éblouissants. Et chaque monde lumineux semblait vivre de sa vie propre , et respirer par scintillations cadencées. Et chaque monde aussi faisait entendre une harmonie, comme la voix la plus intime de son être. Et toutes œs lumineuses harmonies se réunissaient dans l'expression toujours cherchée et jamais atteinte d'une idée mystérieuse , ineffeble, et planant sur tous les univers comme l'énigme de l'éternité.
L'attention du major, perdue d'abord dans ce magnifique spectacle, en fut bientôt détournée par la vue de ses deux compagnons.
Revêtus de formes éthérées, ils erraient dans ^espace , et parais^ient occupés de deux mar
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nières très différentes. Franz, l'air grave, le front profondément méditatif et le regard inspiré, allait de monde en monde, écoutant avec attention, et la voix de chaque système solaire, et la grande harmonie' de l'ensemble. La main armée d'un diapazon, il frappait de temps à autre sur les astres dont les sons ne lui semblai^it pas parÊiitement justes, et il les ramenait ainsi à l'accord fondamental. Puis il paratssaitchercher par la pensée le sens intime de ce chant des mondes , et désireux d'euriver à une^Lpression plus complète, plus profonde encore, il changeait la disposition de quelque groupe d'étoiles, et en &isait jaillir des accords nouveaux, des effets jusqu'alors inconnus.
Quant à Georçe, la figure animée, les yeux hrillants de plaisir, les cheveux épars retombant en boucles noires cconme la nuit, elle errait capricieusement dans les célestes espaces, s'emparant tonr-à-tour des mondes les plus brillants, des constellations les plus belles, pour s'en amuser quelques instants et les rejeter ensuite avec dédain. Elle avait placé
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sur sa tête la couronne boréale; le baudrier dOrkin entourait sa taille , et Sirius brillait à son dràgt comme un solitaire. Dans ce mo- Dient , elle venait de saisir le Serpent, et s'efforçait de l'attacher solidement à la flèche du Sagittaire, pour s'en feire un espèce de fouet. Le major voyanttoutcela, s'écria comme par inspiration : " .le vous reconnais, ô puissances cosmiques! Madhousvara,toî qui présidesà la sublime harmonie des mondes! Kamaroupi !
séduisante et dangefeuseeachanteresse! génie auxiliaire de la grande Maya, qui tisse sans relâche la merveilleuse broderie de l'univers! Ne vous souvient-il plus de moi , ô mes amis ! avez -vous oublié Manas', lorsqu'encore à l'état de diétive abstraction, d'idée sans forme et sans i-éalité, mais dévoré du désir d'être, il vint s'adresser à vous pour obtenir de passerau rang de phénomène? Toi, bienfeisant Madhousvara, tu lui donnas le sens du beau et de
■ Manas, toujours d'après M. Burnouf, signifie pensée.
rbarmonie ; et toi malicieuse Kfunaroup! , toi qui devais lui donner l'élément de la forme, tu tentas d'escamoter son principe au profit du tien, et d'enchaîner la pensée dans les liens brillants de l'illusion. Mais fidèle à ma nature, je sus résister à tes séductions, et toi, dans ton dépit, tu me refusas le don que tu aurais dû ra'octroyer. Toutefois, ôKamaroupI! je n'ai conservé aucun ressentiment de ton mauvais vouloir j car j'ai grandi dès-lors par le développement de mon principe, et je sais maintenant combien vaine est par elle-même la nature de tes mobiles et attrayantes illusions. Béconcilions-nous donc, 6 divine enchanteresse! afin que, réunis dane un même but, nous travaillions de concert au grand œuvre de la destinée. Sans toi , mes efforts seraient vains pour franchir cette limite magique qui sépare les deux mondes de l'idéal et du réel ; et sans moi, que peux-tu produire qui ne passe aussi rapidement que les fugitives images d'un songe?»
<'Manasaraison,ditaIors Madhousvara. Ac
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cepte son ofïre, Kamaroupt, et renonce à too activité turbulente et sans but.
Mais Kamaroupi répondit d'un ton piqué et colère :
« Méle-toi de tes affaires, Madhousvara, et [H^nds garde que tes astres ne chantent h.u\ pendant que tu me sCTmonncs. Quant à toi, Manas, cesse de m'importuner de tes de^ mandes. Nos œuvres ne sauraient se mêler en aucune manière. Le seul contact de tes pâles etlourdesélucubrationstemiraitréclat joyeux et plein de vie de mes créations fantastiques. Va ton chemin de prédilection , et laisse-moi suivre ma route.)'
Après ces mots, Kamaroupi, reprenant son vol vagabond, se remit à jouer avec les mondes.
Manas alors s'approcha deMàdbousvara,et ils s'occuperait ensemble à chercher le mot de la grande énigme. Initié par le génie à la signification des voix de l'univers , Manas découvrit bientôt de son côté que les groupes brillants de soleils et de mondes formaient
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les caractères d'une mystérieuse écriture, « cachaient un sens sublime exprimé dans une langue admirable. Il fît part de ses conjectures àMadhousvara, et, par le rapprochement des signes et des sons, ils arrivèrent à des idées nouvelles et lumineuses sur la solution du grand problème.
Pendant ce temps, Kamaroupi avait achevé d'attacher le Serpent à la flèche du Sagittaire; puis elle avaitchoisi, entre beaucoup d'autres, une jolie nébuleusede forme conique pour en fiiireune toupie. Bientôt, frappée par ce fouet d'une nouvelle espèce, la nébuleuse se mit à tourner rapidement en faisant entendre, au lieu de sa voix naturelle et mélodieuse, un cri continu et discordant de douleur et d'épouvante.
« Kamaroupi! s'écria Madhousvara irrité, pourquoi troubles-tu mon harmonie par tes jeux insensés? N'abuse pas de la puissance du talisman qui t'est conBé; sinon, nous porterons plainte contre toi, et le talisman te sera retiré. «
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« Je ne vois pas, réponditavec aigreur Kaniaroupi, je ne vois pas en quoi je te dérange, très susceptible Madhousvara; si tu ne veux pas entendre ma toupie, bouche-toi les oreilles! D'ailleurs ton éternel concert m'ennuie; c'est toujours la même chanson, et quelques bonnes dissonoances ne peuvent qu'en relever la festidîeuse monotonie."
Cependant Manas, absorbé par la lecture des caractères célestes, ne s'était point aper^ de cette discussion : l'absence d'une lettre dans un mot très important lui causait une grande anxiété, et en cherchant de tous côtés ce qu'elle pouvait être devenue, il la vit tourbillonnant encore sous l'impulsion du fouet de la magicienne; carc'était précisément la nébul^ise enlevée par Kamaroupi. Manas alors étendit vivement la main, et remit la nébuleuse à sa place. Mais Kamaroupl, litrieuse de se voir enlever sa toupie , s'écria : — Méchant pédant ! veux-tu bien respecter mes jeux!... et, Élisant tournoyer son fouet, elle atteignit Manas au front avec tant de force ,
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qu'étourdi du coup, il tomba tout au travers de l'espace «
Le major ressentit en effet àla bosse frontale une douleur vive et subite. Rappelé à lui par cette impression désagréable, it s'aperçut qu'en faisant un mouvement, it venait de se eogner violemment contre l'angle d'une table. Peu à peu ses idées se débrouillèrent; il se rappela qu'il était dans la chambre n" 1 3 , de l'hôtel de V Union à Chamounix, et qu'il venait d'y boire du punch avec ses compagnons de voyage. Il promena ses mains sur la table , et retrouva, dans l'obscurité, le bol de punch entièrement vide. « Décidément, se dit-il, il parait que j'ai manqué à mes bonnes résolutions... " Et pensant que ses compagnons étaient allés se coucher, il regagna sa chambre pour en &ire autant.
Sans doute, ami lecteur, que plus d'une fois le cours de tes nuits tranquilles a été troublé par les angoisses de cet état singulier que l'on appelle cauchemar. Tu dors, et tu as le sentiment d'être bien complètement
éveillé. L'obscurité s'est dissipée comme par magie , et les moindres objets de ta chambre s'ofFrentàta vue, devenue plus perçante, avec une double puissance de réalilë. Autour de toi, tout est silence et repos; et toi-même, incapable de mouvoir le plus &ible muscle, tu te sens comme enchaîné par l'attente anxieuse de quelque événement mystérieux et redoutable. Alors une musique lointaine se fait entendre, et s'approche de plus en plus; mélodie étrange, et cependant si bien connue qu'elle réveille en toi toutes les douleurs les plus intimes de ton âme. Bientôt cette musique envahit ta chambre, et t'enveloppe de sons stridents qui font vibrer tes nerfs comme les cordes d'un instrument. Alors tu vois descendre lentement par la cheminée le gros chat noir aux yeux étincelânts. Il s'avance à pas comptés,au son delamusique, en te fascinant de son diabolique regard; puis, arrivé tout près de ton lit, il ramasse ses formes souples, et, d'un seul bond, tombe sur ta poitrine avec la puissance d'une montagne. Tu te dé-
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bats SOUS le poids qui t'oppresse, tu t'épuises en vains efforts, tu veux crier.... et tu te réveilles enfin , la sueur au front, les cheveux hérissés et la gorge râlante.
Pardonne, cher lecteur, si j'ai rappelé à ton souvenir ces pénibles impressions, mais j'ai voulu te faire bien comprendre ce qu'éprouva le major quand le sommeil eut clos ses paupières. En effet il eut un cauphemar , il entendit la musique mystérieuse, il vit le gros chat noir descendre par la cheminée; mais sur ce chat , assis à califourchon , se tenait George avec une expression d'infernale malice. Tout autour de la chambre étai«it rangées, dans les rayons d'une bibliothèque, tes idées du major classées par ordre et pro> prement reliées en maroquin : ici une cosmogonie, là une esthétique transcendante, plus loin une ontolc^e nouvelle, puis un système de morale, le tout admirable, au dire de l'inventeur. George, toujours sur son chat, alla droit aux rayons, et portant sur ces trésors métaphysiques une main irrévéren-
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cieuse , elle tira une à une de leurs étuis les idées du major, pour les examiner en riant aux éclats, les froisser violemment, et les lancer ensuite sur la poitrine du malheureux angoissé, où elles formèrent bientôt une masse effrayante et confuse. En vain le major s'agitait en gémissant sous cette montagne croissante, George poursuivait avec un diabolique sang-froid son œuvre de destruction.
Un effort violent rompi t enfin le charme , et le major se réveilla...
Ou du moins il crut se réveiller; car il n'a jamais pu s'assurer s'il avait passé du cauchemar à la réalité , ou simplement à une autre région des songes. Soit illusion, soit vérité, le major s'élança hors de son lit en s'écriant : — Cest intolérable! il faut en finir!... Ijà-dessus, avec le plus grand sang-froid, il fit son plan de campagne et dressa ses batteries. Il tira de ses bosses frontales les instruments nécessaires à l'accomplissement de ses desseins : d'abord une lunette faisant l'office de chercheur, puis le chalumeau analytique à la
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flamme dissolvante. La lunette étant montée sur son pied fut pointée , d'après une savante méthode d'éliminations successives, sur l'objet à examiner, et le major, y plaçant son œil , aperçut distinctement George qui dormait d'un paisible sommeil. A son front, comme un astre splendide, rayonnait le talisman. Le chalumeau fut ensuite introduit délicatement au foyer même de la lunette, et le major, soufflant avec force; dirigea sur son antagoniste endormie un long jet du feu le plus subtil. L'action décomposante en tut si prompte, qu'en un instant Geoi^e gazéiBé s'évapora en élégants tourbillons de fumée, qui s'élevèrent avec grâce jusqu'au plafond de la chambre. Le talisman seul resta sur l'oreiller, brillant toujours de son éclat inaltérable. Le major, enchanté du succès de l'opération , s'élança dans la route ouverte par l'élément destmcteur, etd'une main tremblante d'émotion et de plaisir, il saisit le talisman et le cacha dans son sein.
Au moment où il se retirait, ses regards
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tombèrent sur un petit lit où reposaient les deux en&nts. II s'approcha pour les considérer de plus près, et ne voyant chez eux aucun mouvement de respiration , il donna sur les joues de la petite fille quelques légers coups secs qui rendirent un son creux.
— Je savais bien qu'ils étaient de carton ces prétendus enfants! s'écria-t^il en rentrant dans sa chambre. Le talisman seul leur donnait l'apparence du mouvement et de la vie.
L'opération se trouvant ainsi achevée, le major, au comble de ses vœux , regarda dans sa lunette , et revit Geoi^e corporifié de nouveau et dormant comme si rien ne s'étaitpassé. Il s'empressa de contempler le talisman, et son œil fat fasciné, comme la première fois, par tes magnifiques apparitions qui se succédaient rapidement dans l'intérieur de la pierre. Ne pouvant résister au désir de le soumettre à l'épreuve de l'analyse, il le présenta plusieurs fois à la flamme du chalumeau; mais, à son grand étonnement, il ne parvint pas même à ternir la surfoce pure et bril-
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lante. Bien plus, il lui parut qu'après chaque épreuve, le talisman resplesdissait d'un éclat plus vif.
— Voilà, se dit le niajcff, voilà le mot de l'énigme! voilà cet élément mystérieux et irrationnel (jui résistait à tous les efforts de ma pensée.
Le major remit ensuite ses instruments dans s«s bosses frontales; il tenta même d'y faire entrer le talisman, mais il recfHinut bientôt que ses formes et ses dimensions rendaient la chose impossible. Il se contente donc de le placer soigneusement sous son oreiller, après quoi il s'endormit bercé par tes songes les plus riants. et les plus flatteurs. Il lui snnbla que soa être se trouvait tout-à-coup doublé en puissance et en étendue. Tout ce qui chez lui avaijt existé jusqu'alors à l'état d'abstraction setdemeot, venait de prendre les formes et les.couleur8delavie réelle. Il se sentait un pmiToir immense de production, et ses idées cbeminant toujours dans cette direction, flatteuse, il en vint à rêver qu'il
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était assis sur une haute montagne, le front couronné d'étoiles, une haq>e d'or entre les mains, et qu'il improvisait une épopée cosmolc^que auprès de laquelle l'Iliade et le Mahâbhârata n'étaient que de mauvaises chansons à hoii%.