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t\ax vagabonds et aux adolescents ayant agi sans discernement. Il raudrait bien la peine de faire une étude approfondie des meilleurs 1 ni existent. Mais, par le peu que j'en ai vu, je me suis convaincu que o meilleur système pour cette espèce d'établissements est celui des colonies, non pas exclusivement agricoles ou industrielles, mais embrassant à la fois l'agriculture et l'industrie, et formant ainsi une colonie complète.
Pour une telle jeunesse, il n'y a (selon moi) rien de plus profitable iju'une petite société qui se forme, se soutient et se développe par ses propres forces, où il y a à travailler à la construction et à l'entretien des bâtiments, à la boulangerie, à la cuisine, au blanchissage, au labourage des champs, à la fabrication des instruments d'agriculture. du mobilier de la maison, aux tissage des étoffes, à la confection des habits, des chaussures, etc., et où l'on reçoit en même temps l'instruction civile et religieuse. Gela permet de classer les garçons en différents groupes, selon leurs aptitudes respectives; cela leur aide à comprendre les besoins et les devoirs multiples de la vie sociale, et à se rendre capables de devenir des membres honnêtes et actifs dans la société où ils devront rentrer.
J'avoue que, plus d'une fois, je me suis demandé s'il est convenable que l'Etat prête main forte au père de famille qui ne peut remédier aux écarts de ses enfants. Je crains beaucoup que, par là. il ne favorise indirectement l'indolence des parents ou leur mauvaise volonté; car il n'est pas rare que le père cherche à placer son enfant dans une maison de correction pour se débarrasser de lui, ou pour céder aux suggestions d'une marâtre. Mais, une fois cette mesure admise, il vaudrait mieux avoir pour de tels adolescents des établissements à part, plutôt que de les placer avec les vagabonds ou abandonnés, ou dans les prisons ordinaires. Les établissements dont il s'agit sont dus le plus souvent, jusqu'ici, à l'initiative privée. Celu est en effet plus conforme au caractère de ces institutions. Là où il s'agit d'une action essentiellement éducative, d'entretenir dans l'établissement une saine atmosphère morale, la spontanéité d'un homme qui se voue à cette tâche par un noble sentiment est, en général, plus efficace que l'œuvre d'un employé, qui, ayant en vue sa carrière, n'agirait que pour remplir son devoir.
Mais il est vrai aussi qu'il n'est pas facile de trouver de tels hommes. D'ordinaire, ceux qui agissent seulement par l'impulsion du cœur, n'ont pas assez de tète pour ce qui regarde l'administration, et
Ceux qui ont l'aptitude administrative n'ont pas toujours les qualités de l'éducateur; parfois même ils ne sont poussés que par l'esprit de spéculation.
Il y en a bien quelques-uns qui réunissent les deux conditions, mais de tels hommes sont extrêmement rares. Et, à de tels hommes, les ressources matérielles font le plus souvent défaut.
Il faut donc que le gouvernement les recherche, leur aide, les appuie, et que, si l'établissement réussit, il les soutienne.