‹ Une crise de menage comedie en un acte, melee de chantsChapitre 6 sur 32 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

AURÉLIE, se levant aussi *.

Ah ! Henriette!.. Je ferai porter ton billet si tu insistes, mais je trouve que tu vas beaucoup trop vite, et beaucoup trop loin, je t’en préviens.

HENRIETTE

Fais-moi de la morale, maintenant ! si tu n’avais pas répondu à M. Gaston, est-ce que j’aurais pas répondu à M. Maxime.

AURÉLIE

Est-ce que nos positions sont les mêmes? j’ai une excuse que tu n’as pas, moi! Ton mari est fidèle, le mien me trompeépouvantablement.

HENRIETTE

Aurélie, c’est un conte pour te justifier!

AURÉLIE

J’en ai la preuve... Sais-tu où M. Courmont va, tous les jeudis, au lieu de se rendre à la Bourse? au bois de Boulogne, ma chère! où il a ses rendez-vous avec une mailresse !.. Jeudi dernier, je l’ai suivi, et, cachée dans une voilure de place... je l’ai vu, de mes propres yeux vu, se promener avec une jolie

E ersonne de dix-huit à vingt ans, qui s’appuyait sur son ras.

HENRIETTE

Et as-tu su quelle était cette femme?

AURÉLIE, avec une colère sourde.

On m’a dit que c’était la maîtresse d’un petit pensionnat de Passy: elle est maîtresse de ses actions, et aussi maîtresse de mon mari, cela est certain ! Tu vois bien que nos positions ne sont pas les mêmes, car M. Bertocourt est un diamant pour la constance 1

HENRIETTE

Un diamant où il y a peut-être une paille; et, tiens, justement, je crois que c’est de mon mari que M. Maxime veut me parler.

AURÉLIE

Henriette, c’est un conte pour te justifier.

HENRIETTE

Qu’y aurait-il donc là d’étonnant? M. Bertocourt est lié avec ton mari, et le mauvais exemple...

AURÉLIE

Des hommes de quarante ans! mais à qui se... marier, désormais? Ah! veux-tu aller à l’Opéra-Comique ce soir?

HENRIETTE

Je veux bien; pourquoi?

Parce que j’écrirais en même temps à M. Gaston, pour lui faire savoir à quel théâtre nous allons.

* Henr. Aur.

HENRIETTE

Eh bien !.. tu vois... un rendez-vous aussi?.. Soit !.. allons à l’Opéra-Comique.

AURÉLIE

Je vais faire porter ta lettre... viens dans ma chambre, tu m’y attendras... et je sortirai par l’escalier de service, (eues

vont pour tortir par la droite. — Courmout et Berlocourt entrent par le fond.)

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