M. GODWJN : LA GÉOLOGIE ET LA BIBLE
On a dit souvent que la science doit être impartiale : quelques-uns même poussent si loin le scrupule à cet égard, qu'ils tiennent pour suspects généralement tous les essais de conciliation entrepris par l'apologétique chrétienne dans le but d'accorder la Bible et les sciences. Que penseront ces hommes à conscience si délicate du travail de M. Godwin? Le dessein avoué de ce professeur distingué de Cambridge n'est point, à la vérité, de concilier l'Écriture et les opinions des savants : mais, en cherchant avec passion à brouiller irrévocablement la science et la foi, ne doit-il pas encourir la même suspicion que les apologistes qui cherchent à les accorder? Il en devrait être ainsi. Cependant il est à craindre que ceux-là même qui sont les plus empressés à condamner les tentatives des théologiens n'acceptent avec faveur l'œuvre partiale de leur adversaire. M. Godwin sera, à leurs yeux, le champion courageux de la science méconnue. C'est le malheur de l'homme d'avoir deux poids et deux mesnrejjiW-^^ d'être, même à son insu, entraîné par ses préjugés. J^^ ^^
Nous nous proposons de suivre le professeur de Cambr ^^ ^
le terrain où il s'est placé, et de mettre le lecteur à w^^^j^^^è" juger si les accusations qu'il porte contre la Bible mwiÇ
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fondées. Quels que soient nos doutes sur le point de savoir si Tétat présent d'une science qui n'est pas encore faite et admet tant de conjectures permet de résoudre pertinemment les questions soulevées par la discussion, nous n'hésiterons point à montrer par où les écrivains hostiles à l'Église méconnaissent les vraies conditions du problème et égarent les esprits. Ce n'est pas à dire que nous prétendions suivre, à l'égard de M. Godwin , une méthode différente de celle que nous avons jusqu'ici employée, et abandonner le rôle modeste de rapporteur; mais nous nous sommes réservé, dès le commencement, le droit de dire, en passant, un mot sur les opinions fausses et les excenlricités des organes de ÏÊglise large. Nous serons toujours l'historien sincère, mais nous ne pouvons ni ne devons dissimuler nos jugements motivés quoique sommaires.