‹ Une crise religieuse en AngleterreChapitre 13 sur 19 · EXPOSÉ DES FAITS APMIS AUJOURD'HUI PAR LES GÉOLOGUES · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DES FAITS APMIS AUJOURD'HUI PAR LES GÉOLOGUES

« Cette terre qui nous apparaît immobile, reposant sous une voûte d'azur, est un globe d'une grandeur relativement insignifiante, tour-

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nant avec vitesse sur lui-même et autour du soleil, centre de son mouvement annuel. Le soleil, qui semble traverser chaque jour l'espace d'orient en occident, est néanmoins, relativement à notre terre, presque immobile. Son volume et son poids surpassent immensément le volume et le poids de notre globe. La lune, beaucoup plus petite que la terre, est entraînée avec elle autour du soleil, n'ayant aucune lumière par elle-même. Ces belles planètes qui changent continuelment de position dans le ciel et qui brillent d'un si doux éclat sont des corps tantôt plus grands, tantôt plus petits que la terre ; et, comme celles-ci, elles accomplissent leurs évolutions autour du soleil. C'est la réflexion de ses rayons qui nous les rend visibles. Le télescope nous a révélé le fait que plusieurs de ces planètes sont accompagnées de lunes qui leur servent de satellites. Outre celles que nos yeux aperçoivent, il y en a d'autres qui appartiennent à la môme famille et roulent autour du soleil . Quant à cette poussière lumineuse semée dans l'azur du ciel, ily a des raisons de croire que chacun de ses éléments est un corps lumineux par lui-même, peut-être de matière semblable au soleil ; et le plus proche d'entre eux est à une incalculable distance denous. Le plus petit serait d*une énorme grandeur comparativement à notre humble globe. C'est ainsi que la science a établi précisément le contraire de ce que nos yeux semblaient d'abord nous révéler. Ces cormaissances sont devenues si vulgaires, que nous sommes tentés d'oublier qu'autrefois le genre humain voyait les choses tout différemment, et qu'il y a peu de siècles encore ces vérités astronomiques révoltaient nos pères. Si maintenant, détachant notre pensée des immensités de l'espace, nous fixons notre regard sur le globe obscur que nous habitons, la première question que nous nous adressons est de savoir s'il a toujours existé dans les mêmes conditions et quels sont les divers états qu'il a traversés. La géologie a retrouvé l'histoire de l'enveloppe terrestre jusqu'à une époque fort éloignée. Au delà, la philosophiez est réduite aux conjectures. C'est au désir de percer les mystères du globe antéhistorique qu'appartiennent les hypothèses faites sur la formation première de la terre et des autres planètes. On suppose qu'elles sont une condensation de matières nébuleuses, formant aussi le noyau solaire. Les premières notions que ia science nous offre avec certitude ne vont point jusque-là. La terre a dû être d'abord un globe de matière fluide, ténue, liquéfiée par une forte chaleur, roulant sur son axe et accomplissant une évolution autour du soleil. Personne ne peut dire combien de temps a duré cet état de la terre. On peut croire qu'il a fallu bien du temps pour que la surface du globe se refroidît et devînt susceptible de porter des êtres organisés. L'eau qui couvre maintenant une large portion de la terre ne doit avoir formé primitivement qu'une

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vapeur épaisse enveloppant notre planète de sombres brouillards. Quand sa surface fut refroidie et permit aux eaux de se condenser et de descendre, alors commença la formation des roches sédimentaires. Les torrents et les rivières , se précipitant dans leur cours impétueux , aplanirent les scories, en détachèrent les rugosités moins adhérentes, les roulèrent en galets et en sable dans les lieux bas. Nous ne savons s'il y eut des êtres organisés contemporains de cette époque. La haute température qui présida à la formation des roches en a fait disparaître les traces, si tant est que ces êtres existassent. Il est impossible de déterminer la durée de ce premier travail de la nature. C'est dans les couches qui couvrent les roches primitives que nous trouvons les premières traces de l'organisme vivant.

« Dans les terrains appelés siluriens s'offrent au regard des sédiments de différentes sortes, s'élevant à une hauteur de plusieurs milliers de pieds dans lesquels on trouve beaucoup de débris d'animaux. Ces sédiments se formaient au sein des eaux; et les débris qu'on y trouve conservés appartiennent exclusivement aux espèces marines, aux mollusques, aux articulés, aux radiés. Ce sont des espèces analogues à celles qui existent aujourd'hui. Cependant les naturalistes n'admettent pas généralement que les crustacés actuels proviennent des premiers par voie de génération, à moins que le temps ne détermine à la longue et par des causes inconnues la transformation des espèces, hypothèse généralement rejetée. On trouve aussi, parmi ces débris d'animaux, des plantes marines, des fucus, des varechs, qui forment, comme on sait, le dernier degré du monde végétal. Il est difficile, dans l'état présent de la science, d'asseoir sur ces données des hypothèses bien justifiées.

« Dans la partie supérieure des terrains siluriens apparaît le commencement de la race des poissons qui forment, aux yeux de la science, le dernier degré des animaux vertébrés ; ces poissons sont fort nombreux. Il en est de revêtus d'une carapace qui les enveloppait comme d'une cotte de mailles indestructible ; ils ont dû être la terreur des mers qu'ils habitaient.

« Viennent ensuite les terrains carbonifères contenant les restes d'une végétation gigantesque et luxuriante ; alors apparaissent les débris des reptiles et des insectes. Les géologues, arrivés à cet endroit de l'histoire de notre globe, confondent sous un même nom, celui de paléontologie, l'étude des êtres dont nous avons parlé.

« Nous arrivons aux terrains calcaires ou crétacés. Les débris fossiles renfermés dans ces sédiments offrent au regard des animaux étranges. Ils sont de taille gigantesque, moitié crapauds, moitié lézards, se mouvant par sauts, et ayant laissé les traces de leurs pieds sur le sol

des mers qu ils fréquentaient. Les eaux abondaient en monstres moitié poissons, moitié crocodiles. Ce sont les sauriens, dont les os ont été recueillis en grande abondance. L'air avait aussi ses habitants, ressemblant aux premiers, moitié lézards, moitié vampires, munis d'appendices membraneux qui leur permettaient de voler; c'est aussi à cette période qu'apparaissent les oiseaux proprement dits. Un peu plus tard se montrent les mammifères, mais ceux de la classe la plus inférieure, les marsupiaux, animaux qui, selon les naturalistes, ont des afiînilés avec les ovipares. Les plantes appartenaient aux classes inférieures des végétaux, mais elles étaient gigantesques et luxuriantes.

« Nous arrivons aux terrains tertiaires, dans lesquels se montrent enfin les mammifères supérieurs. Ils appartiennent à la classe la plus élevée. Le type animal se rapproche de plus en plus du type du monde présent.

«Cet état de choses dura de longs siècles; et la terre était principalement peuplée de mastodontes, d'éléphants, de rhinocéros, aux proportions colossales, espèces qui ont disparu. On a trouvé leurs débris sous les glaces du Nord. Ces animaux semblent avoir habité des pays où leurs congénères d'aujourd'hui, plus délicats, ne pourraient plus vivre. Pendant ce temps, le bœuf, le cheval, le daim et autres animaux destinés au service de l'homme, se multipliaient sur le continent.

« Enfin, l'arrivée de l'homme peut être considérée comme l'inauguration d'une nouvelle époque, l'époque présente, pendant laquelle les conditions de l'existence n'ont pas dû être bien différentes de celles d'aujourd'hui. Les races d'êtres organiques qui ont peuplé la surface du globe ont disparu de temps en temps et ont été remplacées par d'autres, introduites on ne sait par quel moyen, mais évidemment suivant des lois déterminées, et avec un progrès constant dans la perfection et la délicatesse de leur organisme, jusqu'à la venue de l'homme, qui couronne la création. Géologiquement parlant, les circonstances de l'apparition de l'homme sont obscures. On a cherché à éclaircir, par la science, l'origine de l'homme, mais il reste beaucoup à faire. L'histoire et la tradition n'apportent que peu de lumières. La race humaine a oublié ses origines, et le vide laissé par cette absence de souvenirs a été rempli par l'imagination et non par des faits restés dans la mémoire. Ce que personne ne peut contester, c'est que le temps pendant lequel les animaux sans raison ont habité la terre est infiniment plus considérable que celui qui s'est écoulé depuis que l'homme a pris possession de noire globe. »

— Les faits cités par M. Godwin sont admis à peu près tels qu'il les raconte par le grand nombre des naturalistes et des géologues. Nous ne répugnons point à les accepter tantôt comme des faits certains,

tantôt comme des conjectures plausibles. Mais les excentricilés du professeur commencent dès Tinstant où il prétend interpréter le récit de la création. C'est donc moins le naturaliste que nous attaquerons dans M. Godwin que Texégète.

Donnons-lui de nouveau d'abord la paroîe.

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