‹ Une Curieuse Figure Du PasséChapitre 11 sur 17 · CET · texte numérisé non relu

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yeux ! Un vieillard de quatre-vingt-deux ans (1), la tête nue et chauve, de profondes rides sillonnant son visage, le corps courbé et amaigri, l’homme qui avait condamné à mort la reine de France, le même qui avait envoyé son ami Danton à l’échafaud, dansant, sautant, pirouettant dans mon cabinet, en tenant dans ses deux mains des instruments pour l'opération de la taille et dans ses poches d'énormes boîtes remplies de calculs. Oui, il y a des choses dont l’histoire ne tient pas compte, et qui ont pourtant un cachet particulier sur les hommes, les idées ou les mœurs d’une époque. Et puis on ne sait pas jusqu’à quel niveau peut descendre le triste comique de la vie actuelle. Souberbielle en fut néanmoins pour ses frais de gymnastique; l’Académie ne le nomma point; mais de ma vie je n’oublierai un tel candidat et les moyens qu'il fit valoir (2) ».

Cet échec ne rebuta pas Souberbielle. Après avoir, le 16

septembre 1834, présenté, comme on l’a vu, ses cinquante dernières observations sur l’opération de la taille à l’Académie

fit à nouveau acte de candidature le 27 octobre suivant Je pense, écrivait-il, qu’il est inutile d’énumérer les titres que je puis avoir à cette distinction; ils sunt connus de l’Académie... Je rappellerai seulement à Académie le dernier travail que je lui ai communiqué. J'espère être cette fois plus heureux que je n'ai été précédemment et comme les deux spéciaïités pour l'extraction de la pierre de la vessie se présentent dans ce concours et aœue j’Académie connaît les résultats comparés de la taille et de la ‘ithotri-

(1) Souberbielle n'en avait que soixante dix-sept. (2) Gazette Médicale de Paris, 1850.

« tie, je m'en rapporte avec confiance à ses lumières et à sa « loyauté ».

Le 24 novembre, il adresse cette iettre à l’Académie : « .... Mon titre principal se rapporte à l'opération de 'a taille « et je crois avoir bien mérité de la science e, de l’humanité «-en préconisant comme je l'ai fait le haut appareil, et en « soutenant qu'1 devait être employé comme méthode géné- « rale... et je crois pouvoir dire avec orgueil que si aujour- « d’hui, cnfin, l'attention de chirurgiens se fixe de nouveau « sur cet:e importante opération, c’est peut-être à cette per- « sévérance qu'il faut faire honneur... J'espère que l’Acadé- « mie n’a point oublié les nombreuses communications que « je lui ai faites... » Il rappelle avoir employé n moven pour reconnaître la pierre chez plusieurs malades chez qui on n'avait pu constater son existence par le cathétérisme, notamment en 1817 chez M. de Valville, administrateur de l'Hôtel des Invalides, inutilement sondé par Dubois et Yvan; il avait pratiqué l’amputation de la verge pour un cancer des corps caverneux chez un malade précédemment opéré par Dubois. Enfin, résumant ses titres, il fait valoir ses communications et toutes les améliorations qu'il avait apportées à la taille hypogastrique. II termine ainsi : « Par- « lerai-je de mes fonctions publiques ? En 1780, :je fus « porté comme chirurgien-major sur le contrôle des vain- « queurs de la Bastille. En 1792, je fus nommé chirurgien- « major dé la 35° division de gendarmerie nationale. En 1703, « j'ai été nommé officier de santé des prisons, et c’est à ce « titre que je fus appelé à donner des soins à la Reine. En « 1794, je fus nommé, par le comité de salut public, officier « de santé-en chef de l'Ecole de Mars, et j'ai publié une note

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