‹ Une de perdue, deux de trouvée [microforme]Chapitre 2 sur 72 · AT EME RES MER ES DES GAS EE QE PRIS V9: MRAT EE US · texte numérisé non relu

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DEUX DE TROUVÉES. 19 Fa

1 ; fille ce matin ; vous lui avez fait les gros yeux, et Pa s'apercevant qu'elle avait fait une bêtise, elle a voulu | qui la réparer par une plus grosse encore. Et cette jeune a fille a aussi laissé l'empreinte de son soulier auprès A ut de l’embarcation ; celle-là aussi, vous eéussiez bien ÿ in, voulu l’effacer, mais vous n’en avez pas eu le témps. fl Tenez, père, soyez franc, dites-nous les choses telles est qu'elles sont, si vous ne voulez pas vous faire une ‘ que vilaine affaire. 4 | —Comment ! une vilaine affaire ! Lu r'. K.. 1 —Qui, une vilaine affaire ! Ecoutez : ces deux ; ur | hommes qui sont venus ce matin sont deux erimi- ! nels, et la jeune fille est la victime de leur plus crique minel enlèvement ! Comprenez-vous maintenant ? ane à Savez-vous que si vous persistez à cacher leur fuite, BE nous croirons que vous êtes leur complice ; tandis 4 pas qu'au contraire si vous nous dites la vérité, nous # ent | croirons tout naturellement que vous avez été payé 4 ar, pour ne rien dire et que vous l’avez promis, sans *à | savoir qui ils étaient. Entendez-vous ? 17 hdit à Le vieux Laté se sentit dans une mauvaise passe, A Lez, D et il crut qu'il valait mieux pour lui d'avouer, D que | croyant Cabrera hors de danger, que de nier et de que passer pour complice. k —Eh! bien, ditil, avec une répugnance marqüée, LT HEN c'est vrai: ilest venu ce matin deux messieurs et . une jeune femme, qui se sont écartés cette nuit dans xd avez le bois. Els ont acheté une de mes embarcations et Ty M m'ont fait promettre de ne pas dire qu'ils étaient ne : venus. Mais je vous assure que je ne savais pas qui :

ils étaient ; je ne le leur ai pas demandé, car ce n’était pas de mes affaires. .

—Comment était habillée la jeune fille ?'

—Je ne sais pas si c'était une fille ou une femme,

mais elle avait une robe à raies bleus, un chapeau L de paille, avec un voile vert. L —C'est ma fille! ma Sara! s'écria Sir Arthur. li Partons, M. Lauriot. À —À quelle heure sont-ils partis ? continua Lauriot. a | —Vers le lever du soleil. h | Quelle espèce d'embarcation ont:ls pris ? d —Mon grand canot, car je n'avais à la côte que ce canot et mon grand esquif. d | LS —Partons ! partons ! répéta Sir Arthur. Ils ont c bien de l'avance sur nous. q —Mangeons d'abord comme il faut, Sir Arthur; q car nous aurons à faire route toute la nuit et une | : partie de la journée demain, sans manger. ci | Le reste du repas fut pris en silence; chacun seutant l'importance de l'avis de Lauriot. “+ Quand ils eurent pris un bon repas, Lauriot leur . dit:

—Maintenant, mes amis, chargez vos carabines ; L EX mais ayez soin de ne pas mettre de capsules, en cas ar d'accident. di Pendant que ces hommes chargeaient avec précau- le tion leurs armes à feu, Tom, qui était sorti pour examiner les embarcations, rentra tout effaré en à | criant : “ Les pirogues sont disparues ! ” | 4 à | ‘ie .Malédiction ! Si vous ne nous dites pas où elles à qu [7 sont, s'écria Lauriot en saisissant le vieux Laté au de NI | HAE collet, je vous mène en prison comme complice de se | ceux que nous poursuivons. Le: mé | —Où est la vieille ? où est la vieille ? crièrent | ex plusieurs voix à la fois, À po

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—Oui, c'est elle, la vieille mau”îite, qui a enlevé les embarcations ! s’écria Tom; je l'ai vue sortir de la cabane, au moment où nous nous mettions à table.

—Holà! mes gens, apportez-moi une corde, une ceinture, quelque chose, pour que j'attache cet homme, pendant que nous allons aller à la recherche des pirogues.

Trim avait couru au Peyou et ayant trempé sa. main dans l’eau du bayou pour £’assurer de la direction du courant, rentra bientôt dans la cabane. Sir Arthur, qui l'avait observé, lui demanda ce qu'il pensait qu'il y eut de mieux à faire :

— Voici ce que moué penser; la marée y li baissé, courant très £ort, moué croyé piroqües gagné par en bas. Moué sûr le vieille femme pas capable pou mené li contre courant ; si vieille femme emmené li, l’été par en bas. Il été bon préné torches allumées et couri le long du bayou, peut-être nous trouvé li.

—Voici ce que vous allez faire, mes gens, cria Lauriot äprès avoir écouté le rapport de Trim ; armez vos carabines et tirez à fleur d’eau dans la direction du courant ; tirez aussi à travers les joncs le long du bord de l'eau, à demie hauteur d'homme,

Tom et Trim allumèrent à la cheminée deux paquets de lattes de cyprès, et ils s’élancèrent dans la direction du bas du bayou, en agitant leurs torches, qui répandaient une grande lueur sur les saux et au dessus des joncs. Au même instant la décharge de sept à huit carabines, vint assurer le vieux Laté que les ordres de Lauriot étaient sérieusement mis à exécution. Comme il ne savait pas au juste, où pouvait se trouver sa femme en ce EE mn.

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tt peur qu’elle ne fut atteinte par les balles si elle était Ho allée, comme il avait toute raison de le croire, le long {< du bayou pour amarrer les pirogues au fond de ( l'étang, formé par l’un des coudes du bayou, et dans M. lequel un remou entraînait toujours les pirogues, chaque fois que, par accident ou autrement, elles étaient détachées du rivage. Ces réflexions, jointes à la menace de Lauriot de le faire prisonnier, le déter. minèrent à découvrir où devaient se trouver les embarcations.

Ajoutons ici néanmoins, afin de ne pas laisser le lecteur sous l'impression que Lauriot aurait voulu exposer ainsi sans raison la vie de la femme du vieux Laté, qui pouvait n'être pas coupable de com-

ja, plicité, qu’il avait recommandé tout bas à Sir Arthur, | HE de faire tirer en l'air. Le vieux Laté, qui ignorait EVE

cette recommandation, avait véritablement cru que le feu était dirigé de manière à frapper toute personne qui pourrait se trouver soit sur les bords dû bayou ou dans quelqu’embarcation sur l'eau ; et il était dans de cruelles transes, s’attendant, après la mn décharge, à quelque tragique évènement.

Da —Mais vous n'êtes pas sérieux, monsieur, sûrear ment ! Savez-vous que si vous n’arrêtez pas vos gens, vous vous exposez à tuer ma femme, qui sera peutêtre allé voir si elle ne trouverait pas les embarca- | tions que le courant a peut-être détachées du rivage ! surp Comment, vieux coquin, vous dites cela comme

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si vous vouliez me faire croire que vous ignoriez faits qu’elles fussent ou dussent être mises hors de notre 1 on pirok

pouvoir l=Votre empressement à nous faire soupar - s'explique assez maintenant, :

| a uses je ne vous comprends pas, mon-

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(teur; mais, si vous voulez dire à vos gens de ne pus tirer et si vous me relâchez, je vous aiderai à chercher les embarcations.

Lauriot, qui sentait qu'il n'y avait pas à perdre un temps précieux dans une recherche peut-être infructueuse, détacha le vieux Laté, et ayant crié à ses gens de les attendre, il se fit précéder par le pêcheur, qui, après bien des tours et des détours, finit enfin par les mener à l'endroit où les eaux du bayou formaient un assez grand remou avant de se diviser, une partie pour se jeter dans une espèce de petit lac ou d'étang,

et l’autre pour reprendre son cours vers la mer.

—Je ne serais pas surpris, dit-il enfin, que ce remou aurait entraîné we embarcations dans cet étang.

—Oui! oui! cria Trim, qui tenait toujours sa torche allumée au-dessus de sa tête, moué voyé piroques là bas et vieille femme itou !

En effet, la vieille, qui savait l'endroit où le courant porterait les embarcations, s’y était rendue et cherchait à les tirer dans les joncs, afin dé les cacher aux régards, si les recherches se portaient jusque-là ; mais avant qu'elle eut pu accomplir son dessein, dde l'avait aperçue.

—Je vous le disais bien, qüs je “’aurais pas été surpris que ma vieille serait allé pour les chercher, dit le vieux Laté en effectant un ton et un air satisfaits ; si l’on‘eut attendu encore quelques minutes, on

Fa l'aurait vu arriver à " cabane avec une ou deux des pirôgues. |

Vieux canard, lui répondit Lauriot en riant, vous feriez mieux de ne rien dire, car on ne vous

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croit pas. Les embarcations sont. trouvées, c’est le principal. + ,

Quelques instants après, Trim et quelques hommes qui avaient fait le tour de l'étang, arrivaient avec les

trois pirogues, au fond desquelles ils avaient trouvé deux avirons. Ils ne furent pas longtemps à attendre 0 | 1 Tom, qui revenait de la cabane, portant d'une main ; le sac aux vivres et de l’autre une dizaine d’avirons, | qu’il avait trouvées près d’une talle de framboisiers à quelques pas de ;a cabane ; il apportait aussi une large bombe pour bouillir l’eau et quelques écuelles | de ferblanc. ri ; Lauriot, en voyant tout ce que Tom apportait, ne L | put s'empêcher de rire de sa prévoyance, et s’appro- . chant du vieux Laié, il lui dit en lui frappant amica- à he lement sur l'épaule : po q | | —Vous n’avez pas d'ok'ection de nous prêter tout SN , ça, nous vous rapporierc % tout, et nous payerons 1 . par-dessus le marché.

—ÆEmportez, répondit le vieux, emportez, je ne | demande pas de payement. : :

| —A la bonne heure! C’est parler comme il faut au moins Ça. | nn” —Tenez, dit Sir Arthur en'lui mettant un billet de À re s | | cinq piastres dans les mains, prenez toujours ceci en EL | | attendant. | Be Deux des pirogues étaient assez grandes pour con- ‘ mn | : tenir cinq à six personnes chacune; la troisième D po était longue, étroite et très basse des bords, extrême- de . ment légère, ronde par dessous, ce qui la rendait To très versante, mais admirablement construite pour e la course dans des eaux calmes; elle aurait pu con- qu

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tenir trois personnes au besoin, quoiqu'il n’y eut que deux siéges.

—Tom, vous allez embarquer avec Trim dans cette petite pirogue,'et vous battrez la marche, dit Lauriot; et vous, Sir Arthur, préférez-vous embarquer avec moi dans celle-ci, ou bien prendre le commandement de l’autre.

—Je prendrai l’autre.

—(Comme vous voudrez.

Aussitôt qu’ils eurent embarqué les provisions et arrangé les armes, de manière à ce qu’elles ne fussent pas exposées à être mouillées, Lauriot prit le gouvernail d’une des pirogues dans laquelle il fit embarquer quatre de ses gens, et les quatre autres se mirent avec Sir Arthur. Tom et Trim attendaient que les autres fussent prêts ; Tom était au gouvernail, et Trim à l'avant. ù

—Au large! cria Lauriot.

Les trois embarcations partirent à la fois, Trim prenant les devants, Lauriot à sa suite et Si Arthur par derrière.

Ils nagèrent vigoureusement pendant plusieurs heures, gardant le plus profond silence, sans rien rencontrer qui put fixer leur attention. Vers les trois heures du matin ils débouchèrent dans le lac Barataria. La nuit, sans être très sombre, ne permettait pas néanmoins de distinguer los longues pointes qui s’avançaient dans le lac, et qu'il s'agissait de couper, afin d'éviter le long circuit des baies. Tom cessa de nager pour donner le temps aux autres embarcations d'arriver, afin de se consulter sur ce qu'il y avait de mieux à faire,

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—Qu'est-ce qu'il y a, demanda Lauriot à voix basse, en arrivant tranquillement près de la pirogue où était Tom ? Avez-vous vu quelque chose ?

— Non, répondit Tom ; mais mous ne savons pas si nous devons faire le tour des baies ou bien piuer droit.

—Qu'en pensez-vous, Sir Arthur, ferions-nous mieux de traverser ou de côtoyer le bord des isncs ?

—Je n’en sais rien, qu’en dis-tu, Trim ?

—Trim regarda le ciel quelques instants.

—Moué sé pas; nuages caché étoiles, pas sûr si vient vent; si couri le long du bord, beancoup temps perdu, beaucoup chemin pou rien. Moué pensé pi-être il été mieux pour campé ici, dormi un peu, pis mangé un peu, pou partir au jour.

—Croistu que nous aurons du vent demain ?

demanda Lauriot.

—-S6 pas, mais cré pas.

—À terre;mes gens! nous allons toujours fumer un cigare, et nous reposer quelques instants, dit Lauriot, en poussant sa pirogue sur une pointe de sable, que la marée avait laissée à sec Tout le monde fut bientôt autour d’un bon feu que Trim alluma.

—Tu fais trop de feu, Trim, lui dit un des hommes, ça jettera une trop graude flamme.

—Qué ça fait Vous chauffé li mieux, y a pas

danger pour flamme été voyée ; la pointe caché li. .

Après avoir fumé quelque temps, plusieurs se disposèrent pour dormir; et Lauriot, après avoir nommé les hommes qui devaient faire ia sentinelle et se relever d'heure en heure avec ordre de réveiller

tout le monde à la première lueur de l'aurore, alla

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é se jeter dans une des pirogues pour se livrer au 1e - sommeil, dont il commençait à sentir le besoin. ; | Le silence de la nuit n’était interrompu que par le sl ronflement sonore des dormeurs, entre lesquels se er distinguait principalement le gros Tom qui, étendu ; sur le dos les pieds vers le feu, avait été un des us premiers à profiter de l’occasion. De temps en temps 8? on entendait bien le bruit que faisait quelque caiman en plongeant! parfois, le croassement de quelque | wawaron solitaire venait ajouter son puissant accom- ! 8 pagnement à l’harmonieuse mélodie des ronfleurs. aps à Le temps du sommeil s'était écoulé avec rapidité, nsé et Trim avait été éveillé pour faire sentinelle durant eu, la dérnière heure. Il avait commencé pi: jeter | ‘ quelque bois sec sur le feu pour l’attiser, afin de : in ? réchauffer ses membres que le sommeil et la frat- | cheur humide de l'atmosphère avaient engourdis. Après s'être chauffé quelque temps, il alla se laver la mer tête et la figure et revint s'asseoir auprès du feu. IL dit tira de la poche de sa vareuse une vieille pipe culottée inte et une torquette de tabac de la Virginie. Après avoir t le D) haché son tabac avec précaution et l’avoir frotté dans r1m ses mains, il en chargea sa pipe, avec une satisfaction qui se peignait dans son gros œil blanc, qu’il . es, clignait, et sur ses lèvres qui souriaient. Il piqua un tison avec la pointe de son couteau et alluma sa pas D pipe, s’enveloppant littéralement dans un. nuage de AL. . fumée.

se —Ah! ilété bon fumer son petit la pipe, quand voir il été froid comme à c’l’heure ! dit-il, en tisonnant le telle feu ; sé pas si l'été plus froid qu’ça au Cana, Cana, ÿ iller À Canda, sé pas comment il appelé c'pays y où mon ”

alla D maître y va l'allée, y disé moué y va gelé! s6 pas si

moué va gelé, mais sé ben moué y va l'allée avec mon piti maître.

Trim, tout en tirant d'immenses bouffées de sa pipe, se préoccupait vivement du voyage que son maitre lui avait dit qu'il devait faire au Canada ; et ce qui l'occupait par dessus toute chose c'était de savoir jusqu’à quel point il y faisait froid. Soit que le sujet qui occupait son esprit lui fit vraiment croire qu’il se trouvait actuellement au milieu des glaces, ou q'ie le temps fut réellement assez froid, toujours estil qu’il était assis presque dans le feu, dans lequel il : | avait jeté une énorme quantité de bois sec. Le feu devint bientôt si intense que Tom, dont les pieds |

.. nus se trouvaient près du brasier, commença à en l sentir l'influence. Son ronflement avait cessé, ilse ES | frotta les pieds les uns sur les autres, sans toutefois il se réveiller. L'action trop directe de la chaleur sur la plante de ses pieds le réveilla bientôt néanmoins. —Quelle est cette f...bête, qui veut nous rôtir tout en vie, avec ce feu d’enfer là? grommela:t-il en se mettant sur son séant. Tiens, Trim, c’est toi ! je ne te croyais pas si bête !

—AÀ ti trop chaud ?

— Belle demande! quand il nous brûle les pieds! Tu feras bien mieux de faire bouillir l’eau pour le café, quand on se lèvera ; car je pense qu’il va bientôt faire jour. En attendant, je vais encore continuer mon somme. ae Et il alla sé coucher un peu plus loin du feu. Trim ne s'était nullement formalisé de l'apostrophe de Tom; au contraire il s'était mis à rire à l’idée que son ami avait eu trop chaud, tandis que lui avait froid. T1 mit le canard au feu, et anssitôt que

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