‹ Une de perdue, deux de trouvée [microforme]Chapitre 3 sur 72 · LIT TT LE · texte numérisé non relu

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DEUX DE TROUVÉES. 29 + à C l’eau eut bouilli, il prépara le café dans une espèce 10 ; : de chaudière de ferblanc. Après avoir arrangé les 14 >; provisions, il crut qu'il était temps de réveiller les * e gens, s'ils voulaient être prêts à partir au point du fi | jour.

ir Ed Is furent bientôt tous sur pieds, et ayant pris un et bon zepas et après avoir allumé leurs cigares, ils se il rembarquèrent tous dans l’ordre qu’ils avaient suivi ju | Ja veille.

t- Le jour était assez avancé pour permettre à Trim il * de distinguer les différentes pointes qu'il devait cou- AU | per, pour éviter les nombreuses dentelures du lac. ds l [ls nagèrent ainsi toute la journée; sans avoir rien nt M rencontré, qui put leur donner aucun indice du ; se M7 passage de Cabrera; ne s'arrêtant que pour manger \ is | à la hâte un peu de provisions et boire le café, cette ur indispensable liqueur de tout repas à la Louisiane. 8. A mesure que le soleil baissait dans l'occident, ut L Lauriot devenait de plus en e@lus pensif. Ils avaient se déjà marché presqu’un jour et une nuit et il n’y ne 5 avait pas encore de signes qu’ils approchassent de la

baie Barataria, du fond de laquelle il y avait au moins une trentaine de milles avant d’arriver à la

ls! Grande Ile, où il était probable que Cabrera s'était le rendu. De temps en temps Lauriot secouait la tête, sf d’un air de désappointement. Trim et Tom gardaient er toujours leur distance, à cinq à six arpents en avant,

poursuivant leur route tout droit sans êlre arrêtés un seul instant par les nombreux bayôus perdus, qui he se croisaient en lous sens. Seulement, quand un bayou un peu large croisait leur route, Trim, sans cesser de nager, jetait un coup d'œil rapide sur:la pointe que formait leur embranchement, pour voir

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s’il n’y apercevrait pas quelques signes de débarque ment, puis ayant plongé sa main à l’eau pour mesurer la rapidité du courantet s'assurer de la direction de la plus grande masse d’eau, il se mettait à nager avec une nouvelle vigueur.

Tom ne faisait jamais de question à ‘Trim, tant il était assuré de sa parfaite connaissance des prairies ; | mais Lauriot, qui n'avait pas une confiance aussi | | grande en Trim, commanda à ses gens de modérer

un peu pour donner le temps à la pirogue de Sir Arthur d'arriver.

—Que pensez-vous de Trim, Sir Arthur, lui dit-il quand son embarcation arriva à côté de la sienne ; EL + je commence à craindre qu’il n'ait manqué la route. Fa

{Quant à la route, je ne puis rien en dire, mais je ne crois pas que Trim se trompe ; s’il n'était pas sûr, il nous l’aurait dit, et serait arrèté pour vous consulter. D'ailleurs le capitaine de St. Luc m'a dit que je pouvais me reposer egtièrement sur Trim pour les

prairies. | È (C'est bien bon tout ça, répondit Lauriot, mais | regardez le soleil, il n’a pas plus qu’une demie-heure | Pi

de haut, et nous ne sommes pas encore arrivés à la

baie. Savez-vous que de la baie à la Grande Ile il y re

a près d’une trentaine de milles. Nous ne pouvons ”

pas y arriver avant demain au grand jour. el

—Ce serait un grand malheur, sans doute ; car de

pour bien faire il aurait fallu arriver de nuit, avant en la nuit même s’il eut été possible. Mais regardez de

donc, il me semble qu'ils ont fait un signal. à

Trim en effet agitait son aviron de droite à gauche bi

au-dessus de sa tête, tandis que Tom dirigeait À si

grands coups de pagaie sa pirogue, qui bientôt

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disparut dans les grands joncs qui bordaient le bayou.

1 Vite, vite, Sir Arthur, allez vous cacher de ce côté-là, tandis que je vais enfoncer ma pirogue dans les joncs de ce côté-ci.

1 Ils eurent à peine le temps de se mettre à l'abri ; des joncs, qu’ils entendirent distinctement le bruit 11 | cadencé des rames sur les tolets d’un esquif, qui ne r tarda pas à détourner le coude que faisait le bayou, r M à quelques arpents au-delà de l’endroit où Tom s’était caché. Il y avait cinq personnes dans cet esquif, en il ‘ cheise de coton blanc, qui chantaient les mots d'une ; chanson, alors assez en vogue :

Nous n’irons plus ensemble Voir l’Equateur en feu,

r, Mexique où le sol tremble, Et l'Espagne au ciel bleu.

Ils passèrent sans apercevoir la pirogue de Tom ; : quand ils eurent avancé encore deux à trois arpents, Lauriot, qui avait donné à ses gens l’ordre de se tenir prêts, fit signe à Sir Arthur de le suivre, et il poussa droit au devant de l’esquif, qu’ils approchèrent chacun de leur côté. L'œil exercé du chef de police n’eut pas de difficulté à reconnaitre à leur costume et à leur physionomie ouverte et joyeuse, que c'était des jeunes gens qui revenaient d’une partie de chasse et de pêche. Ils avaient tous des fusils de chassé à deux coups, avec leurs poires à poudre et leurs sacs à plomb; d’ailleurs la quantité de canards et de gibiers de toutes sortes dont leur esquif était rempli, annonçait assez qu'ils revenaient de la chasse et d’une assez heurause chasse encore,

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—Holà ! mes amis, cria l’un d'eux, d'un ton jovial, prenez donc garde ; on dirait que vous voulez nous prendre à l’abordage. Est-ce que par hasard nous aurions l’air de pirates d’eau douce ?

—Non, pas tout à fait, messieurs, répondit Lauriot en riant; mais nous voudrions savoir si nous avons encore loin pour arriver à la baie Barataria, et combien de lieues de là à la Grande Ile ?

. —La baie ? mais vous l’avez laissée à voire gauche;

il y a longtemps. Quant à la Grande Ile vous arrivez; avancez encore sept à huit arpents, et, quand vous aurez détourné la pointe où vous nous avef vus là-bas, vous aurez droit devant vous la Grande Ile, à trois milles au large.

—Quoi! si près, s'écria Lauriot.

—Mais oui! est-ce que vous ne connaissiez pas la

route ? et où allez-vous donc, si la question n'est pas

indiscrète ?

—AÀ la Grande Ile.

—Dans ce cas, adieu, et bonne santé ! nous aimons mieux que vous y alliez que nous.

— Comment ça ? demanda Sir Arthur.

—Parceque voyez-vous monsieur,répondit le jeune homme, il y a là une quinzaine de personnes, dont la société n'aurait pour nous aucun attrait pour le quart-d'heure.

*—Que voulez-vous dire ? reprit Lauriot.

—Ce qu'on veut dire, c'est qu’ils nous ont tous l'air de véritables forbans; armés jusqu'aux dents, et faisant entendre des jurements qui feraient peur au diable lui-même, s’il ne les avait inventés. —Vous nous surprenez, vraiment! mais encore

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qu'est-ce qui vous fait croire que ce sont des forus bans ?

us —D'abord, voici: Nous étions sur la Grande Ile nous-mêmes ce matin ; il y avait quatre à cinq de ces

ot hommes campés au bout de l’île. Vers deux heures

ns cette après midi, il est arrivé une pirogue, du fond

m- DU de la baie, dans laquelle il y avait deux hommes et une femme...

. —Une jeune fille ? s’écria Sir Arthur.

“à —Je ne sais, continua le jeune homme, mais tound jours est-il qu’elle avait l’air bien triste ! Elle pleurait, us et elle refusa absolument de manger.

" | Mais, pour revenir à nos gens, aussitôt qu'ils fu- : rent débarqués et qu’ils eurent échangé des poignées de mains avec ceux qui étaient à terre, ceux-ci his-. DU sèrent un pavillon blanc au-dessus de leur cabane. la | C'était un signal à un navire qui louvoyait dans le as | large. Peu de temps après, on distingua une chaloupe pleine d'hommes qui venait à terre ; elle était partie du navire, qui ne tarda pas à déferler toutes pns ses voiles les unes après les autres et à gagner vers la pleine mer. Savez-vous ce qui le faisait déguerpir ainsi ? ne —Non, non, répondirent plusieurs à la fois, exont " cités qu'ils étaient tous par le récit du jeune le homme.

—ÆEh bien ! nous ne le savions pas non plus; mais bientôt nous eûmes le mot de l'énigme dans l’apparipus | tion subite, au détour de la pointe pelée, d’un cutter ts, | américain.

—Un cutter ?

—Oui ! qui se mit de suite à ses oéses ! c'est ce qui nous a décidés à plier bagage, et à partir tam

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