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l'attaque avec calme. Son adversaire avança le premier et fit une féinte, puis un pas en arrière. St. Luc ne bougea pas, il voulait étudier son attaque et sa manière de parer. Celui-ci avança de nouveau, fit une feinte large de la gauche, pour provoquer une parade développée ; mais St. Luc devina l'intention, para serré ; puis au moment où le Dr. allongeait un coup à fond de la droite, il riposta vivement et frappa en plein visage. Le Dr. un peu étourdi, fit deux à trois pas en arrières
Dès ce moment St. Luc sentit que son ac versaire n'était point un homme de sa force, et qu'il le tenait à sa discrétion.
Au bout de deux à trois minutes, le Dr. revint à l'attaque, fort excité. St. Luc était parfaitement calme, il resta encore sur la défensive. Le Dr. avait soin de ne plus s’exposer en attaquant ; et St. Luc le laissait s’essoufler, par un jeu habile et serré. Le Dr. n'avait pas une seule fois atteint St. Luc. Il est vrai aussi que le Dr. n'avait reçu encore que deux coups de poing, le premier dans le visage et le second dans la poitrine.
L'excitation et l'intérêt étaient des plus vifs, mais personne ne parlait, ni ne faisait de démonstration qui pût gêner les combattants.
Deux nouveaux arrivés se tenaient debout dans la
porte.
Au bout d’une dizaine de minutes de feintes et de parades, de voltes et de contre-voltes, St. Luc, voyant que le Dr. était très essoufMlé, crut qu'il était temps de Jui donner une petite ieçon. D'abord il le presse, fait deux à trois feintes rapides puis lui allonge un coup de poing sur l'œil gauche. Le Dr. retraite ; St.
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Luc le presse, fait une feinte, puis se découvrant à
dessein, pare vivement une molle allonge de son adversaire et lui plante sur le front, un coup qui le fit caracoler, comme un homme ivre, jusqu’à la cloison, à laquelle il fut obligé de s'appuyer pour ne pas tomber.
—Assez, assez ! crièrent plusieurs voix, le Dr, est battu !
—By G..., no! cria le Dr. furieux, en jetant ses gants et s’avançant sur St. Luc, les poings fermés.
— Fair play ! Fair play ! cria un des nouveaux arrivésen s’ävançant vers le Dr. pour l’arrèter.
— Laissez faire, di, St, Luc, je vais lui apprendre à fausser les règles d’une lutte courtoise.
St, Luc garda ses gant:, parant avec calme les coups que son adversaire cherchait à lui porter avec ses poings nus. Ce dernier était blème de colère, de rage et de confusion de voir que St. Luc ne se dégantait pas. Celui-ci ne frappait plus ; il faisait des feintes et rompait afin d’obliger son adversaire à s'élancer. Le Dr. pensant que St. Luc ne rompait, que parce qu'il était intimidé, crut devoir profiter d'un moment où il s'était découvert, pour se jeter vivement en avant en afongeant un coup à fond. C'était le moment qu’attendait St. Luc; il fit une volte rapide à droite ; le Dr. perdit l'équilibre et-alla tomber à plat ventre sous la table.
—Enterré ! enterré ! crièrent à la fois les deux personnes arrivées les dernières, qui s'étaient tenues à l'entrée de la porte, et qui s'avancèrent alors vers Des-
Rivières en lui tendant la main. Faites-nous donc
le plaisir, lui direntils, de nous présenter. à votre ami.
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