‹ Une de perdue, deux de trouvée [microforme]Chapitre 57 sur 72 · C..... qui étaient cachés dans · texte numérisé non relu

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police arrivèrent à la partie du clos de bois, d’où l'on ” pouvait apercevoir le tas de tonne qui cachait la he

porte par où sortait M. Edouard.

—En voilà un, dit tout bas ün des. \ôr mes le. police à celui qui était près de lui, fai en même

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—Attendons-le, ici, derrière cette pile de planches ; si nous nous montrons il se sauvera, et donnera l'a larme aux autres. Il faudra le baillonner, pour qu'il ne crie pas.

Chut ! le voici; écoutez, il parle à quelqu'un.

M. Edouard ne parlait à personne, mais il. jurait à voix basse que les Daubreville le lui paieraient. Les os lui faisaient mal, il marchait comme #il eut été sur des charbons, ne s’attendant certainement pas à tomber entre les mains des hommes de police * qui le saisirent, le baillonnèrent, et lui jetèrent pardessus la tête les basques de sa redingote, qu'ils lui attachèrent ensuite autour du col, au risque de l'6touffer. Deux hommes de police le prirent par le bras, chacun d’un côté et le conduisirent à la station, au milieu des huées d’une foule, devenant de plus en plus considérable à mesure qu’il epprochall de la station. Le bruit s'était répandu qu’un des chefs rebelles était pris ; et malgré les efforts des quatre hommes de police qui cherchaient à le protéger, plusieurs lui donnaient des coups dans les côtes avec le bout

de leurs cannes.

. Enfin it arriva à la Station où il espérait être mis en liberté, aussitôt qu’il serait reconnu; mais malheureusement pour lui, que le volontaire, son ami, quine l'avait pas reconnu lors de son arrestation, pour la bonne raison qu'aussitôt arrivé au clos de bois il s'était confortablement assis dans la neige, le ‘dos accoté à une pile de planches, où il s’était endormi, n’était pas là pour l'identifier. Le chef de la sta- | tion n'était pas là, non plus; et ceux qui s'y trou-

väient n’osaient prendre sur eux de lé relâcher, quoi: Fe quil s'aperçussent bien qu'il ne devait pas être un

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de ces chefs formidables, pour l'arrestation desquels le gouvernement avait offert une récompense.

—Vous ne pouvez pas me garder, disait-il, je ne suis pas un rebelle, je suis M. Edouard. C'est une trompe, une affreuse trompe !

—Quel est votre nom ? lui demanda celui qui commandait à la station en l'absence du sergent de police.

—Je vous le répète encore une fois, monsieur Edouard,

—Quel est votre profession ?

—Je vis de mes rentes.

—Marchand ? où demeurez-vous ?

—Pas marchand ; rentier. Je demeure rue Notre: Dame.

—Numéro.

—[l n'y a pas de Numéro à la maison.

—Mais, monsieur, que faalez-vous donc pee que l’on vous ait pris ainsi ?

Je vous le répète, c'est une trompe, une affreuse trompe. |

Où vous êtes-vous ainsi tout mouillé et tout barbouillé ?

—Ce sont ces gredins de Daubreville, qui m'ont. mis dans cet état! C'est assez pour me faire attraper un rhume à en crever. Ah1 les gredins, ils me le paieront. Ce n’est pas tout, iis m'ont roué de coups, : ils m'ont meurtri, ils m'ont déchiré mes habits. Ah! les gredins ; je le répète, ils me le paieront ! |

—Relâchez-moi de suite, vous voyez bien que je suis tout trempé, et que je vais attraper un rhume affreux si je ne change pas de vêtements.

—[Impossible. Attendez quelques instants.

Le pauvre M. Edouard, malgré toutes ses protestations et sollicitations, fut obligé de rester à la station de police plus de trois quarts d'heure. Enfin l’arrivée du sergent de police, qui le connaissait, vint mettre fin # son emprisonnement.

—Je suis fâché*M. Edouard, lui dit-il, que vous ayiez été l’objet d’une grande méprise.

—Une grande méprise, oh ! oui, et une grosse! Votre police, monsieur, est bien brutale et bisn bête ; c'est tout ce que je puis en dire; et ce n’est pas trop. :

M. Edousrà, en sortant de la station, prit .une voi ture et se fit conduire à son logis où, en arrivant ilne fut pas peu surpris de voir une chandelle allumée sur la table et le volontaire, son ami, étendu sur le sofa et ronflant comme un bienheureux.

—Tiens, se dit M. Edouard, il ne manquait plus que ça; par exemple! comment diable se trouve-t-il ici ? je croyais que c'était Ini qui avait averti la police! . '

M. Edouard secoua le volontaire, pour le réveiller. Après quelque temps d'efforts inutiles, il se décida à se coucher, ne voyant rien de mieux à faire dans les circonstances.

IL ferma sa porte à clef; mit deux gros morceaux . de bois dans le poële et se déshabilla. 11 eut de la difficulté à ôter son habit, les reins lui faisaient mal; il portait aux bras et aux épaules les marques des

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brossa et se prépara un généreux punch à l'eau de vie, qu'il plaça sur une petite table qui était près de son lit, afin de le prendre au dernier moment quand il serait couché.

Avant d'éteindre la chandelle, il essaya encore de réveiller la volontaire, mais avec aussi peu de succès que la*premuère fois. Il se mit donc au lit, avala son verre de punch et soufila sa chandelle. é

Une heure à peine s'était écoulée depuis qu’il goûtait les douceurs de ce sommeil restaurateur, quand le volontaire se réveilla. D'abord àl ne put exactement définir l’état où il se trouvait, ni reconnaître l'endroit où il était. Il vit bien ou plutôt il sentit, car l'appartement était plongé dans la plus profonde obscurité, qu'il était sur un sofa. Mais quel sofa? iln’avait pas de sofa dans sa chambre! Il n'était donc pas chez lui : où pouvait-il être? Ceci l'intri guait fort. Îlse leva et fit un pas à tâtons, les bras étendus ; mais comme ses mains étaient plus élevées que la table, elles ne purent la lui faire reconnaître assez à temps pour l'empêcher de la culbuter avec le bol, la carafe, la bouteille et les verres qui se trouvaient dessus.

M. Edouard, réveillé en sursaut, crût que c'était un voleur ; il avait oublié le volontaire. Comme il n'avait pas d'armes près de lui, et qu’il pouvait bien être exposé à être assassiné, s’il restait dans son lit, il se glissa tout doucement et alla se mettre, droit et immobile, dans un angle du mur, près de la fenêtre dont les volets étaient fermés.

Le volontaire, paralysé par le vacarme qu'il avait. ‘12 | fait, demeurait immobile, cherchant à se reconnaître LE et n'osant faire un pas. M. Edouard, de Dent ji

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