‹ Une de perdue, deux de trouvée [microforme]Chapitre 8 sur 72 · LA À · texte numérisé non relu

LA À

—Elle est sauvée ! s'écria Sir Arthur qui, un genou en terre, la supportait sur sa poitrine.

Lauriot et las autres se retirèrent discrètement et ils tinrent consultation pour savoir s’il ne serait pas plus prudent de se mettre en route tout de suite, dans la crainte d'une surprise de la part des pirates.

—]1 serait grand temps de partir, disait Lauriot ; voyez-vous, ces forbans ont éteint leurs feux sur la pointe de l’île ; je n'aime pas cela, et la brise qui souffle du large pourrait bien nous les amener sans qu’on put les entendre.

—Ce que vous dites là n'est pas sans bon sens, M. Lauriot, répondit Tom, mais pourtant je ne crois pas qu’il y ait encore de danger. Ceux qui étaient dans le canot et qui ont sauté à l’eau, n’ont à peine eu que le temps de se rendre à terre, et d’ailleurs ils n’ont plus de canot.

—QOui, mais leur chaloupe.......

—Avez-vous entendu ? dirent plusieurs voix ensemble.

—Voyez donc, s'écrièrent plüsieurs autres.

—C'est un coup de canon et une fusée partis du Vaisseau pirate, pour avertir leurs gens à terre de venir à bord, reprit Lauriot, après avoir seouré quelques instants.

— Ecoutez donc….ah ! c'est Trim.

Trim en effet accourait tout eséoufflé,

—Partons, partons, criail en arrivant, voici cha-

loupe vini avec tout plein de zommes.

Miss Thornbull, qui se trouvait assez bien en ce moment, fut mise dans l'embarcätion de Sir Arihor :

et chacun ayant pris sa place, ils poussèrent au large sans bruit, La brise qui commençait à soufflér avec ee

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assez de force, les poussait avec rapidité. Ils continuèrent à avancer, sans cesser de nager avec

it et vigueur jusqu’à ce qu’ils eussent atteint la pointe ‘pas occidentale du lac Barataria.: On n’entendait plus le rite, bruit des rames de la chaloupe, qui était retournée les. Æ vers l'ile. Arrivés à cet endroit ils se décidèrent à iot ; camper pour le reste de la nuit : la lame était trop r la forte sur le lac pour tenter une traversée de nuit, et qui les hommes étaient d’ailleurs si fatigués qu’il leur sans fallait un peu de repos et de sommeil.

—Campons-nous ici ? demanda Sir Arthur.

, M. —Je crois que oui, répondit Lauriot ; on ne peut y pas se hasarder à traverser avec ce vent, et il serait trop dans M long de côtoyer. On n’a plus rien à craindre mainque tenant.

dont —C'est bon, mes amis, campons. Pouvons-noùs

allumer du feu ? Qu’en penses-tu, Trim, continua Sir Arthur, en se retournant vers le nègre.

en- —Oui, Mossié, ici pu danger ; chaloupe pas capable pour vini, li tiré trop d’eau pour passer les barres

du bayou.

s du —AÀ la bonne heure ! Faisons du feu et nous sous de perons. J'ai faim et vous autres aussi, mes amis, je ruel- pense. Tenez, voici quelques bouteilles d’eau de vie,

qui ne vous feront pas de mal, continua Sir Arthur, ‘en tirant d'une petite canavelte qu'il avait apportée, quelques bouteilles de vieux cognac. |

Un grand feu fut bientôt allumé, les provisions tirées, et un excellent repas improvisé, qui, sans être somptuëux, n'en fut pas moins dégusté avec un excellent appétit.

Après avoir appaisé leur faim, ils s'assirent sur. l'herbe longue et molle du rivage, écoutant le vent

qui mugissait sur le lac, regardant les vagues qui

hi | | HE déferlaient sur la plage comme de larges lames d’ar- | his | #| F gent qui reluisaient au clair de la lune. Chacun : HE 4 fumait silenciéusement, absorbé dans la contempla- l'h | tion du spectacle toujours admirable qu'offre la nè,

mn E À | nature au bord de la mer ou d’un lac, quand le souf- k | | | fle.des vents tièdes du midi en soulève les vagues ter UE | on paresseuses sous un ciel des tropiques. À la gaieté du du repas avait succédé un état de muette contempla- ] tion ; personne n’osait troubler les délicieuses rêve. ass

| ries qui semblaient soulever dans leurs esprits leur DD présente position. Q

Tom leur avait raconté la manière dont Trim avait et:

| délivré Miss Thornbull. Tom était l’ami de Trim, à mais Trim ne lui avait jamais raconté l’histoire de a-t- | son jeune âge ; et Tom, dont les idées ne paraissaient 1 | pas être aussi poétiques et contemplatives que celles SN lo

de ses compagnons, avait grandement envie de “ rompre ce silence si profond et qui lui semblait si d

long. Deux à trois fois il avait mis sa pipe à ses à l'he

côtés, et l'avait reprise sans dire un.mot. Mais enfin, Ile

comme s’il avait eu honte dé se laisser dominer par T

la contagieuse influence qui s’était emparée de‘tous sec

| les autres, il toussa fortement... me Î —Ah ! ah ! ditil encouragé par le début, allons: E | nous rester ici muets comme des momies ? pèr ( Chacun relevât la tête et regarda Tom avec éton- der

nement, comme s’il eut profané leur religieux recueil-

lement. Mais Tom n'était pas homme à reculer

| je devant un regard. F

è Re .. —Trim, cria-t-il, il fautque tu nous racontes ton

ol histoire. Le mot devint électrique, le dernier exploit de ‘Trim l'avait rendu un personnage intéressant |

aux yeux de ces gens et surtout de Sir Arthur.

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2 qui ! —QOui, oui, s'écrièrent plusieurs voix ; Trim ton d’ar- histoire ! | lacun ‘ Sir Arthur s'étant joint aux autres pour demander # mpla- l'histoire de Trim, ils se placèrent à l’entour du re la nègre qui céda de bon cœur à leur désir. souf- | Trim avait à Peine commencé, qu'il s'arrêta subiagues tement etécouta ; puis, étendant la main vers l’amont gaieté du bayou, ‘ une pirogue ” dit-il.

mpla- En effet, une petite pirogue, dans laquelie étaient rève- assis un homme et une femme qui nageaient avec | sieur D vigueur, fut bientôt en vue. fi Quelques instants après elle accostait ; le vieux Laté avait et sa femme débarquèrent. Le Trim, —Où allez-vous ? leur demanda Lauriot, et qu’y {i re de a-t-il de nouveau ? ! à aient | Tous les nègres de la côte sont révoltés. L'habita- à celles D tion St. Charles doit être brûlée.

e de —L'habitatton St. Charles, dit Trim.

Lait si —Oui. Du moins on le pense ; et le maître de à ses l’habitation n’arrivera pas assez tôt pour la défendre. enfin, Il court de grands dangers.

x par Trim n’en entendit pas d'avantage ; je cours au > tous secours de mon maître,dit-il à Sir Arthur,voulezvous me permettre de partir ?

lons- En disant ces mots, il sauta dans la pirogue du | père Laté, sans s'inquiéter des réclamations de €. éton- dérnier, et s'éloigna rapidement ueilculer

s ton loit | sant

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