‹ Une de perdue, deux de trouvées [microforme]Chapitre 38 sur 78 · DÉCOUVERTES IMPORTANTES · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTES IMPORTANTES

Le Juge de la Cour des Preuves, qui avait conçu la plus haute estime pour le docteur Rivard, dont la conduite si désintéressée et si généreuse à l'égard de lorphelin Jérôme avait excité son admiration; se proposa de faire toutes les recherches possibles pour découvrir la naissance du petit Jérôme. Il s'imagina que le plus grand plaisir qu’il pourrait faire au docteur Rivard serait de le mettre sur la voie de rendre son pupille à ses véritables parents s'ils existaient encore, ou du moins de lui faire connaître leurs noms. Le juge pensa aussi qu’il pourrait se faire que lorphelin eut droit à quelque héritage, et il aurait été heureux de pouvoir procurer au docteur les moyens de les acquérir.

En conséquence, le juge crut que le mieux à faire était de commencer ses recherches à l’'Hospice des: Aliénés ; il se rendit donc à l'Hospice, aussitôt qu'il eut délivré au docteur Rivard ses lettres de tutelle.

IC avait u noyé, iquence

Zéplyr,

ient le Le sépul-

it conçu , dont la égard de ation; se les pour imagina au doce rendre xistaient re leurs se faire ge, et il docteur

« à faire pice des:

tôr qu'il utelle.

Jérémie, en reconnaissant le juge de la Cour des Preuves dans la personne qui descendait d’une superbe barouche arrêtée à la porte de l'hospice, Ôta son chapeau de toile cirée et courut au devant de son honneur, qui en ce moment entrait.

—Vous êtes le portier de l'hospice ?

—QOui, votre honneur, à votre service.

—M. Charon, le chef de l’Institution, est-il ici ?

—Oui, votre honneur.

— Pourriez-vous l'aller chercher, j'aurais quelque chose à lui dire.

Oui, votre honneur ; si vous préferez, je vais vous conduire à sa chambre.

—Volontiers, je vous suis.

Et Jérémie, son chapeau à la main et se courbant

en deux pour rendre son salut plus respectueux, passa :

devant le juge pour lui montrer le chemin.

Le juge trouva M. Charon dans sa chambre, assis devant un bureau et arrangeant quelques papiers, qu'il numérotait. En voyant son honneur le juge, il se leva et lui fit un salut respectueux, en lui offrant un fauteuil pour s'asseoir.

—Je viens, M. Charon, lui dit le juge, pour vous prier de me donner quelques renseignements sur un pauvre enfant, que mon ami, le docteur Rivard, a bien voulu retirer aujourd’hui de cette Institution.

—Vous voulez parler du petit Jérôme ?

—Précisément.

—Que le docteur Rivard, votre ami, a retiré aujourd’hui de cette Institution ?

—Celui-là même.

— Ah! Il paraît que c'était un bien bon enfant, le petit Jérôme, si gentil, si timide ; et il paraît que sa

Tes - Î

irinésnette ane animes

Dirernenees cree . . - " er mn A rs me BE si i $ Eee

dpi à

maladie n’était pas incurable, et je ne doute pas que le docteur Rivard le ramène complètement à la rai. son avec des soins, comme ilne manquera pas de lui en donner.

—C'est ce que dit le docteur.

—Jérôme montrait, sur ces derniers temps, des signes sensibles de retour à la raison; je les avais remarqués, et j’en avais parlé au docteur, qui fut de mon opinion. Ah! c’est une bien généreuse personne que le docteur.

—Je désirerais savoir si vous connaissez les parents de Jérôme, ou quelques personnes qui les aient connus.

—Non, monsieur, personne. Depuis que le petit Jérôme a été amené à l’Hospice, personne, pas une âme ne s’est occupé ou informé de lui.

—Ne connaissez-vous pas la personne qui l’a ame. née, n’y aurait-il pas moyen de la voir ou du moins de savoir son nom ?

—Ma foi, non; il y a si longtemps de cela. C'est ordinairement le portier qui est chargé du soin de recevoir les personnes qu'on amène à l’Hospice; el celui qui était portier ici, quand le petit Jérôme a été amené, en est parti depuis longtemps, et je croisqu’il est mort maintenant. Cependant. Arrêtez...

M. Charon se passa la main sur le front, regarda au plafond de l’air d’une personne qui croit avoir fait une découverte importante.

— Arrêtez, continua-t-il, après une petite pause, je crois que l’on doit trouver quelque chose dans les régistres ; on a coutume d'y entrer les noms de ceux qui amènent ici des orphelins. Si vous voulez m'ac-

as que la rai.

de lui

ps, des s avais | fut de se per-

parents nt con-

le petit pas une

l’a amemoins

C'est soin de pice; el me a été oisqu'il regarda voir fait

ause, je ans les de ceux ez m'ac-

compagner, nous examinerons les entrées des régistres.

M. le Juge suivit M. Charon qui le conduisit au parloir.

—Voulez-vous avoir la bonté de nous donner l’index des régistres dans lesquels on entre le nom des aliénés ? dit M. Charon à Jérémie.

—Le voici, votre honneur, répondit le portier en apportant l'index.

M. Charon regarda à l'index et lut: ‘ Jérôme, Folio 4, page 147’ Le Folio 4, était couvert de plus de deux lignes de poussière.

—Excusez, M. le juge, ce régistre est si couvert de

poussière. [l y a plus de dix ans qu'il n’a point été

touché.—Jérémie, veuillez enlever la poussière.

Quand le régistre eut été épousseté, M. Charon et le juge l'ouvrirent à la page 147.

—Ah!ah!s'écria le juge de la Cour des Preuves, ceci est important ‘5 avril 1826... la femme Coco- Letard..…… Deux vieux livres attachés d’une ficelle et étiquetés No. 278... Et cette note à la marge... Le véritable nom de Jérôme est Alphonse Pierre, né à la paroisse St. Martin, le 21 mai 1823. Sa mère était Léocadie Mousseau, femme de actuellement décédée.”—Mais, M. Charon, ceci est important, bien important. Nous sommes sur les traces des parents de Jérôme et j'espère réussir. Je vais écrire de suite à la paroisse St. Martin —Permettez que je prenne copie de ces notes.

Le juge écrivit sur sou portefeuille les entrées du régistre.

—Mais, c’est curieux, M. Charon, que vous n’ayiez jamais entendu parler des parents du pau “a ;

Page 1