‹ Une de perdue, deux de trouvées [microforme]Chapitre 65 sur 78 · LES PRISONNIERS · texte numérisé non relu

LES PRISONNIERS

Du moment que la mère Coco avait été jetée dans

le *cachot, avec ses deux fils Léon et François,

-elle n'avait pas dit un seul mot ; les traits contractés

par une rage concentrée, les deux poings fermés et

appuyés sur les hanches, le front sourcilleux et la

menace sur les lèvres, elle parcourait, à pas lents, de long en large, l’étroit réduit où elle se trouvait enfermée, comme une hyène dans sa cage. Elle avait

obstinément refusé de prendre aucune nourriture,

et de répondre aux questions que Tom lui avait adressées,

. François paraissait complètement indifférent sur

sou sort; après avoir poussé sous le lit les restes

“encore grouillants du serpent À sonnettes, il s'était

assis sur un morceau de bois, s'amusant à siffler. IL

en était tout autrement de Léon ; d'abord ilse laissa : aller à un désespoir morne et silncieuk, puis ilse |

qu'une inquiet aperce- 2rs son ation à és, qui er son Jérôme

£e dans rançois, ntractés rmés et Lux et la ar ts, de

ouvait lle avait rriture, i avait

ee Eu AU UFR) 80e À tutti AD ART ft 0 DS F, MEME { En 0

Li, pr, Nr

EE

mit à pleurer, et bientôt il éclata en gémissements et

en sanglots. La mère Coco, en l’entendant, s'arrêta en .

face de lui, le toisa des pieds à la tête avec ces yeux gris qui semblaient flambler dans la demie obscurité du cachot ; puis haussant les épaules par un mouvement de souverain mépris, elle fit entendre cette seule exclamation ‘ lâche ! ” et se remit à parcourir sa prison, sans plus s'occuper de lui que s’il n'y était pas.

Tom qui, du haut de la trappe, prètait l'oreille, entendit les lamentations de Léon. Il crut qu'il pourrait en obtenir quelques révélations importantes, et le fit monter. Tom n'eut pas de peine à en obtenir tout ce qu’il savait, concernant l'arrestation de Pierre de St. Luc. Léon lui dit qu'ils avaient agi d’après les ordres d’un nommé Pluchon, qui lui-même paraissait être l'agent de quelqu'autre personne riche et puissante, dont il ignorait le nom:et la condition. ‘Tom

promit à Léon de parler en sa faveur, s’il voulait.

l'aider à attirer dans la maison ceux qui pourraient y venir, ce à qnoi ce dernier-consentit volontiers, Nous avons vu comment il contribua à faire tomber Pluchon dans le piége, quand ce dernier amena Trim à l'habitation des champs.

Tom essaya de faire parler Pluchon et d'en apprendre ce qu'il connaissait du complot ; mais ce dernier avait une trop grande peur du docteur Rivard pour le dénoncer. De plus Pluchon espérait que, si le

docteur n’était pas compromis, il userait de son.

influence pour obtenir sa libération ou du moins la commutation de sa sentence ; car il n'avait pas de doute que les preuves ne seraient convainquantes contre lui. Et d’ailleurs, Pluchon était trop fin et

A pe ot ue fe

DEUX DE UE po

trop expérimenté pour ne pês si voir que la parole d'un subalterne, comme Tom, ne serait pas d’un grand poids pour lui sauver la vie, tandis que sa déposition ne ferait qu'aggraver sa situation en lui Ôtantle support du docteur Rivard, sans améliorer son sort. Il refus donc obstinément de rien décou- : vrir à Tom, qui le fit descendre avec ses compagnons dans le cachot.

Le mère Coco, en vevant arriver Pluchon, la ca use de toute son infortum , donna un libre cours à sa fureur, qui déborde comme un torrent, et s’exhala dans les plus violentes invectives et les plus horribles malédictions.

La vieille va le manger, dit Léon à Tom avec un cynisme révoltant. .

Tant mieux, puisqu'il ne veut rien déclarer.

—Laissez-le faire quelque temps, la vieille va le confesser, et vous n'aurez plus qu'à lui donner * l'absolution, pour l'aveu qu'il vous fera de ses fautes.

—Je verrai Ça.

Pluchon était loin de se trouver à l'aise dans ce cachot obscur ; et la réception de ia mère Coco ne contribua pas le moins du monde à lui faire trouver sa situation plus commoce, La mère Coco, qui s’animait de plus en plus au son de ses paroles, et exaspérée par le silence absolu de Pluchon quis’était acculé dans un des coins du cachot, lui cria :

—Parleras-tu, infâme pendard ?

… Et s’approchant dg lui, elle le saisit td le bras et le secoua avec violence.

—Parles donc, monstre infernal. Tu nous à mis n

dans une belle affaire, et tu as peur ma maintenant, | cornichon ? MA

parole Pluchon, de ER en plus effrayé,se mit à appeler

s d'un au secours. | j

que sa —Ah ! tu appelles au secours, je vais t'en donner 0 0

en lui ) du secours, moi ! Tiens, attrappes! En veux-lu, |

éliorer encore ? Tiens, en voilà ! où (0

décou- La mère Coco, furieuse, avait saisi Pluchon aux me j

sgnons cheveux et le frappait vigoureusement. Pluchon PAIE faible et débile, à moitié mort de frayeur, n'était pas ‘

Re de taille à se mesurer avec la mère Coco qui, accou- de

rs à sa tumée au rude métier de revendeuse et endurcie aux at

’exhala travaux et à la fatigue, était d'une force et d'une

orribles

activité peu communes. Pluchon, tout en parant du mieux qu'il pouvait les coups que lui portait la “R avec un mère Coco, continuait à crier au secours. à HS | —Je vous disais bien que la vieille allait le man- j

ge ger, dit Léon ; la vieille a un rude poignet. Si vous ur Miche l'eussiez vue quand elle faisait danser Clémence ? et donner nous autres douc ? on filait doux, allez, quand la 8 fautes. vieille se fâchait.

à —Ecoutez donc. e er je —Entendez-vous ? elle est après le pocher. {touver Tom, qui s'amusait infiniment à la scène qui se co, qui passait dans le cachot, se mit à rire de bon cœur; #6 Ë roles, et entr'ouvrant la trappe : FR uis’était L —C'est bien, la mère Coco, lui cria-til, c'est bien ; : . rossez-moi le d'importance, vous avez pleine liberté. Là où vous êtes, c'est la np ut justice égale, e bras et droits égaux.

| “ . —Ah ! monsieur, je vous en dis. faites-moi sortir us a mis d'ici, cria Pluchon d’une voix suppliante.

atenant, © Me direz-vous ce que je vous demandais ? Ve M . —Pour l'amour de Dieu, faites-moi sortir ; cette

vraie creer étend oriente inde parrain De ES LR AS UT lee SET | NES: éi A LEA |

furie va me dévisager, elle m'a tout déchiré avec ses ongles. :

—Consentez-vous à tout me déclarer ?

—Je n'ai rien à déclarer, vous savéz tout,

—Vous ne voulez pas ; eh bien ! défendez vous comme vous pourrez.

Tom referma la trappe.

—Oui, oui, cria Pluchon aussitôt qu'il se vit dans l'obscurité.

Mais ses paroles n'arrivèrent pas jusqu’à Tom, qui était retourné dans le magasin, où, après avoir fermé la porte à clef, et avoir placé deux des matelots en sentinelles, avec une lumière en dehoïs, ils coucha. |

La mère Coco, qui s'était soulagée sur la tête et la figure de l'infortuné Pluchon, de l'excès de rage et de bile qu'elle avait au cœur, et dégoutée de la poltronnerie de cet homme, lui cracha à la figure avec le plus souverain mépris, et alla se jeter sur le lit,

Tout le’reste de la nuit, Pluchon eut le temps de faire les plus sérieuses réflexions. Il ne lui resta pas le moindre doute qu'il serait convaincu de tentative préméditée d’assassinat. L'espoir qu’il s'était fait d’abord, que l'influence du docteur Rivard pourrait lui obtenir une commutation de peine, s’effaça bientôt de son esprit, quand il songea à l'influence bien plus grande de Pierre de St. Luc, deveñu le plus riche citoyen de la Nouvelle-Orléans, dont la vengeance serait aussi implacable qu'elle était juste. Il ne savait à quelle idée s'arrêter. Quelquefois ii pensait qu’en découvrant tout au capitaine, il pourrait obtenir son intercession pour prix de sa déposition ; :

ptit dminté entend it ienn tete et dt es + pus ft, À D DE AE EC REA Rap RICA EL ILES EE pans Hi 2x

# NÉE aMbe S è Ra UE Te dut Ua pi UE ! . à ' VE AT L 190 4 De ‘ VA ñ 4 4

DEUX DE TROUVÉES. so À

é avec tantôt il songeait que peut-être le capitaine ne voudrait pas se ralentir de sa vengeance, même au prix R de ses délations ; un instant après il s’effrayait à l'idée que, s’il dénonçait le docteur Rivard, celui-ci | L'VOus ' pourrait bien de son côté faire de certaines déclara- i tions fort graves contre lui. Flottant entre la crainte et l'espoir, irrésolu sur ce à quoi il devait se décider,

t dans il se trouvait dans une grande yperplexité, quand {| À Tom, le lendemain matin, vint lui donner ordre de Ë mn, qui comparaitre devant le capitaine, qui le faisait demanavoir der à l'étage supérieur. 4] atelots Le capitaine, qui avait été prévenu par Tom, en | | s, il se arrivant, qu'il n'avait rien pu obtenir de Pluchon, se | décida sur le champ à affecter d’abord de croire qu’il 1: te et la ignorait que le docteur Rivard eût quelque chose à 4 en rage el faire dans le complot ; et si ce moyen ne réussissait 1 | e de la pas, alors de dire qu'il savait tout à l'égard du UN OR figure docteur. Son. front élait sombre et son attitude * | il r sur le sévère, quand Pluchon parut devant lui, conduit hi par Tom. Si: Arthur regarda avec un mélange de l HE mps de | mépris et d'horreur cet homme, qui s'était rendu : Hi psla pas Æ coupable du plus affreux attentat et dont la figureet + Mer ntative la contenance dénotaient en ce moment la plus abjecte 0 | ait fait frayeur et l’affaissement le plus complet. He AR pourrait —C'est vous qu’on appelle M. Pluchon, luiditle . 1: | a bien- capitaine d'une voix solennelle, après avoir fait i [DR ce bien retirer tout le monde, à l'exception de Sir Arthur. | [PI s riche —Oui monsieur, balbutia Pluchon, ?

geance —Et pourquoi vouliez-vous attenter à ma vie malil ne heureuse ? Est-ce que je vous avais jamais fait pensait : demal? Qu'’aviez-vous donc contre moi ? Quelles

itobte D raisons? Ne savez-vous 2 té que votre punition s’est sition;: la corde ?

1 hd be Pa vs AE ttripeneriqenent Tres ML 25

302 UNE DE sé

Pluchon trembla de tous ses membres ; le capitaine s’en aperçut et continua :

—Oui, malheureux! la loi vous condamne à être pendu ! et vous n'avez rien pour que la loi ne s’appesantisse point sur vous dans toute sa rigueur. Point de raison, roint d’excuse, pas même un semblant d’excuse Vous avez vous même préparé et conduit tout ce complot, par un pur sentiment de malice, par l’infernal désir de commettre un crime ! Non-seulement vous avez vo’..u commettre un crime dont l'horreur étonne ; mais encore vous avez voulu rendre d’autres vos complices ! Pour eux, peut-être plus à plaindre qu’autrement, ils ont au moins l’excuse d’avoir obéi aux ordres d’un maître. Mais vous, vous n’aviez d'autre maître que votre cœur méchant et corrompu; vous n'agissiez que d'après votre volonté, ou plutôt d’après l’instigation du diable qui vous poussait.

Pluchon baissa la tête et tressaillit.

—Quand on agit, comme vous, sans autre motif que celui de commettre un assassinat, continua le capitaine, pour le simple plaisir de le commettre; quand on n’a pas même l’excuse d'avoir été la dupe d’un plus habile et plus méchant que soi, de n'avoir été que l’agent secondaire dans la commission d’un forfait qu'un autre aurait. müûri dans son esprit, préparé dans sa tôle et combiné dans tous ses détails oh !‘alors, que celui-là soit maudit et qu'il meure !

Le capitaine s'était levé en prononçent ces dernières paroles,

—Pardon ! pardon! cria Pluchon, d'une voix étranglée et se jetant à genoux aux pieds du capitaine.

Celui-ci lança un regard si plein de dédaigneus" |

; le capi-

ne à être ji ne s'aprigueur.

un sem- ‘éparé et iment de n crime ! un crime vez voulu peut-être noins l’ex- Mais vous, r méchant rès votre du diable

utre motif ontinua le ommettre ; sté la dupe de n'avoir ission d’un son esprit, ses détails meure !

t ces der-

l'une voix i capitaine.

#1 édaigneure

peser me me me biere ste Arr dnorttertehert sn MA MR Ep Et

DEUX DE TROUVÉES. 303 à ironie, que l’âme de Pluchon sembla s’éteindre dans r sa poitrine, tant ik devint pâle. " —Vous demandez pardon, vous ! et qu'avez-vous 4 qu’on puisse offrir en votre faveur ? - à | —Je vous découvrirai tout, si vous voulez m’en- 1 tendre. {| —Eh bien ! parlez, malheureux t lui dit le capitaine en se rasseyant.

—Je ne demande qu’une grâce.

—Laqueile ? —Que vous intercédiez pour moi. (rs —Pour vous ? et pourquoi ? “1 —Si je vous déclare le nom de celui qui a ourdi cette trame et dirigé ce complot ; je n'étais qu’une dupe, a une pauvre misérable dupe d’un plus méchant que 24 moi. Lt —Je ne vous crois pas ; c’est un subterfuge de votre Lis part. | | ‘3 —Je suis prêt à l'affirmer sous serment. 0 —Voyons cela ; qu'est-ce que c’est ? VA LA Pluchon raconta de point en point tout ce qui M) s'était passé entre lui et le docteur Rivard. 1e —Et vous m'assurez que ce n’est point une histoir M tuventée à plaisir ? HU a , Li —Je le jure. A à —Et vous êtes prêt à l'afirmer sous serment ? | —QOui. È —C'est bien, si ce que vous me diles est vrai, je * lâcherai d'ebtenir que vous ne soyez pas pendu ; vous: | À

en serai quitté pour le Pénitentiaire.

—Mieux vaut le Pénitentiaire que la corde ! répondit Pluchon en reprenant un peu d'assurance.

Le capitaine fit entrer Tom, auquel ïl donna ordre d'aller chercher un juge de paix.

—Je n'ai pas d’objection à faire ma déclaration devant un juge de paix, mais je vous demanderais une grâce : de ne pas laisser savoir au docteur Rivard, avant le procès, que c’est sur ma déposition qu'il a été arrêté.

—$i ça peut se faire, je vous le promets, lui rénondit le capitaine.

—C'est bien, je suis prêt.

Quand le juge de paix fut arrivé, il prit par écrit la déposition de Pluchon qui la signa et l’assermenta. Après quoi le juge de paix dressa un mandat d'arrêt contre le docteur Léon Rivard, qu'il mit entre les mains du capitaine. .

Le juge de paix, après avoir pris les dépositions nécessaires contre la mère Coco et ses garçons, dressa l’ordre de les mettre en prison, en attendant ieur procès, et le remit aussi au capitaine.

Celui-ci, après avoir payé le juge de paix pour ses services, alla le reconduire jusqu'à sa voiture, en lui recommandant de garder sous silence tout ce qui venait de se passer, jusqu'après l'arrestation du docteur Rävard. Le capitaine était fort satisfait d’avoir réussi au-delà de ses espérances.

Aussitôt que Tom eut reconduit le juge de paix, il revint prendre le capitaine et Sir Arthur, pour les reconduire chez Mme. Regnaud. En passant par la rue Royale, Sir Arthur pria le capitaine de le laisser

descendre chez M. le Consul, où Miss Thornbullavait

dit la veille qu’elle irait passer la soirée, et d'où elle | n'était pas revenue depuis. Sir Arthur avait

a ordre

laration anderais Rivard, n qu'il a

ti rénon-

par écrit ermenta. at d'arrêt entre les

positions garçons, attendant

pour ses re, en lui ut ce qui ation du satisfait

le paix, il pour les

le laisser

pt par la

bull avait à :

1 [l veut faire passer quelqu'enfant us ” 2 ges

DEUX DE TROUVÉES. 305 vagues craiñtes, et il entra chez le Consul avec le cœur serré.

M. Léonard arrivait chez Mme. Regnaud, avec la copie du testament de feu M. Meunier, au moment où le capitaine descendait de voiture. André Lauriot attendait dans le salon.

—Eh bien ! M. Lauriot quelles nouvelles ?

—Rien de bien particulier, de plus que ma note ; mais comme vous ne l’avez pas reçue, je vais vous dire ce que jai appris. D'abord lisez ceci.

Il donna au capitaine un numéro du Bulletin du malin.

—Ah ! ah ! dit le capitaine, au comAle de l’étonnement : ‘“ La survenance d’un héritier légitime de feu M. Meunier, et l'annulation du Testament ! ” Mais c’est étonnant ! “Et ceci doit avoir lieu ?

—AÀ midi, Dans une heure !

—Et qui est encore au fond de tout ceci ?

—Le docteur Rivard.

* —Le docteur Rivard ! Mais c'est donc un homme bien dangereux! Faites-moi le plaisir d'aller de suite me chercher un avocat; la voiture est à la porte, ne perdez pas de temps.

—Et, M. Lauriot, savez-vous quel est cet héritier, que le docteur Rivard veut pousser dans la succession de M. Meunier ?

—Je ne sais trop; j'ai entendu murmurer que c'était un fils de M. Meunier, âgé d’une douzaine d'années, et qu'on avait cru mort.

Le capitaine se mit à réfléchir ; puis, après quelques instants, il reprit :

—Encore un nouveau crime du docteur Rivard !

Fr nétratdanrye PT Es di pete" Pa LE peser enens CRE s 18 CRUE: Lt ET F3

Fe

petit Alphonse Pierre, qui est mort à Natchiloches. J'étais, ainsi que M. Meunier, à son enterrement. M, Meunier avait son extrait de sépulture ; ilen avait même deux ! Ah loui, je me rappelle, il en déposa un® copié chez sieur Legros, notaire public, No. 4, rue St. Charles. Oui, c’est ça! Il n'y a qu'à lui envoyer demander.—Voulez-vous y aller, M. Lauriot? ou plutôt non, attendez ; mon avocat ira. Er où avezvous laissé Le docteur Rivard ?

—Je l'ai suivi au sortir de sa maison. IL était pâle etagité ;ilentra chez un avocat, avec lequel il se rendit au greffe de la Cour des Preuves où il signa la pétition, qui demandait l'annulation du testament de M. Meunier pour cause de survenance d'héritier : de là, il est allé chez M. Pluchon; de là, sur le marché aux légumes, où ils’informa à une petite fille de la mère Coco ; de là, il entra dans un café, où il prit un verre de vin, et se mit à lire les journaux, probablement en attendant le moment de se rendre àlacour. J'ai laissé ur un à ma place pour le veiller.

—Vous avez bien exécuté votre commission. Je suis content de vous, M. Lauriot ; ne parlons pas de ce que je vous ai donné ce matin, et acceptez ceci en attendant ; ce sera toujours une vingtaine de piastres en à compte.

Vous êtes trop généreux, M. de St Luc.

Prenez toujours ; c'est comme ça que je récompense ceux qui me rensent service. Maintenant vous pouvez aller à la Cour des Preuves surveiller ce qui

s'y passera.

Aussitôt que maître Lauriot fut parti, le capitaine

- se mit à lire le testament. Il ne put “retenir ms:

toches.

nt. M.

n avait déposa , No. 4

qu’à lui auriot?

)ù avez-

tait pâle.

uel il se il signa stament 1éritier :

à, sur le etite fille ifé, où il aurnaux, e rendre e pour le

sion. Je ns pas de z ceci en e piasires

de récom-

nant vous

er ce qui

capitaine

tenir se5 :

larmes, à la lecture de ce dernier document de M. Meunier, où il parlait de son fils adoptif en termes si nobles et si affectueux ; et par un retour tout naturel, il frissonna d’'indignation à l’idée que le docteur Rivard avait été sur le point de toucher, de ses mains homicides, le dépôt sacré que son père lui avait légué. e

Lé capitaine avait à peine eu le temps de sécher ses larmes et il avait encore les yeux tout rouges, quand M. Léonard arriva accompagné de l'avocat qu'il avait été chercher. C'était M. Préau, jeune avocai encore à son début, mais qui annonçait un de

ces talents distingués, qui devait plus tard briller au .

barreau comme un météore, et dont déjà le public Louisianais commençait à pressentir l'apparition. D'une figure intelligente, d’un maintien modeste èt sans prétention, il ne frappait pas par son apparence ; d'un jugement sain et d’un esprit solide et vif, il saisissait d’un coup d'œil les difficultés d’une affaire, et en approfondissait les mérites et les difficultés.

Le capitaine lui expliqua en peu de mots, la situations des affaires ; et après avoir arrangé entre eux la conduite qu'ils devaient tenir respectivement, le capitaine lui remitle mandat d’arrèt que le juge de paix avait lancé contre le docteur Rivard.

M. Préau, avant de se rendre à la Cour des be passa à l’étude-de Sieur Legros, qui lui donna l'extrait de sépulture du fils de-M. Meunier.

Comme midi sonnait, une voiture, stores baissés,

. tontenant deux hommes ot une femme, arrivait à la

Place d'Armes, en face. du Palais de Justice; où se tenait la Cour des Preuves. Le cocher demeura sur son siége, et personne ne sortit de la voiture.

Verte area manne rene - ” 1 RARES PER TAN een rer pere ve ts ARR U, À RAT Dal x IF he HAL ds AR LA 4 ‘ ’ + je 3 Tr $ ( “ à Le # À

Page 1