‹ Une de perdue, deux trouvéesChapitre 161 sur 207 · DE SOREL A ST-DENIS · texte numérisé non relu

DE SOREL A ST-DENIS

La nouvelle s'était répandue à Québec, que le district de Montréal était en pleine révolte ; que le Dr Davignon et P. P. Desmarais avaient été forcément enlevés aux autorités, sur le chemin de Chambly. Qu'après l'emprisonnement d'André Ouimel, George B. de Boucherville, F. Tavernier, Côme S. Cherrier, L. M. Viger, A. Simard et plusieurs autres pour haute trahison, les chefs des Fils de la Liberté, qui n'avaient point été arrêtés, s'étaient réunis dans le village de St-Denis, et se préparaient à marcher sur Montréal.

Pendant que St-Luc était à lire les journaux tranquillement à l'hôtel, après son déjeûner, on vint lui apporter une lettre, marquée au timbre de la poste de St-Denis. Il s'empressa de l'ouvrir et lut :

« Mon cher M. de St-Luc,

» Vous avez sans doute appris par les journaux, qu'un mandat d'arrêt a été lancé contre les chefs des Fils de la Liberté, pour haute trahison. J'ai été obligé de fuir de Montréal pour n'être point arrêté. Je suis arrivé ici ce matin, où j'ai rejoint plusieurs de mes amis de Montréal, impliqués comme moi, dans l'affaire des Fils de la Liberté où, Dieu merci, nous avons rossé le Doric Club d'importance.

» Nous pensons gagner les États-Unis ; le Dr Nelson et quelques autres disent : « qu'ils n'ont point commis d'acte de trahison, qu'ils resteront, )) mais ne se laisseront point arrêter, parce qu'ils ne sont point coupables ». Si nous étions certains d'avoir un jury juste et consciencieux, nous n'hésiterions pas un instant à nous rendre ; mais avec l'animosité qui anime les autorités contre nous, il n'y a pas de justice à attendre. Ainsi il faut ou

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