‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 10 sur 172 · IV. — i:x i)ii:i: lk i-ki!i · texte numérisé non relu

IV. — i:x i)ii:i: lk i-ki!i

tel, c'est le mot de saint Paul : Qid, cum in lorma Dei, csftri non rapinuni co'bitratus csl se esse œqualcm Dca (1).

Oui, le Saint Esprit est Dieu ; entendez encore l'Église qui chante : Il est Seigneur et vivificateur — Il est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils — Il procède de l'un ei de l'autre, et n'est inférieur ni à l'un ni à l'autre — Il a parli' par les prophètes (2). , . Les Écritures et la Liturgie sont remplies de ses opérations multiples, qui sont toutes des opéralions divines: Il est vie et Père de la vie — Il est lumière et foyer de lumière — Il est bonté et source de bonté — c'est lui de qui toute vertu dérive — Lui par qui toute vérité est enseignée — Lui qui remet les péchés — Lui qui nous justifie et nous sanctifie — Lui qui répand la divine charité dans nos âmes, et par cette effusion nous fait enfants de Dieu (3).

Mais quoi ! Si le Père est Dieu, si le Fils est Dieu, si h: Saint Esprit est Dieu, est-ce donc à dire qu'il y ait trois Dieux V Non, certes ; et le mot de saint Augustin, qui est celui de toute la théologie, revient fort opportunément : de ce moment, plus de nombre, non est nionerus. Elles sont trois, les personnes divines, également saintes, également puissantes, également immenses, également éternelles, également souveraines, ègalomcnt divines; mais parce qu'il n'y a qu'une seule nature divine, une seule sul)Stancc divine, une seule essence divine : c'est le mot que le Catéciiisme Romain vous recommandait tout à l'heure de retenir soigneusement. . . Je reprends : ])arce qu'il y a qu'une seule nature divine, une seule substance divine, une seule essence divine, laquelle est simple, sans division, sans partage, tout entière en chacune des personnes, comme notre àme est indivise et tout entière dans chacun de nos membres, ces trois personnes, bien que distinctes, ne sont qu'une seule chose et Jii Ires union siinl, qu'un Etre infini unique, qu'une substance divine unique, qu'un Dieu unique . . .

(1) PHII.IC. 0. Il, V. ().

(i) Sijinb. (le Mcee et de Consldiilinople.

(3) Pour les textes, voir Goisset- TIteoI. fhuj. t. ii, p. .17. — Mix. Ixom. m die Peiitecos. — lliev. Rnni. in eodem. fest.

O profondeur ! o abime ! 6 mystère iasondable ! On dit que parmi les Philosophes anciens, plusieurs l'entrevirent quelque peu, et comme en une sorte de pénombre . . . Éclairés d'une meilleure lumière, les grands Docteurs de l'Église, les grands théologiens, un saint Augustin, par exemple, un Bossuet, si vous le voulez, ont pénétré plus avant, mais sans aller bien loin (^ux-mèmes, et comme en tâtonnant . . . Faut-il en être surpris ! Comment comprendre l'incompréiiensible ! comment raconter (•e qui est inénarrable ! comment distinguer clairement ce qui est au delà des limites du rayon visuel ! Qui ne tiendrait pour imcore plus théologique qu'elle n'est oratoire, cette exclamation de Bourdaloue : Si je vous comprenais, ô mon J)ieu, ou bien vous ne seriez plus ce que vous êtes, ou bien je ne serais phis jnoi-mème ce que je suis (1)! Et saint Grégoire le Grand exprimait-il une autre pensée, quand il disait : Celui qui ne trouve })as la raison des choses divines, trouvera dans sa petitesse et la pauvreté do son esprit, le motif pour lequel il ne trouve pas cette raison ... Et il ajoute : Qu'y a-t-il d'étonnant, s'il n'atteint pas à la hauteur des choses divines, celui qui à tout instant se trompe et tréliuche dans la recherche des choses liumaines (2) ! . .

Il est impossible de voir plus juste et de mieux dire.

Et par conséquent. Chrétiens, pour ce qui nous concerne ])ersonnellement, vous et moi, désormais plus croyants que jamais, plus humbles surtout, faisons autre chose que d'inutiles efforts. Dans nos investigations sur la sainte Trinité, recherchons beaucoup moins ce qu'elle est, que ce que nous lui devons. Ah ! cette fois nous sommes sur un terrain plus facile, et nous niarclions de plein pied... Qui nous a donné l'être? Le l'ère. Qui nous a rachetés? Le Fils, venu du ciel en terre pour MOUS autres hommes et pour notre salut (3;. De. qui découlent les grâces propres de sanctification? Du Saint Esprit. Ou plutôt et pour être plus exact dans la doctrine : C'est au Père, au Fils l't au Saint Esprit, conjoints en une seule et même opération

(1) Mijsiâres, t. m, p. 37t).

(2) Aj). Grenade, l. iv desenn. , [>. iU. (■'>) Sijiiib. (le Mcée.

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