IV. — EN DIEU LE PÈHE
indivise, qiio nous sommes redevables de noire ciéalion, de notre rédemption, de notre sanctification. Nous ne sommes pas moins redevables à la Trinité tout entière qu'à cliacune des Personnes ; c'est le mot de saint Jean Chrysostome : Toli Trinitati ohligati siimus.
Et d'autre part, nous avons dans la Liturgie et l'ensemble <!es Rites cérémoniels, un témoignage encore plus direct, plus -sensible, toujours présent. Soit qu'elle prie, soit qu'elle bénisse, soit qu'elle chante ses hymnes pour rendre gloire à Dieu, l'Eglise commence ou finit tout: Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. C'est par centaines de fois que ses ministres disent chaque jour: Gloire au Père, gloire au Fils, gloire au Saint Esprit. Toute son Officiafure, tout son Culte n'est qu'une confession publique, une louange continuelle, une invocation confiante du Père, du Fils et du Saint Esprit. Et les sacrements, d'où tirent-ils leur efficacité? Au nom de qui sont-ils administrés? Au nom de qui sommes-nous régénérés dans le Baptême, faits parfaits chrétiens dans la Confirmation, absous au saint tribunal de la Pénitence? Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Au nom de qui les malades sont-ils oints pour le dernier <',ombat, les prêtres consacrés et ordonnés aux choses .saintes, les liens du mariage sanctifiés pour être rendus plus inviolables et plus doux? Encore au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. C'est la source éternellement féconde; ni dans l'ordre de la nature, ni dans l'ordre de la grâce infiniment supérieur, nous ne recevons rien qui ne procède de ce principe, et ne parte de ce centre. O très sainte et très adorable Trinité, nous ne comprenons guère ce que vous êtes, mais nous voyons bien ee que vous faites; nous jugeons de l'excellence de votre être par la magnificence de vos œuvres; nous vous invoquons, nous vous bénissons, nous vous adorons, ô bienheureuse Trinité, et non moins vénérable Unité: Te iiivocanuis, Te laudamna, Te (uJoraniKs, ô bcata Trinifas (1),
.l'ai parlé tout à l'heure de l'Extrême Onction adminislrée au nom des trois Personnes, Père, Fils et Saint Esprit ; mais je n'en ai dit qu'un mot ; un mot n'est pas suflisant ; il y a plus
(I) 0(J. SS. Trinit.
et mieux ù faire ; d'ailleurs, et vous l'allez voir, mon sujet no peut qu'y gagner. Ah ! je ne connais rien de plus toucliant, rien de plus consolant, que les prières faites par l'Église au chevet de ce chrétien qui livre son dernier combat. Quel dommage, qu'elles soient si peu connues, si peu appréciées, si redoutées même de plusieurs ! Il n'en est point de meilleures pourtant, ni de plus capables d'inspirer confiance, dans un moment où, plus que jamais, le Fidèle a le devoir de ne rien perdre de ses moyens ! C'est donc au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit, que le ministre des saintes Onctions demande: que désormais Satan n'exerce plus aucun empire sur ce chrétien mourant: Innomine Patvis, et Filii, et Spit'ihis Sancti exlinguatiir in te oniiiis virtus diaboli per imposilioncm manuum lostrarum (1)... Le sacrement est donné et reçu; mais la sainte fonction n'est pas encore terminée: Partez de ce monde, âm(^ chrétienne, dit le prêtre, au nom du Père tout puissant qui vous a créée, au nom de Jésus Christ, fils du Dieu vivant, qui a souITert pour vous, au nom du Saint Esprit, qui est venu habiter en vous : Proficiscere, anima christiana, de hoc mundo, in tiomine Dei Patris omnipotentis, qui te o-eaoit, in nomiiie Jesu Christi filii Dei vivi, qui pro te jiassus est, in noini)ie Spiritus Sancti, qui in te ejfusiis est {2). . . Mais ce départ est douloureux, même pour une t\me chrétienne; si tous ses péchés lui ont été pardonnes, le .sait-elle? S'il y a lieu d'espérer, n'y a-t-ii joas aussi quelque raison de craindre? Il faut être si pur pour paraître devant la fac(3 du Souverain Juge! ... Le Ministre sacré intervient de nouveau; il rassure cette âme encore tremblante; savez-vous par quel moyen? En faisant entrer en ligne de compte, et, si j'osais dire, en portant à son actif, la foi qu'elle a toujours professée envers la très sainte Trinité; s'adressant donc au Père des miséricordes: Seigneur, lui dit-il, reconnais.sc/. votre créature, agnosce. Domine, creaturam tuam, ce ne sont pas des dieux étrangers qui l'ont faite, mais vous seul, qui êtes le Dieu vivant et véritable, non a Diis alienis creatam, sed a te solo Deo vivo et vcro; Seigneur, comblez-la de joie, admettez-la en
(1) Rit. Rom. ord. minidrandi.
(2) Rit. Rom. ord. ministrandi.