‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 9 sur 172 · IV. — EN DIEU LE l'ÈRE · texte numérisé non relu

IV. — EN DIEU LE l'ÈRE

• quani est numeriis ; si queeris quid très, tion est mtmerus (1).

Le Catéchisme Romain, un Maître en doctrine, certes, dit la même cliose en termes presque identiques, mais non pourtant sans donner un conseil salutaire au pasteur obligé par sa charge d'expliquer ce point de religion : Comme il n'y a rien dit-il, de plus périlleux, que de chercher à pénétrer des choses si sublimes et si difficiles, ni de plus dangereux que de se tromper en voulant les exposer : les Pasteurs feront entendre aux Fidèles, qu'ils doivent retenir soigneusement, religiose retmcnda, les mots d'essence et de 'personne^ qui sont les mots consacrés à l'explication propre du mystère, et se souvenir que l'unité est dans Vcssence, et la distinction dans les personnes ; mais qu'ils aient à se garder de faire là-dessus des recherches curieuses et subtiles, conformément à cette sentence des Écritures : Celui qui scrute de trop près la majesté (le Dieu, sera opprimé par l'éclat de sa gloire : Qui scrutator est majestatis opprimelur (t cjloria (2).

De ce moment, votre devoir et le mien sont tracés ; ne nous en écartons pas.

Il y adonc en Dieu trois personnes — non pas seulement, remarquez-le, trois noms, trois opérations, trois manières d'envisager la divinité — non, certes, mais trois personnes réelles et véritaljles : Le Père qui n'est engendré d'aucun autre, le Fils qui est engendré du Père, le Saint Esprit qui procède du Père et du Fils conjoints en un seul principe.

Mais ces personnes réelles. Père, Fils et Saint Esprit, sontclles distinctes ? Sans aucun doute, aussi distinctes que réelles, chacune a sa personnalité propre ; le Père n'est que Père, le Fils n'est que Fils, le Saint Esprit n'est que Saint Esprit ; je

(I) fn Joann. tract, .31). Iîossuet. t. Ci. dos Sonnons, p. Ui.

(;2) Nous croyons ulilo ilo rciiroiluiro le texte original: Vciuni (|uoiiiani m itnilins rei, ((uani linjiis oniiiiuni altissiir.oo ac dilTicillir.iaî nolitia atque explicalione, aiit pcriciilosins vorsari, aut g'ravius crrarc possunnis, doccat parochns roligioso rolinonda osse essenlifi' et persoiiœ ))ropria vocaliula,i|nilius iioc nivsleriiim signiticalur ; et sciant lidoles unilateni osse in ossentia, distinclionomauleni in personis ; scd lui'c subtilins oxquirere niliil oportot, cuni nie-, niinerinuis Inijns vocis : Qni scrnialnr est Majoslads, upprimolur a gloria ( Cap ->, n. ;) ).

:)0 LE SYMliOl.E DES Al'OTP.ES

lie fais ici que traduire saint Augustin : Palcr, Palcr csl ; Filin!^, Filins est ; S2iiritiis Scmclus, Spiritns Sanctiis est (1). Et avant saint Augustin, le Symbole de saint Athanase n'avait pas formulé la croyance catholique d'une manière moins précise, en (lisant: Autre est la personne du Père, autre la personne du Fils, autre la personne du Saint Esprit : Alia est persona Patris, (ilia Filii, alla Spiritus Sancti (2).

Mais du Père, ou du Fils, ou du Saint Esprit, chacun ayant sa personnalité propre, qui est plus, qui est moins? Qui est premier, qui est dernier? Qui est plus grand, qui est plus petit? Le Père engendré d'aucun autre est-il antérieur aux deux autres? Le Fils engendré du Père est-il dépendant do son principe? Le Saint Esprit qui procède de l'un et de l'autre estil d'une condition inférieure à l'un et à l'autre ? Vaines questions ; les trois personnes sont égales en toutes choses ; les trois sont éternelles, les trois sont toutes puissantes, les trois sont immenses, les trois sont souveraines : Seigneur est le Père, Seigneur est le Fils, Seigneur est le Saint Esprit (3) ; chacune (les trois est Dieu ; nous balbutions des clioses sublimes avec le Catéchisme : Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint Esprit est Dieu.

Oui, le Père est Dieu : Père, mon Père, s'écrie Jésus Cin-ist, dans la sublime Oraison sacerdotale que saint Jean nous fait lire au dix septième chapitre de son Évangile : Père, mon Père, vous connaître, vous le seul et vrai Dieu, voilà la vie éternelle, il n'en est point d'autre: Hœc est vita œterna,ut cocjnoscant le soïuiu Deutn vcrum (4).

Oui, le Fils est Dieu, vous allez chanter tout à l'heure : Dieu (le Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, de même nature que le Père (5), sa ressemblance parfaite, son image, non accidentelle et passagère, mais substantielle et éternellement subsistante (6), son égal enfin, et sans usurpation se disant

(1) //) Jonnn. tract. 3i).

(2) Sijinb. Qiiiciunqne.

(3) Sijinb. Quicuniqne.

(4) JdANN. C. XVII, V. 3.

(r)) Sijinb. de Nicée.

(Cl) Heiî. c. I, V. 3.

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