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se. Mais quoi ! Est-ce que Dieu n'est pas tout pui.ssant'? Est-ce ({u'il ne peut pas communiquer dans telle mesure qu'il lui plait quelqu'une de ses perfections, si de sa nature cette perfection e.stcommunicable? Quel Dieu serait-il, c'est la pensée de saint Augustin (1), s'il ne pouvait faire que ce que nous pouvons comprendre ou imaginer? D'ailleurs, tout n'est-il pas surnature! dans la religion ? Chose surnaturelle : l'homme fait chrétien, enfant de Dieu, et sortant tel d'un peu d'eau, quelques paroles s'y ajoutant. Chose surnaturelle: la .sentence d'absolution prononcée par le prêtre, ratifiée au ciel, et rendant à une conscience souillée son innocence première. Chose surnaturelle ; la présence, réelle, véritable, substantielle du Corps, du Sang, de l'Ame, de la Divinité de Notre Seigneur .Tésus Christ, là où, quelques secondes auparavant, il n'y avait que du pain et du vin. . . Semijlablement. chose surnaturelle : un homme faillible de sa nature, comme tout homme ici-bas, rendu infaillible par la vertu d'En-Haut.
Mais quand le pape est-il donc infaillible ? L'est-il subjectiveitwnt toujours ? L'est-il, par exemple, comme évêque du territoire romain, autrement dit, comme évéque du diocè.sé de Kome ? Non. L'est-il comme primat des six évéchés suburbicaires sur lesquels il a les droits de métropolitain ?Non. L'estil comme patriarche de tout l'Occident, car ce titre lui appartient non moins que les précédents (1) ?Non encore ; en l'une ou en l'autre de ces qualités il est de même condition que tel évéque dans son diocèse, tel primat dans sa province, tel patriarche dans son patriarcat. Quand l'est-il donc ? Uniquement, lorsqu'il parle, décide, agit comme pape, c'est-à-dire comme évéque universel, comme chef et tète de toute l'Église.
Mais si le pape n'est pas inïSLiWihlesuhjectwemenl. toujours : du moins l'est-il objectivement dans tous les cas, c'est-à-dire dans toutes les matières qu'il traite ? Non plus ; le pape peut se tromper en telle question scientifique, en telle question politique, à moins qu'elle ne touclie aux intérêts généraux delà religion, en telle question historique, même en telle question théologique. .>^' il n'en traite que comme Docteur privé. Mais s'il parle com-
(1) Di'imis Deiim ali(iuiil pusso, quod nos ratt'aiiuir iiivostigare non possc.
(2) Benoit XIV, ap. Crmsson. n. 679.
•^•44f LE SYMBOLE DES APOTMES
me pape, comme tête de toute rÉglise, dans une question de foi ou de mœurs (i), ou dans une question se rapportant <à la foi ou aux moeurs, c'est alors qu'il est infailliJDle ; etsi la définition qu'il émet, lejugement qu'il prononce, en cette qualité de pape, sont conçus en des termes tels que l'intention du Pontife soit manifeste: de commander absolument et en vertu de sa suprême autorité l'acte de foi ou de soumission sur ce qui fait l'objet de cette définition ou de ce jugement, il faut croire et se soumettre, toute discussion est close, on ne juge pas après le pape, et le mot de saint Augustin revient fort opportunément : Rome a parlé, la cause est finie (2).
Arrêtons-nous ici. L'exposé que nous venons de faire ne manque pas de clarté, et nous le croyons exact. Qu'était-il besoin d'amonceler tant de nuages autour d'un point de doctrine si facile à saisir ! Pour nous, remercions Dieu de ce que, dans sa suprême sagesse et dans son infinie bonté, il a voulu qu'il fût mis à l'abri désormais de toute entreprise tendant à l'altérer. Que le corps enseignant dans l'Église, c'est-à-dire les évêques unis au pape, comme les membres le sont à la tête, soit infaillible, rien de i^lus vrai , nous-même l'avons démontré ailleurs. Mais quand il faut une réponse décisive à un doute grave en matière de foi, est-il donc si aisé de consulter la généralité des évêques? Quand il est besoin de frapper un couj» vigoureux, instantané, pour arrêter une hérésie qui se propage avec rapidité et menace de tout envahir, réunira-t-on le Concile assez promptement ? Encore une fois, remercions Dieu d'avoir mis éminemment dans la tête tout ce qui est dans hcorps uni à la tête. Cette tête, nous savons qui elle est, nous savons où elle est. Rome n'est pas loin, disait Tertullien aux fidèles d'Afrique, s'il s'élevait parmi eux quelque controverse,
(I) Le Pape, parlant comme Pape, romme T(Me de toute l'Église, infaillible dans une question de foi ou de mœurs. Ces mots : ou de mœurs, nous les entendons, est- il besoin de le dire, dans le sens le plus large, c'est-à-dire, comprenant tous les devoirs du chrétien, soit de la vie privée, soit de la vie jiublique (Note de raideur ).
(!2) S. Bnnaventure résume très bien: Papa non polest errare, suppositis <luobus : primnm, quod determinet quatemis papa ; alterum ut intendat faccre dogma de lide. Ap. LiGi'ORi, loco jam. cit. n. IK',
NXXIX. — LA SAI.NTK î;(i[.ISK ( :A'I'I lOlJOUK 'M-^i
quelque (jucstioii litigieuse à trancher (1). Aujourd'hui, le mot est plus vrai qui; jamais. Non seulement pour l'Afrique, mais pour toutes les parties du monde : Ro))>e n'esl pas loin . . .
I) De priracriiil . <'ii|i. :î(>.