QUARANTIÈME PRONE
La communion des Saints dans l'Église.
Credo . . . Sanctorum communionem.
Je crois ... la communion des Saints.
Unitas spiriliiS a quo illa Ecclesia rcgitiir efficit, ut quidquid in eam collaliini est, fonimunc sit.
Cateclt. Rom. cap. 11).
Nous avons parcouru une longue carrière. L'institution divine de l'Église, en vue de continuer la R.édeniption et d'en appliquer les fruits ; les marques certaines au moyen desquelles on peut discerner l'Œuvre de Dieu parmi les contrefaçons humaines , et la revendication de ces marques par l'Église romaine, à l'exclusion de toute autre société chrétienne ; l'Église romaine une fois démontrée seule vraie Église de Jésus Christ : son infaillibilité doctrinale, son autorité gouvernementale, sa hiérarchie sacrée; la primauté de saint Pierre, suprême Hiérarque, et de ses successeurs, les droits et prérogatives de cette primauté; voilà ce que nous avons exposé dans les précédentes Instructions. La matière n'est pas épuisée. Il reste à dire les grands avantages que l'Église procure à ses enfants : la Communion des Saints, et la rémission des péchés. Le premier de ces deux insignes bienfaits, c'est-à-dire, la communion des saints, c'est ce que nous nous proposons d'examiner aujourd'hui. Dieu nous aide de sa grâce ! ...
Avant d'aliorder directement le sujet, il est à peine besoin de dire que le mot communion a un autre sens que le .sens or-
dinaire, et qu'il sert ici à désigner, non la communion Eucharistique, mais l'ensemble des vrais serviteurs du Christ Jésus, en comnHinion les uns avec les autres, c'est-à-dire unis entr'eux pai" un même lien de religion, dans une réelle communauté de IViens spirituels, et un fraternel échange de services.
Quant au mot saints, c'est une heureuse réminiscence des premiers âges chrétiens ; à l'origine de l'Église, les Fidèles étaient appelés Saints: Vous êtes la race choisie, la nation sainte, la société des saints, leur disait saint Pierre (1)... Aux saints, qui sont à Rome, à Éphèse, à Corinthe, et dans toute rAchaïe(2); ainsi écrivait saint Paul, non qu'ils le fussent tous, mais parce que telle était alors, telle est aujourd'hui, telle sera toujours la vocation commune: que tous les chrétiens soient saints. Chrétien et saint, ces deux mots rendent le même son.
Les motssontexpliqués; disons maintenant ce qu'est la chose.
C'est le bel enseignement de saint Paul : que l'Église est un corps, cette expression ou les équivalents de cette expression reviennent maintes fois sous la plume du grand Apôtre dans ses Epitres ; que de ce corps, nous, les fidèles, nous sommes les membres, et Jésus Christ la tète, de laquelle tout le corps reçoit accroissement et vigueur ; conséquemment, que l'Égli.se est un corps vivant, bien ordonné, en beaucoup de clioses semblable au corps luimain, et comme lui formant un tout organique complet ^3).
Or, si dans le corps humain chaque membre a sa fonction spéciale, particulière, ce n'est cependant pas pour lui seul exclusivement qu'il l'exerce, mais pour la communauté elle-même et au profit de ce tout dont il n'est qu'une partie. Ainsi, les yeux conduisent les pieds, les mains défendent la tête, l'estomac qui reçoit et digère les aliments, ne le fait que pour communiquer de nouvelles forces à tout l'organisme. Voilà le corps humain : il y a réciprocité de services entre tous les membres qui le composent.
(!) I Petr. c. Il, v.*,t.
{■2) II Cor. c. i, v. 1.
^3) I r,OR. c. XII, \ . l'i-'-lH ; fii'H. c. IV, V. If» ; c. v, v. 2;J ; Coi.oss. c. i, v. 18.