XL. — l-A CÙ.M.MI'MON l>i:S SAINIS TliO
Eh bien ! pour revenir à l;i eonipuniison d(; saint l'aul, et la développer à l'aide du Catéchisme romain, il en est de même dans l'Église. Dans l'Église, beaucoup de membres, mais un seul corps, parce qu'il y a une tète unique, .Jésus Christ. Dans rÉgliso, beaucoup de membres, mais entr'eux mutuel <'îchange de bons offices, chacun travaille pour tous, en même tcunps que tous pour chacun. C'est-à-dire, si nous l'entendons, que, de même que dans le corps humain chacun des membres de ce corps participe aux avantages de tout ce corps ; ainsi dans l'Église tout ce qui est fait par l'esprit de Jésus Christ, tourne au profit de tous ceux que vivifie l'esprit de Jésus Christ; que, d(^ même que dans le corps Immain le sang et les esprits vitaux se distribuent et se répartissent entre tous les membres selon le besoin de chacun ; ainsi dans l'Église, les dons, les grâces, toutes les richesses spirituelles, sorte de fonds social appartenant au Corps, se partagent, selon le mérite de chacun et le besoin qu'il en a, entre tous ceux qui tieiuient à ce Corps.
Pour éclairer ce point de doctrine, et le mettre plus à portée, entrerai-je dans quelques détails ? Vous n'ignorez pas que tout bapti.sé, par cela seul qu'il est baptisé, a qualité pour recevoir tous les sacrements de l'Église ; ils sont devenus son bien propre, il y a droit, et, à moins qu'il ne soit notoirement indigne, on ne peut les lui refuser sans injustice. Mais savez-vous aussi, ou bien vais-je vous l'apprendre : que tout fidèle participe, dans une certaine mesure, selon les dispositions actuelles plus ou moins parfaites de son âme, à plus forte raison, s'il est en état de grâce, au fruit de toutes les messes qui se disent, de toutes les prières publiques ou privées qui se font, de toutes les bonnes œuvres, de tous les actes de vertu qui s'accomplissent, en quelque lieu et à quelque heure qu'ils s'accomplissent ? ... Pourtant il en est ainsi.
Oui, des plusieurs centaines de milliers de messes qui .sont célébrées chaque jour, il n'en est pas une qui ne profite à tous et à chacun, finalement au monde entier.
Oui, de telle bonne a:;uvre qui est faite, de telle vertu qui est pratiquée, de tel acte ou d'humilité, ou de patience, ou d'amour de Dieu, ou de charité envers le prochain, le fruit spécial est pour celui qui la fait, cette bonne œuvre, qui la prati-
que cette vertu et en accomplit les actes, mais le IVuit général entre dans le trésor de l'Église, et tous ceux-là y ont quelque part, qui sont membres de l'Église.
Et les prières ... Je prends la plus usuelle : N"avez-vous pas remarqué que dans l'Oraison dominicale, tout est au pluriel, l'ien au singulier; que nous disons Notre Père, et non pas Mou Père ; que nous ne demandons rien pour nous, ni le pain de chaque jour, ni le pardon despé'cliés, ni la délivrance du mal, .sans que nousne le demandions également pour tous les autres, pour tous nos frères en Jésus Christ (1) ?
C'est un fait, de l'ordre physique, que la plante qui se reproduit à l'endroit où elle meurt, va se reproduire encore et renaître au loin, quelquefois même .sur un autre continent, parce qu'une de ses graines, emportée par les vents, avec l'enveloppe qui la protège, a trouvé de nouveaux cieux propices, et une autre terre fertile qui lui sert de berceau.
Eh bien ! le monde surnaturel, lui aussi, renferme des merveilles qui ne le cèdent iDoint aux merveilles du monde physique... Étant donné l'admirable dogme de la communion des saints, rien ne peut m'empécher de croii'e, ou plutôt j'ai toute raison de croire : que cette aumône que je fais, si je la fais bien, cette œuvre de pénitence que j'accomplis, si je l'accomplis bien, cePaler ou cet Arc Maria que je dis, si je. le dis ijien, (■ette messe que je célèl)rc, ou que j'entends, si je la célèbre, ou que je l'entende bien, profiteront non seulement à moi qui la fais, cette aumône, qui l'accomplis, cette œuvre, qui la dis, cette prière, qui la célèbre ou l'entends, cette messe, mais encore à quelqu'un de mes frères, et lui attireront, en vertu du lien qui nous unit, ou une grâce de consolation, ou une grâce de convei'sion, ou une grâce de force, si la tentation l'obsède, ou la grâce d'une bonne mort, s'il agonise : fùt-il â quelques centaines, ou même â quelques milliers de lieues de moi !
() la belle et féconde fraternité, celle (pie l'Église enseigne et
{[) Quiiiiilu or;nmis, non \>vi> une, -l'd ,m-i) IdIh iio|iii1 anms. S. C.vi'.
de Oral. Dom.