‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 107 sur 172 · XLI. — LA l'.KMISSIOX l)i:S l'IlCIIIlS -W · texte numérisé non relu

XLI. — LA l'.KMISSIOX l)i:S l'IlCIIIlS -W

écai'tco, ruHVt sera plus |)r(iiiii)l. ;"i (lispai'ailro ; c'est ijourquoi s'adressaiiL à l'inliniic : Mon lils, lui dil-il, aii' conliance, les pochés te sont remis : Cou/iilf, /il!, rruiilliiiilnr lihl pccvala.

A CCS mots, les Juifs [irésents se n'^d'icnl. Cet homme I)lasphème, (lisent-ils; ipii peut remetlrc les ])éch;'s, si ce n'est Iheii seul? Et .lésiis re])reuaiit : Ouel esl le [dus facile de dire: tes péchés te sont remis.. . ou iùeii ceci : lève-toi et marche?... Kt sans attendre la réponse de ses contradicteurs: Afin donc que vous sachiez i)ien que le Fils de riiomme a le pouvoir sur terre de remettre les péchés : Lève-toi, dit-il au paralytitiue. . . et pour qu'il soit bien- avéré qu'en même temps que le mouvemenl, les forccS sont revenues: prends ton hl, charLic-le sur tes épaules, et retourne en ta maison... VA le paralytique se leva, et il se mit à. marcher, et ayant pris son lit, connue il venait de lui être dit, il s'en alla, radicalement guéri... Hue fallait-il de plus? La i)reuve du pou\oir (jue Jésus s'attribuait, de remettre les péchés, était faite, faite sans réplique, puis(|u'elle l'était par le miracle, cpn est, de toutes les dénionslralions, la plus concluante, la plus iriésistible.

V a-t-il lieu de regretter une digression qui nous a fait assister à Tune des plus l)elles scènes évangéliques? Je ne le pense pas; d'autant qu'à mon avis, c'est moins une digression, qu'une iidroduclion. Avaid d'aller i)Ius loin, il était nécessaire de prouver que le Sauveur avait (jualils'' pour remctti'e les péchés, non seulement en lant fju'il était Dieu, mais encore en tant qu'il (Hait honmie, Homme-Dieu.

Mais si Jésus Christ, Dieu et honune tout ensemble, Ilonune- Dieu, était en possession du pouvoir de remettre les péchés, et si, au cours de sa vie mortelle, il l'a exercé personnellement, se l'est-t-il réservé à lui-même, ou bien l'a-t-il communiqué? Il l'a commuinqué ; c'est le mot du Symbole, c'est notre foi: nous croyons la rémission des péchés : Credo roiilsf^ioncrn jjcccuLovHin.

Nous croyons ([u'avanl de (|uitter la terre pour retoinaier au Ciel, J(''sus Christ a institue'' le lUq tà.ne ; (pi'il l'a ordoinié à l'effacement, non seulement du i)éclié originel, mais encore, si le sujet est adulte, des péchés actuels eux-mêmes; qu'il en a fait l'Eglùse seule d(''posiLaire, en voidant (ju'on ne le recul, ou que

:r)S LK SYMliOLK DES APOTRES

■ilu prêtre, ministre ordinaire du sacrement, ou, si le prêtre jait défaut, du diacre, ministre extraordinaire, ou bien enfin, que si, dans un cas de n(''cessité extrême, tout homme, même hérétique, même infidèle, put baptiser, le baptême pourtant ne lût valide qu'autant que cet hérétique, ou cet infidèle, aurait eu, en le contërant, l'intention réfléchie de faire ce que fait l'Église. C'est ainsi que le Baptême et les efl'ets (ju'il produit, sont la propriété exclusive de l'Église.

Mais, qui a conservé, ou qui conservera jusqu'à la fin de sa vie l'innocence baptismale? J'en vois dix dans un siècle, vingt au plus. Tous les autres ont péché, o)nnes (Ifclinavci'unf (1), et beaucoup, sinon tous, en beaucoup de choses, in HudliK ojfen- (HniKs oDuics (2). Le Baptême étant donc naufragé, est-il qnel- <|ue planche de salut? Autrement dit et sans figure, est-il quelqu'autre moyen de recouvrer la grâce de Dieu? La réponse est la même : Nous croyons la rémission des péchés : Credo rcmis- ."iioiicm j)ercato)'ii)}t.

Nous croyons que .lésus Christ a donné à son Église le pouvoir de remettre les péchés commis après le Baptême. Quand ? Le jour où, s'adressant à saint Pierre d'abord : Je te donnerai, lui dit-il, les clefs du Royaume des Cieux, tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel, tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel (3); aux Douze ensuite: Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, tout ce que vous <lélierez sur la terre sera délié dans le ciel (4) ; puis enfin, lorsqu'après sa résurrection, donnant à sa pensée une forme plus précise, et à l'Institution son caractère définitif: Comme mon Père m'a envoyé, ainsi je vous envoie, c'est-à-dire, si nous l'entendons, avec la même mission à remplir, les mêmes pouvoirs à exercer, recevez le Saint Esprit, les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez : Sicirt misit me Paler, ego laltto vos ; accipile Spiritiim Scoichim : quonim remiseritis pcccata rcmittuntitv /'/.S', ('/ (/Honnn )'efiiiiii'}'Uis yrtcnla sunt (5i.

(1) PS\L. XIII. (i) Il)i(l. •'. XVIII.

(2) Jacob, c. m, v. i. (5) Ibiil. c xxviii. (î) M.\iTii. c. xvi.

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