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quelles objections déjà inillo fois réfutées ? Ceux (\u\ les font ressemblent assez à ces enfants impatients et mutins, (jui se veMigcnt par de petites colères do l'instrument qui les a blessés.
On dit donc : S'il y a un enfer, qui le sait'? qui l'a vu? qui en est revenu jamais?... Mais c'est se rassureM' trop facilement là où l»ien plutôt il faudrait trembler. Personne n'est revenu de l'enfer, pour cette raison très simple: que, quand on y est, on y reste ... Et puis, cette relation venant de l'autre monde, est-elle à ce point nécessaire? N'avons-nous pas le témoignage du genre bumain tout entier, la parole de Jésus Clu'ist (pii est toute vérité, l'enseignement de l'Kglise qui ne peut se tromper, les conclusions si justes de la raison elle-même? Celui qui, avec tout cela, s'obstine à ne pas voir, se rendrait-il à la déposition d'un mort ressuscité ? Est-il besoin de rappeler cet aveu, fait par un trop célèbre incrédule du siècle dernier : Lors même que tout Paris viendrait m'affirmer qu'il a vu un mort ressusciter, j'aimerais mieux croire que tout Paris est devenu fou, que d'admettre le miracle (i).
On dit encore : Dieu est l)on, il ne veut pas nous perdre; Enfer et IMiséricorde, ces deux mots se repoussent, et burlent d'être ensemble . . . Voilà l'objection ; vous l'avez entendu faire, vous-mêmes peut-être l'avez-vous faite ; et quand on l'a formulée ainsi ou en termes équivalents, on reste fort tranquille, on tient pour bien avéré qu'il n'y a point d'enfer . . .
Oui, Dieu est bon, miséricordieux, tout cbarité; Dots caritus est, nous ne le dirons jamais assez. Mais, de grâce ne le mutilons pas, n'en faisons pas deux parts, pour n'en prendre <pi'une et laisser l'autre. Dieu est juste autant que bon, non moins nécessairement juste que nécessairement bon, non moins infiniment juste qu'infiniment bon . . . Et puis, l'objection que l'on tire de la bonté de Dieu, au détriment de sa justice, croule par la base. On dit: Dieu ne damne personne; rien n'est plus vrai. C'est l'bomme qui se damne lui-même, sa perte n'est imputable qu'à lui seul : Pcrditio tua c.r te, hraïd (2). L'enfer, c'est le lieu de son choix; il y est parce qu'il l'a voulu. Que
(1) D'alembebt.
(2) ose/e c. xiii, v. 0,
pensez-vous en ellet que soit l'Enfer? Est-ce la peine du sens qui le fait ce qu'il est"? Non, ce n'est que la moindre partie. L'Enfer est principalement dans la privation de Dieu. Nous ne le comprenons guère dans l'état actuel des choses. Pourtant cela est. La perte du Bien Inllni ('-(juivaut à la totalité du mal ; et c'est l'Enfer. Or, cette .séparation d'avec Dieu, qui donc l'a voulue? Ce divorce, qui donc l'a consommé? Voilà un homme en état de péché mortel, conséquemment de damnation. Il le sait, parce qu'il ne peut pas l'ignorer. Il le sait, et il y reste. Pendant dix ans, vingt ans ou plus. Dieu, n'écoutant que sa miséricorde, invite ce pécheur à se convertir, par l'offre cent fois renouvelée de sa grâce. Le pécheur refuse. Arrive le dernier jour, et dans le dernier jour le dernier quart d'heure- Le pécheur ne veut pas encore, il refuse toujours . . . Enfin une voix se fait entendre, comme autrefois sur Babylone, quand la mesure de ses iniquités fut pleine : Finis, finis, ecce finis, venit finis — c'est Dieu qui parle — la fin, la fin, voici la fin, la fin est venue ; assez longtemps j'ai attendu, pressez, concluez, fermez le dé- )jat : Fac conclusionem (1) ... La mort obéit, elle frappe, et cet liomme tombe en enfer. A qui la faute? On a montré à cet obstiné le précipice, on le lui a signalé cent fois. . . etil y court. Arrivé sur le bord, on l'arrête, on le conjure de ne plus faire un pas ... et il le fait. Encore une fois, à qui la faute? Non, en cette capitale affaire de la damnation, la bonté de Dieu est sauve ; et c'est précisément cette considération qui, plus que tout autre supplice, torture les l'éprouvés: qu'ils le sont par choix, par l'effet de leur volonté propre. C'est le trait qui s'enfonce le plus avant dans leur âme. S'ils maudissent Dieu, ils se maudissent bien plus eux-mêmes, comme seuls artisans des maux qu'ils endurent. 0 interminables regrets ! 0 remords cuisants d'une conscience qui s'accuse elle-même ! 0 Ciel, je t'ai perdu par ma faute ! O Di(Mi, tu étais mon partage, et je n'ai pas voulu ! A la bénédiction (jui m'était offerte, j'ai préféré la malédiction ; je ne puis m'en prendre qu'à moi-même ; je me suis fait ma déplorable destinée ... Et alors, toujours vivants et toujours mourants, poussant mille plaintes désespérées au
(1) EZECH. c. xxui.
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milieu (rin'(''iiiédiables douloiu's, ils ronrossciit, mais trop lard, (fu'il lie tenait qifà eux d'avi)ii' un sort meiliiMir . . .
Croyez-moi, clirétiens, raisomious moins contre renrei', et précautionnons-nous davantage. Un jour on demnndait à un solitaire, qui avait passé de longues années loin du commerce des hommes, ce qu'il faisait au fond de son désert : Je méditais les années éternelles, répondit-il : Annus rcternns iticditahar ... Je ne comprendrai jamais, disait un autre .saint personnage, qu'un homme que la foi éclaire encore, et dont l'âme est chargée de péchés, difTère sa. conversion, et s'expose à ce que la justice de Dieu vienne le saisir dans l'état de damnation où il se trouve.
Fasse la divine grâce que nous prolitions d'un tel exemple, et d'un aussi salutaire avertissement! . . .