‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 117 sur 172 · VI · texte numérisé non relu

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LA \ll'; KTI'll'.XKI.LI-; -^07

solides, l'or, l'aryen I, les piciT<'s précicusc^s, c'est-ù-dirc les œuvres bonnes de tout point, restent intactes ; mais les i)arties moins résistantes, le bois, la paille, les herbes s«iches, c'est à-dire les œuvres imparfaites, de^fectueuses, sont consumées, et le constructeur lui-même n'a la vie sauve, qu'en passant comme par le l'eu (i) . . . Ainsi s'expriment les Ecritures. Qu'importe que le mot Purf/dloira ne s'y trouve point, si les exi)ressions qu'on emploie sont plus qu'équivalentes, et rendent mieux la chose que ne le ferait le mot lui-même . . .

La Tradition. Sur aucun point peut-être, elle n'est ni aussi constante, ni aussi universelle. Interrogez, l'un après l'autre, tous les siècles, feuilletez toutes les Liturgies et tous les Rituels, comparez entr'eux les témoignages des Pères ; c'est partout la même chose: des prières et supplications, des aumônes, des Sacrifices ofTerts en faveur de cette catégorie d'âmes dont nous parlons en ce moment, trop peu coupables pour encourir une condamnation irrévocable, mais, non plus, pas assez pures pour entrer en jouissance immédiate du bonheur éternel. Ici, c'est Tertullien qui recommande à une veuve de prier pour son époux, et de faire des oblations, au jour anniversaire de sa mort ; autrement, ajoute-t-il, vous donneriez à penser que vous aviez déjà divorcé pendant la vie (2). Là, c'est le plus docte des hommes de son temps, Origène, qui enseigne, dans un texte trop long, à la vérité, pour être cité intégralement, mais dont j'extrais fidèlement le sens : Que si, au sortir de la vie, il y a en nous mélange de bien et de mal, nous ne serons pas récompensés du bien, sans que le mal entre en ligne de compte, ni châtiés pour le mal commis, sans que le bien soit pris en considération ^3). A peu près dans les mêmes temps, et aux époques suivantes : C'est saint Cyprien, <}ui fait envi.sager à ses Fidèles, combien c'est une punition justement redoutée, d'être privé après la mort des sulïrages de l'Église (4) ; C'est saint Kphrem mourant, qui songe bien moins à demander des parfums pour embaumer son corps, que

(1) I Cor. c. III, V. I^i-IT). (3) Honiil. in Jeretii.

(2) De Monoijain ia , v. x. (i) IljiisloL U).

des prières pour délivrer son âme (1). C'est saint Cyrille, qui apprend à ses chers néophytes rangés sous le grand porche de son église, que les âmes de ceux pour qui le saint sacrifice est offert, reçoivent un grand soulagement pendant que l'adorable Victime est sur l'autel (2) ; c'est le doux saint Ambroise, qui écrit à son ami Faustus, au sujet de la mort de sa sœur, qu'il doit moins la pleurer que l'accompagner de ses prières; que ses larmes l'affligeraient, au lieu que ses oblations recommanderont son âme à la divine miséricorde (3). Et ils sont cent autres à tenir ce langage. Que ne pouvons-nous les citer tous, et suivre le cours des siècles ! En passant par saint Augustin , saint Grégoire le Grand, saint Bernard, saint Thomas d'Aquin, nous arriverions jusqu'à Bossuet, nous assisterions à sa mort, le 12 avril 1704, nous l'entendrions répondre avec une sainte indignation, à l'un de ses familiers qui s'était avisé de vouloir l'entretenir des services par lui rendus à l'Église, et de la gloire désormais inséparable de son nom : Cessez ces discours, monsieur, songez bien plutôt à demander pour moi pardon à Dieu de mes péchés (4) . . ,

L'Église enfin. Elle aussi, l'heure venue, l'Église parlera, et déclarera officiellement sa foi. Qu'un moine, élevé dans son sein, puis déserteur de ses croyances, lève l'étendard de la révolte ; qu'il rompe avec toute l'antiquité chrétienne , et rejette tout ce qui avait été professé jusque là ; qu'il imagine un système de justification, dans lequel le pécheur prétend user du droit de tout exiger de Dieu, et se croit dispensé de lui devoir quoi que ce soit ; qu'en conséquence de ce système aussi contraire au bon sens qu'aux Écritures, il en vienne à nier la nécessité des œuvres satisfactoires, en ce monde, et jusqu'à l'existence du Purgatoire, en l'autre-: c'est alors que l'Église se lèvera ; qu'elle s'assemblera en concile général ; qu'elle ven-

(1) Eii son testament.

(2) Catech. 23.

(3) Ep. Lih. 2. Epistol. 8.

(i) Vie de Bossuet, par le Cardinal de Bausset, t. i, p. 20-4. — Même trait dans la vie du contemporain de Bossuet, S. François de Sales. Aux personnes <|ui lui parlaient de sa réputation de .sainteté, il répondait : Quand je serai mort, on ne priera point pour mon âme, qu'on s'imaginera être allée tout droit en paradis : voilà tout ce qui me reviendra de cette réputation. Hamon, t. 2, p. 444.

\LVII. — LA vri-: KTERNELLK 4()î)

Kcra sa foi des négations dont elle est l'objet ; qu'elle fulminera l'anatlième conti'c les délinquants: Si quelqu'un dit, qu'à tout pécheur pénitent, qui a reçu la grâce de la justification, la coulpe (OU l'offense) est tellement remise, et la peine éternelle tellement al)olie, qu'il ne lui reste plus aucune peine temporelle à souffrir en ce monde, ou en l'autre, dans le Purgatoire, avant d'entrer dans le Royaume des Gieux, qu'il soit anathème (1) ... Si quelqu'un dit, que le sacrifice de la messe n'est pas propitiatoire, qu'il ne doit point être offert pour les vivants et pour les morts, pour les péchés, les peines, les satisfactions et les autres nécessités, qu'il soit anathème (2)... Elle fera mieux encore : Cette foi qu'elle tient pour sienne, et qu'elle vient de déclarer d'une manière si solennelle: en vue de la mettre à l'abri désormais de toute erreur, et de l'ignorance elle-même, elle la confie aux Évéques, pour qu'ils en soient les dépositaires fidèles et les zélés propagateurs. Citons le texte authentique, qui témoigne du dépôt et confère la mission: L'Église catholique, instruite parle Saint Esprit, ayant toujours enseigné, suivant les saintes Écritures et l'antique tradition des Pères, dans les saints Conciles et tout récemment dans ce Concile général, qu'il y a un Purgatoire, et que les âmes qu\ y sont détenues, reçoivent du soulagement par les suffrages des fidèles, et principalement par le sacrifice de la messe, toujours agréé de Dieu : le saint concile ordonne aux Évéques il'avoir soin que la .saine doctrine du Purgatoire soit enseignée et prêchée partout, afin que les fidèles y tiennent, et la professent telle qu'elle nous a été transmise par les saints Pères et les saints Conciles (3)

L'Eglise a parlé, la Tradition a parlé, les Écritures ont parlé. .\jouterons-nous à cet enseignement ? Aborderons-nous plusieurs questions, secondaires, à la vérité, jnais encore importantes? J)irons-nous où est le Purgatoire? Ce qu'on y souffre? Comijien de temps on y reste?

Où est le Pm'gatoire ... J)isons, sans tarder, qu'à cet égard

(1) Conc. Trid. Sess. Ci. caii. :>0.

(2) Sess. ±1, caii. :!.

(3) Iii. iS'cs'.v. 2.'», Dcnoluiu ilc l'urgalorio.

Dieu n'a rien révélé, et l'Église rien prononcé. Le ciiamp reste ouvert. Mais parmi les opinions libres qui étaient en droit do se produire, et se sont produites en effet, la mieux accréditée, la plus communément reçue, est celle du Docteur Angélique, saint Thomas, qui met le Purgatoire dans les entrailles mêmes (le la terre, et en fait comme une dépendance, une annexe de l'enfer (1) ... Ce qui n'empêche pas pourtant, pas plus que l'exception ne détruit la règle, que, pour certaines âmes, le Purgatoire est moins un lieu, qu'un état, moins un lieu où elles soient enfermées, et, si j'ose dire, gardées à vue, qu'un état de souffrance et de peine qui lait comme le fond et le tout de leur être, en quelque lieu qu'elles se trouvent. Mais lieu, ou état, il est certain d'ailleurs, que, Dieu le permettant, et il le permet quelquefois, elles peuvent se révéler, se montrer à nous sous une forme ou sous une autre, soit pour nous demander secours et assistance, soit pour nous confirmer la vérité de l'expiation après la mort, soit pour quelqu'autre motif. Les apparitions d'âmes mentionnées dans les livres qui traitent de cette matière, ne sont pas toutes vraies, je veux bien le reconnaître ; mais qu'elles soient toutes fausses , non, certes, il s'en faut bien . . .

Ce qu'on souffre en Purgatoire . . . Sur ce point, non plus, ni Dieu ne s'est déclaré, ni l'Église n'a défini. Ce qui est absolument certain, c'est qu'on y souffre. Les âmes y sont dans un état violent, premièrement, parce qu'elles sont là où elles ne devraient pas être, secondement, parce qu'elles ne sont pas là où elles devraient être; et elles en ont conscience, elles savent que leur état actuel n'est imputable qu'à elles seules, et elles se l'imputent en effet. Il est non moins absolument certain qu'on y souffre beaucoup. Les soulVrances du Purgatoire sont-elles plus grandes que les plus grandes souffrances de la vie présente? Les deux princes delà théologie, saint Augustin et saint Thomas, l'affirment (2). La plus petite souffrance du Purgatoire

(1) S. Thom. Siippl. q. lUU, Art. -. — La Liturgie dit : Liliera animas oiniiium fidelium defnnctorum de poMiis infoiiii, et de profundo lacii. //( ;»/.s'.s-. (lefunct.

(2) Gravior erit igais ille iiiiniii qiiichiuid pote-^t liomo put! iii liac vila. S.

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est-elle encore plus grande que les plus grandes soiiiïi'ances <Ie la vie présente? De très graves théologiens le croient et le disent (i). Y a-t-il dans le Purgatoire expiation par le feu ? L'Église, à la vérité, ne l'a pas défini comme de foi ; mais à cela près, c'est l'enseignement de la presque totalité des tlié-ologiens, qu'en Purgatoire il y a le tourment du feu, qu(^ ce ieu est matériel non métaphorique (2), que ce feu diffère de celui de l'enfer, non par sa nature, mais par ses effets, que comme sous l'action du vrai feu, l'or reluit, et la paille fume, ainsi aux ardeurs d'un feu de tout point semblable, le damné est inexorablement puni , le juste miséricordieusement purifié : Sicut shI) eodem igné aururu rutilât et imlea fumât; ita sub eodem igné peccator crematur, et electus pnrgatur (3). 0 Dieu très juste et très saint! 0 Dieu des vertus, qui ne souffrez rien d'impur sous vos regards, préservez-nous de l'un et de l'autre teu, du feu de l'enfer, et du feu du Purgatoire.

Enfin, combien de temps on reste en Purgatoire . . . Pas plus que les autres secrets du monde futur. Dieu ne nous a révélé celui-ci. Que quelques A.mes, hélas ! en bien petit nombi-e, aillent directement au Ciel, et au moment même où elles quittent la vie, il faut le croire. Que plusieurs autres, elles aussi, très peu nombreuses, ne fassent que passer par le Purgatoire sans y stationner, ce n'est pas douteux. Mais ce qui n'est pas moins prnba!)le, c'est que la grande majorité y reste, une année, des années, un quart de siècle, un demi-siècle, un siècle, plusieurs siècles ; quelques-unes vraisemblablement y séjourneront jusqu'au jugement dernier . . . Oublierions-nous que les âmes, dans le Purgatoire, ne peuvent plus s'aider elles-mêmes, ni faire aucun acte méritoire, ni recourir aux Sacrements, ni gagner la moindre indulgence, et qu'elles n'ont plus que la faculté de souffrir ('0? Oublierions-nous qu'il y a dans le Pur-

jVuo. EiKirr. in psat. )Î7. Preiia |Miii;iilorii cxTodit (uiiiu'iii [KriKiiii isliiis vit;f. 8. Thom. Suppl. (i- 100, art. :>.

(1) Facer. TottI pour Jésus, y. îi.V.I.

(2) S. Thom. il.id.

(3) S. Gfi'ijorius, apiid Tikim. ibiil. ail. "1.

(•4) Aiiimn* piirgatoiii non sniit in statu satistanipiuli iiroprio, .sed satisputieiiili. Sl'are/,, de Vurijat. Di.spiit. .'!.

gatoire, des âmes qui, au sortir de la vie, n'avaient que juste, à peine juste, pour n'être pas condamnées à l'enfer. Oublierionsnous qu'il y a dans le Purgatoire des âmes délaissées , auxquelles, après un certain temps, même quelquefois très court, ni parent, ni ami, personne ne pense, personne, soit par indifférence et oubli coupables, soit par propension à les croire, sur les moindres apparences, déjà et depuis longtemps en possession du Ciel? Oh ! que nous sommes faciles à canoniser nos morts ! Et que l'Église y met plus de façon, puisqu'elle est deux, trois, quatre siècles et plus, avant de déclarer que tel ou tel est un saint ! Oh ! que nos vieux ancêtres raisonnaient bien plus juste, quand ils fondaient des messes à perpétuité ! Et que ceux qui les imitent, sont Inen inspirés (1) ! ...

Il faut finir ... Et je vais le faire par un mot qui ne laissera pas que de vous causer une grande surprise. Mais, j'ose le prédire, votre étonnement sera de courte durée. Bénissons Dieu d'avoir fait le Purgatoire . . . Gomment ! On souffre tant dans le Purgatoire ! On y souffre la peine du dam, qu'à la vérité, nous ne connaissons qu'imparfaitement, mais qu'on dit être si grande, qu'il n'en est point de comparable, et la peine du feu, de toutes celles que nous connaissons, la plus excessive, en telle sorte qu'entre le Purgatoire et l'Enfer, il n'est d'autre différence que la durée ! Et il faut bénir Dieu d'avoir fait le Purgatoire ! En dépit de l'objection, je le répète sans hésiter : 11 faut bénir Dieu d'avoir fait le Purgatoire.' Écartons un instant l'imagination, pour ne prendre conseil que de la réflexion. Que deviendrions-nous sans le Purgatoire? Étant donné, et la raison toute seule suffirait à en fournir la preuve, que rien de souillé n'entrera jamais au Ciel ; étant donné, que

(1) Qui ]ieiit apprécier le terme des exigences de hi .Sainteté suprême, avant qu'elle achiiette à la possession d'une félicité qui ne finira plus, l'âme qui n'aurait éclia|ipé qu'avec peine aux rigueurs éternelles? Mgr I*ie, Instruct. paslor. t. 1, p. 3U'J. Et dans le corps du discours, il suppose que l'âme ilont il parle — et c'était rùnic d'un évéque, d'un évoque mort au onzième siècle — pouvait être encore dans le purgatoire, après huit cents ans déjà d'expiation.

XLVIl. — LA VTK KTKUNKLLK Mo

Dieu, la sainteté même, la pureté même, la justice menu-, ik; veut et ne peut vouloir, n'a et ne peut avoir en sa Cour, que des Élus, c'est-à-dire des âmes d'élite, des âmes choisies, des âmes justes, pures et saintes : sans le Purgatoire, je le répète, que deviendrions-nous, vous et moi, et avec vous et moi, des millions d'autres, qui, au moment de la mort, ne seront vraisemblablement, ni assez justes, ni assez purs, ni assez saints, pour aller directement au Cier.' Il n'y a qu'un instant, je vous parlais de certaines âmes, qui n'ayant, au sortir de la vie, que tout juste, pour ne pas aller en enfer, resteront peut-être en Purgatoire jusqu'au jugement général : j'affirme que ces âmes bénissent Dieu et le remercient de ce que, par le moyen d'une expiation très dure et très longue, mais qui doit finir, il les a soustraites à un supplice sans fin... Est quiedain miscricordia ssevieus ; c'est vrai. Dieu est bon jusque dans les cliAtiments qu'il inflige, en ce monde et dans le Purgatoire.

Faisons une dernière considération. Aussi bien, c'est la seule place que dans mon intention elle doive avoir au coui's de ces Instructions. On se demande quelquefois, non sans quelque anxiété, quel sera le nombre des élus, et quel sera le nomlire des réprouvés? Si celui-ci sera plus ou moins grand que celui-là ? Par suite de divergences dans l'interprétation de certains textes de l'Évangile, les théologiens sont fort partagés. Les uns concluent au grand nombre des réprouvés et au petit nombre des élus; les autres tiennent pour le grartd nombre des élus et le petit nombre des réprouvés . . . C'est, et jusqu'au jugement dernier, ce sera le secret de Dieu ; mais si l'on vient à réfléchir un peu au rôle immense que joue le Purgatoire dans l'Œuvre de la Rédemption ; si l'on veut bien ne pas perdre de vue, que ce ne sont pas seulement quelques âmes, presque parfaites, mais des milliers et des milliers d'àmes, très imparfaites, qui, chaque jour, tombent en Purgatoire, pour en sortir, l'expiation aciievée, et aller au ciel : serait-ce une témérité de croire, ([u'en fin de compte, c'est le grand nombre qui se sauve (l) ".'...

(1) Le P. Faber, qui lient [tour le t^raïul luniilur îles Kliis, surtout parmi les Catholiques, appelle le Purgatuiro: le liuitièiiie et terrible sacrement ilu feu,

*l % LK SYMBOLE DES APoTHES

O mon Dieu, malgré vos sévérités, plus apparentes que réelles, soyez béni ! Et fasse votre grâce, qu'ayant commencé, dès à présent, le cantique de vos miséricordes, nous le continuions aux siècles des siècles : Mincricordias Dorninl in sHcr/tHitt runtaho.

à l"iisage clos âmes, ol c'est la grande majorité, auxquelles les sept sacrements véritables n'ont pas suffi à conférer une pureté parfaite. Le Créateur et la Cre«/M/"e. Livre 3. chapitre 2. — Ce chapitre intitulé: Le grand nombre descroyants, est véritablement admirable.

QUARANTE MUITJKME ]>riONE La résurrection de la chair.

Ih'cdo... ((inu's n'siifrrclioiiciii, lùliiiii (l'Icntaiii. ,l(' crois... la rôsurrecliou de la chair, la vie éternelle.

.\l;ii;iiaiii hiijiis :irlii'uli (caniis l'csiirreclio) viia l'ssc^ ad liiloi iiostrio veritatom staliilieiiilani, id maxime osteiulit: qiiod divinis Littoris non solum credendus lidelilius ]in)|i(iuitnr, sed inultis ctiaiii ralioiiiliii.s coMrHiiiatnr.

Ijdiccli. Uoiti. lap. {"1.

Nous le disions en notre première Instruction sur les fins dernières : Autant la mort est certaine, autant elle est partielle . . . L'âme en effet échappe à ses coups, elle survit à la dissolution (lu composé humain, et pendant que le corps s'en va en son lieu, elle suit le cours de ses destinées qui nous sont maintenant connues. Mais le sujet n'est point épuisé, il s'en faut, et aujourd'hui nous disons : Autant la mort est cei'taine, autant elle est temporaire. Nous l'essusciterons . . . Quand '? Nous ne .savons ni Theure, ni le jour ; Dieu s'est réservé ce secret. Mais la chose est siire : nous ressusciterons. C'est le sujet de cetl(^ Instruction. Dieu nous aide de sa grâce! . . .

Pour aller du moins au plus, et arriver ainsi, par une marche progressive, jusqu'à cette vérité totale : qu'à la fin des temps tous les morts ressusciteront avec le mèmi! corps qu'ils auront eu pendant la vie :

Nous disons en premier lieu, que cette résurrection n'est pas impossible. Est-il besoin de le démontrer longuement'.' N'avons-nous pas établi, presque au début de nos Instructions

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sur le Symbole, que Dieu est tout puissant ; que, mis à part seulement ce qu'il ne peut pas vouloir, tout le reste lui est tellement facile, qu'un mot, qu'un seul acte de sa volonté suffit : Ipse ilixit et fada sinif, ipse inandavit et creata sioit (i). Quoi ! Dieu qui a fait l'homme, ne pourrait pas le refaire ! Dieu qui a fait l'homme de rien, ne pourrait pas le refaire avec quelque chose ! Vous craignez que la toute-puissance de Dieu, pour ressusciter les corps et les rendre à la vie, ne puisse rappeler tout ce qui aura été dévoré par les bêtes, ou réduit en cendre par le feu, tout ce qui se sera écoulé en eau, ou exhalé en vapeur ! Vous craignez qu'il y ait dans le sein de la nature des retraites si ténébreuses ou si profondes, que l'œil de Dieu ne puisse y découvrir nos restes, ni son bras les en retirer ! Quittez vite ce souci, s'écrie le grand évêque d'Hippone, saint Augustin, dans le plus magistral de ses ouvrages: absit . . . absit (2) . . .

Mais ce n'est pas tout encore ; et si par impossible l'ai'gument tiré de la toute-puissance ne suffisait pas, quoiqu'il soit très suffisant, il en est un autre que le Catéchisme Romain enjoint aux Pasteurs de mettre en lumière : Parochi partes erunt liane veritatem illastrare exempUs (3). Il les indique : ce sont les faits de résurrection qui ont eu lieu déjà. Ouvrez votre Bible : Vous voyez le prophète Elle ressusciter le fils de la veuve de Sarepta. le prophète Elisée rendre la vie au fils de la Sunainite ; un mort jeté précipitamment dans le tombeau du même Elisée, se ranime au contact des ossements de l'homme de Dieu. De l'Ancien Testament, jDassez dans l'Évangile, de l'Évangile dans les Actes. Dans l'Évangile, c'est Notre Seigneur qui ressuscite la fille de Jaïre dont on préparait les funérailles, le fils de la veuve de Naïm qu'on portait en terre, Lazare qui y était déjà depuis quatre jours ; il y a mieux, c'est Jésus Christ lui-même qui ressuscite : il était mort, mortuus, on l'avait enseveli et mis au tombeau, sepiiltu^, il redevient vivant et ne meurt plus,

(1) PSAL. CXXXVIII.

(2) De civit. Lili. "12, cap. -0. — S'il en a la facilité et le loisir, ([lie le lecteur lise ce beau texte dans son idiome d'origine.

(3) Cat. Rom. c. xii.

XLViii. — LA VI K ktf<:rnellk 417

Clirislus resurgens jam non moritiir. Dans les Actes, au chapitre neuvième, c'est saint Pierre qui ressuscite la pieuse femme Tabitc; au chapitre vingtième, c'est saint Paul qui rappelle à la vie le jeune Eutyque, tombé d'un troisième étage, et mort dans sa chute. Tous ces faits, et une foule d'autres dont les Annales de l'Église témoignent, sont certains, d'une authenticité incontestable, aussi avérés que les faits- les mieux prouvés de l'histoire. Et la conséquence qui en découle est irrésistible, elle ne saurait manquer de satisfaire les plus récalcitrants : plusieurs morts sont ressuscites, donc la résurrection des morts est possible. C'est un axiome de philosophie... et de bon sens : qu'autant du possil)le au réel, la conclusion ne vaut ; autant du réel au possible, la conclusion s'impose. Autrement dit : un fait s'est accompli, donc il est possible ; une chose s'est faite, donc elle est faisable : Ah actu ad posse valet consecutio. — Mais nous ne sommes encore qu'aux préliminaires de la question.

Nous disons en second lieu, que cette résurrection n'est pas improbable. Ce nouvel aperçu qui, s'il n'est décisif, du moins nous achemine vers la vérité totale que nous cherchons, a été magnifiquement rendu par les grands Docteurs de l'Église. En étudiant la nature, comme les Saints savent le faire, ils ont remarqué que, partout où il y a sommeil, il y a réveil, que partout où il y a mort, il y a reviviscence. Oui, s'écrient-ils d'une commune voix : pour toutes choses la mort est un passage à la vie, omnia de morte ad vitam transcnnt ; pour toutes choses il y a un déclin qui les ramène au point d'où elles étaient parties, omnia in statum rcdeunt cum abscesserint ; au moment où elles finissent, c'est alors qu'elles recommencent, omnia incipiunt cum desierint; on dirait que pour exister, il leur a fallu cesser d'être, ideo finiuntur ut fiant ; rien ne périt que pour échapper à la destruction, nihil dépérit nisi in salulcm. Et conmie si le principe général ne suffisait pas, ils en font les plus gracieuses comme les plus nombreuses applications : tel le grain de blé jeté en terre y meurt, et retrouve la vie dans la décomposition elle-même des éléments dont il était formé, semina )io)i nisi corrupta rcviviscunt ; tel le soleil s'éteint chaque jour, et renaît le jour suivant, sol de)nc)'[/it et renascitur, astra tahuntur et re- </t'ioii; telles les fieurs emportées par l'ouragan, reparaissent

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