‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 121 sur 172 · XLIX. — LA VIK KTEHNKLT.K · texte numérisé non relu

XLIX. — LA VIK KTEHNKLT.K

taqiiable : Nous ressusciterons tous : Omncs quidcm vesurgcmus. En second lieu, nous ressusciterons tous identiquement avec le même corps que nous aurons eu pendant la vie. C'était la croyance du Patriarche des anciens jours, du saint homme Job. P^coutons ses paroles qui ont traversé les siècles, plus durables que l'airain sur lequel il souhaitait qu'elles fussent gravées : Je sais que mon Rédempteur est vivant, et que je ressusciterai au dernier jour ; alors je serai revêtu de nouveau de ma peau, et je verrai mon Dieu dans ma propre chair ; c'est moi qui le verrai et non pas un autre, c'est moi qui le contemplerai de mes propres yeux ; ce ferme espoir repose dans mon cœur : ReposUa est hsec spes mea in sinu meo (i). C'est l'enseignement de saint Paul ; et voyez avec quelle précision il l'exprime ; il le sculpte, pour ainsi dire : ce corps, ce corps qui est mien, et j'en pourrais dire autant de celui qui est vôtre, ce corps corruptible, il faut qu'il soit revêtu d'incorruptibilité ; ce corps mortel, qui présentement est à moi, comme celui qui présentement est à vous, il faut qu'il soit revêtu d'immortalité : Oportet enim corruptihile hoc induereincorruptioneni, et mortalc hoc Induere immort aUlatem (2). C'est la doctrine de l'Église, tenue pour véritable par tous ses Docteurs, enseignée par tous ses catéchismes, définie comme de foi par ses conciles, et professée par tous .ses Théologiens ; citons le texte qui sert à la formuler : tous les hommes ressusciteront avec le propre corps qu'il ont présentement : Omnes cum suis propriia corporibus resurgeiit quse uunc gestant ; ainfii s'exprime le quatrième concile de Latran (3). Enfin, c'est la conclusion à laquelle la raison elle-même arrive sans effort, au moyen des principes certains qui lui sont fournis par la foi. Étant donnée cette vérité, que la résurrection finale aura lieu pour récompenser chaque homme, ou le punir, selon le bien ou le mal qu'il aura fait, avec la coopération ou la complicité de son corps, il va de soi que c'est en compagnie de son propre corps, et non d'un antre, qu'il doit se présenter devant son Juge : Il

(1) Jni!. c. XIX, V. 23-27.

(2) I Cor. c. xv, v. r>3.

(3) Ap. Gousset, t. 2, p. 1(52.

serait absurde, dit Tertullien, non moins qu'injuste, et à ce double titre, indigne de Dieu, que le corps que nous aurons eu pendant la vie, eût été associé à nos bonnes œuvres, et qu'un autre corps fût récompensé ; que telle chair eût rendu témoignage à Jésus Christ, jusqu'à souffrir le martyre, et que telle autre reçut la couronne ; que telle chair se fût vautrée dans la fange du vice, et que telle autre fût punie à sa place (i). C'est le bon sens qui parle.

Donc, jusqu'ici, ces deux vérités sont acquises : nous ressusciterons tous ; et chacun avec le corps, substantiellement, identiquement le même que celui qui est présentement le sien. Notre tâche pourtant n'est point encore achevée. Que seront-ils, ces corps ressuscites? Quelles en seront les qualités, les propriétés naturelles d'abord ? Auront-ils tout le développement qu'ils eussent atteint, s'ils n'en avaient été empêchés par une mort trop hâtive? Oui, les enfants ne ressusciteront pas enfants, mais adultes ; l'accroissement plus tardif que le temps leur eût donné, dit saint Augustin, accroissement, qu'ils possédaient en puissance seulement, non en volume, ratione, non in mole, ils le recevront soudain par un miracle de la puissance divine : Quod eis tarclius accessurum erat tempore, hoc siint illo Dei opère mira atquc celerrimo recepturi (2). Auront-ils l'intégrité, c'est-à-dire la totalité de leurs membres, les corps que le fer, ou le feu, ou quelqu'autre agent destructeur, aura mutilés? Oui; Dieu ne fait rien à demi, toutes ses.. œuvres sont parfaites, la résurrection, création nouvelle, ne saurait faire exception ; au corps ressuscité, pas un seul sens, aucun membre ne manquera ; il en sera alors comme dans l'Évangile que l'Église nous fait lire au deuxième dimanche de l'Avent : les sourds entendront, les aveugles verront, les boiteux marcheront (3), toutes les défectuosités auront disparu ; entrons en plus de détails encore, puisque le grave saint Augustin ne les a pas dédaignés : Ceux qui auront eu plus de corps et d'embonpoint ne reprendront point toute cette masse de chair ; tout ce qui est au delà d'une juste proportion sera réputé superflu. Au contraire, tout ce que la

(1) De resur. carnis, c. lvi.

(2) Decivit. lib. 22, c. xiv.

(3) Matth. c. XI.

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