V. — LE PKRE TOUT 1>UISSANT
court aussitôt rendre compte à sou Maître, et lui crie : Hélas ! mon Seigneur, que ferons-nous? Ne crains rien, lui répond Klisée, il y a plus de monde avec nous qu'il n'y en a avec eux : j)lures cnim tiohiscum sitnt, quant cion illis ... Et ayant ouvert les yeux de son serviteur, celui-ci vit une contre-armée composée de vaillants guerriers, et de chariots de f(eu, prête à dé- Tendre Elisée : Et eccc motis plenus c,quo)'H»i, et rurruxm igneovam hi circiàlu Elisci{\).
Toute l'histoire de l'Église, à ses diverses époques, est dans cette page. Comme ils sont nombreux et menaçants, ses ennemis ! c'est à en pousser la triple exclamation du serviteur (lu Prophète : hcii, heu, lieu, Domine mi, quid facieinus ? . . .
Mais non ; là aussi, comme à Dothaïm, il y a une contrearmée, et une force invisible. Contrairement à ses prévisions, l'ennemi se voit obligé de rebrousser chemin, de reformer ses rangs, pour se préparer à une nouvelle attaque, qui ne réussira pas mieux que la précédente. Et cela dure dej^uis bientôt dix neuf cents ans !
Qui, cette force invisible, mais invincible? La toute-puissance de Dieu. Qui, cette contre-armée qui tient en respect l'armée d'attaque? Les milices célestes que, sur notre demande, la toute-puissance de Dieu met en mouvement ... Et le mot de saint Ambroise est vrai: Plus fait la prière confiante des Saints pour attirer du ciel des défenseurs, que ne fait sur terre la méchanceté des hommes pour multiplier les aggresseurs : Mira res ! plitres cœlo defemorcs mcrctur sanctitas, qwnn i)i terris oppugnatores adduxit improhitas (2).
(1) IVReg. c. VI, V. 14., 15, If), 17.
(2) Ap. CoRNKL. A i.Ai». in hiiiic locuni.
SIXIEME PRONE La création.
Credo in Deum . . . crealorem.
Je crois en Dieu . . . créateur.
Deiis non ex matcria aliqua muadum fabricatus est, sed ex nihilo crcavit; idijiie nullavi, aut neccssitate coactus, sed sua sponte et voliinlato iiistituit. Neqiic vero ulla alia fuit causa, quns illum ad opus creatioiiis impelle-
t, iiisi ut rébus quœ ab illo eflectae essent, bonitatem suam impertirctur.
Catech. Rom. cap. 2.
Dans la dernière instruction nous avons démontré au moyen des preuves les plus convaincantes la toute-puissance de Dieu ; vérité révélée, vérité de foi définie, vérité de raison. Nous sommes dans les meilleures conditions possibles, pour aborder un sujet qui a avec le prédédent une connexité très étroite (i) : Dieu est créateur : Credo in Deum... Creatorem,
Dieu est créateur : La .sainte Écriture l'affirme à toutes les pages. Dès la première, c'est Moïse qui le dit : In principio Deus creavit cœltan et terrant (2) : au commencement Dieu créa le ciel et la terre. Aux pages suivantes, c'est David, le psalmiste inspiré : Seigneur, les cieux sont à vous, et la terre vous appartient, vous avez fait l'univers et tout ce qu'il renferme, vous
(l)Tanli eniui operis (crcationis) niiraculuni facilius crcdilur, quod nulhiS de inimensa Creatoris potestate dubitandi locus relinquitur (Catech. lïorn. c. 2). (2) Cen. c. I, V. i. 47
avez créé les océans et l'aquilon (1). C'est Isaïe, le plus sublime des prophètes : Vous êtes le Seigneur Dieu, l'unique Maître, le ciel et la terre sont vos ouvrages (2). C'est saint Pierre, le Prince des Apôtres (3); c'est saint Paul, le Docteur des Nations (4) ; à la dernière page, c'est l'Ange de Pathmos, saint Jean, qui s'écrie : Dig)ins es, Domine, Deus nostcr, accipere glorican, et honoreni, et virtutem, quia tu creasti oninia, et propter voluntatem tuam erant, et creata siint (5): Vous êtes digne, Seigneur, notre Dieu, de tout honneur, de toute gloire, de toute louange, parce que vous avez créé toutes choses ; elles ont été faites, et c'est votre volonté qui les a faites.
Dieu est créateur : L'Église l'enseigne — par ses professions de foi qui en témoignent hautement; la plus explicite en cette matière est celle que le peuple chrétien chante chaque Dimanche : Credo in unum Beum, patrem Omuipotentem, factorem cœli et terrœ, visihiliinn et invisibilium . . . Vous avez la traduction sous les yeux — par ses Conciles qui l'ont défini de leur autorité souveraine: Il n'y a qu'un seul Dieu, principe de toutes choses, créateur des êtres visibles et invisibles, qui par sa toute-puissance a fait de rien, au commencement des temps, l'une et l'autre substance, la substance qui est esprit, et la substance qui est corps, autrement dit, la substance angélique et la substance matérielle, et en dernier lieu la sulxstance humaine qui tient des deux autres; ainsi s'expi'imo le concile de Latran (G). La sainte Église catlioliquc, apostolique, romaine, croit et professe qu'il n'y a qu'un seul Dieu, vrai et vivant, créateur et Seigneur du ciel et de la terre ; vous avez reconnu le concile général du Vatican que j'ai cité déjà dans la précédente instruction (7).
Dieu est créateur : La raison ne saurait aller à rencontre de la foi ; bien au contraire elle la confirme. Il n'y a pas d'effet
(1) PSAL. LXXXVIII.
(2) Isa. c. XXXVII, v. 16.
(3) AcT. c. IV, V. 24.
(4) AcT. c. XVII, V. 24..
(>")) Ai'oc. c. IV, V. 11.
(6) C. 1 defid. Cath.
(7) C. \. De IJeo omnium rerum creatore.